QUERELLE + querelles = Querelle(S)

Au singulier comme au pluriel, Querelle, c'est le journal intime, mais non confidentiel, de Nicolas Raviere, où il est question de toute autre chose, parfois, que de simples querelles.

02 juillet 2009

New Christ - En arrière et contre le Vent

Le pouvoir de la mort est fascinant : ces dernières années, de son vivant, Michael Jackson, prétendu king of pop, succube interstellaire et égomaniaque (Jubilation que de « lire » le petit livret fourni avec sa compilation HIStory), était décrié, molesté de toute part, par disons 7 personnes sur 10 - soyons gentils avec les dead - et voilà que mort, par un phénomène d’hypocrisie collective, à échelle mondiale, grotesque eggregore, il devient un saint, de nouveau à la mode, le sujet de conversation numéro un, plus important que les morts anonymes qui se produisent souvent par ces temps, dans les avions un peu zélés, alors, quand on parle des morts en provenance des dits avions dégringolants, au travail, je dis qu’une seule chose est sûre : Michael Jackson n’était pas dedans - afin qu’il soit dans toutes les conversation relative au phénomène naturel inévitable qu’est la mort, que n’évitent visiblement pas toutes les rhinoplastie de la terre. Voilà, shame, j’ai parlé de lui, dont je me fiche éperdument et dont l’envahissement sonore, anytime, anywhere, anyplace, n’éveille en moi aucun sentiment suffisamment fort pour créer une note, si ce n’est une vague lassitude, et donc, j’ai parlé de lui comme tant d’autres, qui nous imposent également cette mort par flatulences sonores ou hommages dégoulinants de miel ; car ce n’est point dans le silence qu’on brise une chaîne. Une chose est sûre cependant, et désormais acquise : sa musique binaire et clinquante est son incarnation zombie et, malheureusement, nous survivra, comme la plupart des choses qui ne sont pas authentiques.

 


Querelle confesse à 10:41 - I. Tisseur de Saison / Perséphone - Confessionnal [5]
Autopsie : ,

30 juin 2009

Melting Pop

Un homme sur le toit change les tuiles, point les miennes qui suis dans la tuile : c’est ainsi que l’on dit, n’est-ce pas ? Le fric, c’est chic, quand on en a. Ou pas. C’est dingue, les considérations matérielles qui viennent se greffer sur nos préoccupations dès lors qu’on partage sa couche de façon périodique et qu’on décide, avec ce coussin saveur doudou, de partager beaucoup de choses. Vivre d’amour et d’eau fraîche, c’est là pure utopie : tu dois manger 5 fruits et légumes par jour, idiote cacochyme, afin de survivre dans ce monde vitaminé !

L’amour subit les variations du haut, et du bas. Une voyante médiumnique acharnée, payée 10 fois le SMIC, ne dirait pas mieux. Le Haut et le Bas, tu prends ceci exactement comme tu le veux, en libre-service, ou pas. Mister Renard est affairé par l’organisation chaotique et infiniment pragmatique de son nouveau chez lui, si bien qu’il semble me mettre un peu de côté : adieu collocation, c’est une nouvelle vie qui commence. Quant à moi, n’ayant plus de temps pour moi, partagé entre l’incertain tandem Love et Arbeit, j’ai la patience d’une vipère, le dynamisme anémié d’une victime de ténia.

Le boulot, c’est intense : je sens mes cheveux se délier de ma tête un à un, mon appétit de disparaître, syndrome casper, et donc, tu l’as deviné : je n’écris plus parce que le temps manque et ce manque est cruel. Je ne le dirai jamais assez. Merci Bergson pour l’élaboration point trop fastidieuse de ta théorie concernant le temps subjectif, et de ne point avoir fourni d’antidote certain, afin de le manipuler à notre guise, l’ennui n’étant pas une arme, quand on est assailli.

Enfin, que dire d’autre pour fignoler ce tableau de platitude : j’ai subi cette visite médicale de routine, dans un centre de médecine préventive : quid du CAP médecine ? Je me suis cependant fait palper l’aine, détection d’une prune hypothétique chez un sujet de trente ans. Vous fumez ? Sans doute la seule question médicale pertinente. La visite médicale des trois jours était bien plus productive - et couillue : malaxage intensif des testicules, souplesse testée en tenue d’Adam, le médecin reluquant le croupion d’une possible recrue. Un charmant garçon m’avait également proposé de goûter son saucisson : ce n’est point là métaphore. Bien des choses se perdent, en ce monde. Même ce satané stéthoscope n’est plus si froid !

 


Querelle confesse à 10:40 - I. Tisseur de Saison / Perséphone - Confessionnal [7]
Autopsie : ,

25 juin 2009

Ich Auch

Il semble prendre, mon renard, belle illusion, de petites distances, pour ne point m’étouffer et moi de le vouloir toujours plus auprès de moi ; dynamique amoureuse incertaine qui fait que nous ne nous phagocytons pas, et puis, quand il me voit, que nous sommes plongés dans les bras l’un de l’autre, suspendus dans notre dimension, si loin des turpitudes et des rituels, il me claque qu’il m’aime dans trois langues, et moi de lui répondre dans ces trois même langues ; mais, au delà du langage, il est des scintillements, des étoiles incrustées dans les yeux, qui ont devancés ces déclarations.
- Je savais que tu m’aimais, mais tu ne voulais pas le dire. Tu te retenais.
- Toi aussi, sans aucun doute.

C’était une nuit, fin de printemps, nous étions alités, tous les deux, chacun de notre côté, pour ne point nous souder par l'accablante chaleur, pour ne point se gêner : nous étions fatigués. Lui ne bougeait pas, je ne trouvais pas le sommeil ; il était tard, beaucoup trop tard : le bonheur n’était plus qu’un parfum évaporé, sur la soie de nos tissus. Les désirs, édifiants, étaient apaisés, les labeurs, oppressants, fraîchement digérés, la sensation d’être là, terriblement pesante. L’inquiétude m’avait saisi, et il m’était impossible de m’extraire de son étreinte.
- Tu ne dors pas ?
- Non, je n’y arrive pas, et toi ?
- Non plus, je sais que tu dors pas. Qu’est-ce qui se passe ?
[….]
Télépathie, et empathie.

Le dragon peut très bien me fondre dessus, m’appeler par ma fonction, me déshumaniser, me terrasser, lors même que, rassasiée par sa vie opulente, elle n’est point trop vautour depuis que je suis sa Barbie obéissante, claquemurée dans le coton blanc ; la prune peut très bien voyager dans l’architecture alambiquée qui structure mes rêves, incrustant des stigmates dans la chair originelle, ou bien mon corps dépérir, flétrir, gésir à jamais dans une paralysie monumentale, de celle qu’imposent les rêves quand des bêtes sourdes et cruelles rodent autour des corps statufiés, je sais qu’il est là, pas très loin, et qu’au petit matin, il ira chercher, dans son beau panier, des petits croissants, et qu’il me donnera la main, dans le métro, quand je penserais : ce serait bien, qu’on se tienne la main, maintenant. Et sa main ne tardera pas à joindre la mienne, tu peux en être sûr.

 


22 juin 2009

Contre Ariane

Mon inconscient, accointance inéluctable, se charge de me rappeler quand vient la nuit que ma mère peut mourir, représentant des théâtres obscurs où elle trépasse sous mes yeux, puisque je n’y pense pas si souvent, le jour, à elle, sa maladie, après de longues semaines d’angoisse, passées à m’en extraire : je l’appelle désormais tous les deux jours, mais le boulot monopolise, le renard hypnotise, et ce roman que j’ai envie d’écrire, et qui menace de ne jamais naître, ne germe qu’en idée dans ma caboche, squatte en permanence la ram libre de mon cerveau déliquescent d’homme pressé : ce n’est jamais assez !

Moi, dans tout cela, j’en oublie de prendre ce temps qui m’est si cher, pour moi, pour ne me consacrer qu’à mon humble personne, détaché des confluences sociales et flatulences mondaines : déréliction, introspection, procrastination. Néanmoins, j’ai le plaisir de trouver à la dérobée quelques instants à accorder à la masturbation, mécanique sexuelle des danaïdes, irrigation, pompe du cœur. Et quelques minutes à accorder à mon journal, qui n’est plus que sa propre parodie, sous une immense paradière laissant filtrer le ciel, les étoiles, et la nuit, les semences d’une métaphysique douteuse qui frôle le quotidien.

Le bonheur me va, comme il va à chacun d’entre nous, mortel, nous conférant, l’espace d’un temps plus ou moins défini, une grâce divine, une force sereine, de grandes illusions qui voilent vaguement la noirceur du monde qui nous entoure, ce chemin sinueux qui n’est que finitude : les fleuves ne se jettent-ils pas dans la mer ? Le bonheur me retient, salopard, quand je transite par la gare, de m’y arrêter tout à fait, pour acheter un aller et retour pour le pays des prunes, ce pays où le temps et la vie ne sont pas suspendus. Je hais cette mécanique, et l’égoïsme qu’elle sous-entend.


19 juin 2009

ειρωνεία

La saison du désir, lancinante, accablante, halitueuse, laisse d’innombrables cadavres de possibilités, au détour des rues, dans le tramway, le métro, alors que mon cœur est pris, irrémédiablement volé, injustice quant aux cycles amoureux, nonobstant l’astrologie ; c’est une raison valable, cette exhalaison hors l’épiderme, et magnétique, de marcher la tête haute, et plus encore de filer droit, à la façon d’une movie star qui se façonne, quand la chance tourne, loin des idées grotesques et farfelues de come-back. - Mais j’appréhende la déchéance, de ce moelleux nuage où nous nous sommes hissés, à la force de nos bras et de nos espoirs.

18 juin 2009

Foxy Boy

Petit, petit, petit :) Viens voir maman !

17 juin 2009

L'Origine du Renard

Cette forme de communication prend parfois des formes inquiétantes : hier, par exemple, mû par des motifs sibyllins inconnus de ma raison, sans motif aucun, je me suis emparé de mon téléphone portable, et, à cet instant précis, tenant l’insignifiant boitier de plastique dans mes mains, j’ai reçu du renard un message, odeur de télégramme : étrange coïncidence.
- Flippante coïncidence ouais.

Lui, c’est le renard.

Que sait-on au sujet du renard, si ce n’est qu’il erre seul, dans la forêt, qu’il a le pelage doux et qu’il est carnassier, muni d’une mâchoire solide, d’une dentition pointue ? Pourquoi le renard, donc, plus que tout autre animal de la forêt ? Pour des raisons mythologiques - la mythologie n’explique-t-elle pas le monde, qu’elle configure par l’élaboration d’une diégèse sophistiquée ; il a fallu, pour le faire apparaître, lui, dans cette forêt précise qu’est mon journal, qu’il puisse s’incarner, revêtir un vêtement qui lui ressemble, et qu’il puisse, parce qu’il compte, choisir son uniforme, à son insu, que je ne sois pas, cette fois-ci l’instigateur d’une incarnation. Je ne suis pas folle vous savez lors même que, depuis que j’ai repris le chemin du labeur, je n’ai plus toute ma tête ni mon temps.

Nous sommes parti méthodiquement des confessions tissées par communications interposées, via ce logiciel de messagerie instantanée dont il serait vain de faire la pub en le nommant, et non avenu de tisser le panégyrique. Partant du principe qu’il n’est pas question de divulguer les noms intimes et bon enfant dont nous nous sustentons, et qui peuplent notre relation terriblement fraîche et par la même gracile, lesquels surnoms sont scellés entre nos lèvres et qu’il s’agit de faire exister un être humain dans une structure symbolique qui lui ressemble et qui, pourtant, ne le représente pas (- Je ne suis pas Querelle, mais Querelle, c’est moi. -), le renard est né de cet échange, dérivation d’une élucubration sur la possibilité d’une vie extraterrestre :

X dit :

moi j'ai eu un lapin quand j'étais petit

X dit :

et je l'ai mangé ensuite ...

Querelle dit :

ah oui ?

Querelle dit :

et ça t as pas traumatisé ?

Lui dit :

non , ca va il était bon

Description :
C’est un renard qui se gausse, n’a de cesse de rire à pleine dent, un renard qui file dans le vent, et mordille les oreilles de sa proie, qui ne se débat plus - qui ne s’est finalement jamais débattu - un renard qui, sans le savoir, préfigure une fable, précède un conte dans cette arche de Noé qui regorge de mythes, déborde de cadavres - et le bateau quitte le port, direction l’estuaire, prêt à remonter le fleuve des désillusions.


15 juin 2009

L'Odeur du Télégramme

Fracture en ce blog de béton. Stop.

Je voulais acheter un parfum pour maman, pour la fête des Mères, mais je me suis dit que Poison n’était pas très indiqué, me confiait ma sœur ces jours derniers, et quant à moi, ce que je n’ai pas dit, c’est mon attachement fortuit et déraisonné à ce garçon avec qui je passe le plus clair de mon temps libre. En effet, cela va faire un mois que le loup et le renard se sont acoquinés ; c’est bien simple, ces deux-là ne se quittent plus. Il n’est désormais plus question d’être étonné, ou d’être étonnant. C’est hors-saison, et hors raison.

Nous avons trois points « commun » : celui, évident, d’aimer les hommes, celui, qui ne nous a point rapproché, d’avoir des parents cancéreux, et, enfin, étrange coïncidence, celui de partager le même nom de famille, nonobstant la syllepse.

J’ai très peu parlé de lui, que j’ai rencontré voici trois mois, dans un cimetière, le cimetière de la Guillotière : c’est en ce lieu éminemment silencieux, que d’aucuns qualifient de morbide, parce qu’ils sont coincés dans leurs schémas pathétiques et clichés nauséabonds, que nous nous sommes rencontrés, sous l’égide du Miracle de la Rose. Sans doute m’est-il important, pour que j’omette de raconter nos périples, et ce que je ressens. Lui, l’opposé, garçon en négatif, n’a de cesse de nous photographier, sous toutes les lumières, à bout de bras, se constituant un album qui m’effraie tout à fait.

Toutefois :

Nous nous sommes enlacés, à la confluence, sur la pointe de la Presqu’île, là où le Rhône et la Saône se rencontrent, se mélangent et ne deviennent qu’un. Ce n’était pas prémédité.
Nous passons des heures à ne voir que nous ; le monde comme arrêté.
Nous sommes deux à nous inquiéter de la disparition d’un muffin dans l’affable séjour : serait-ce un coup de la vilaine boulangère ?
Nous souhaitons nous dire des choses, mais nous les réprimons ; sans doute nos yeux parlent à la place de nos lèvres, selon leur brillance, l’intensité, parmi la douceur, et la morsure.
Nous refoulons l’aquarium.

Hier enfin, nous nous sommes adonnés, malgré nous, à la télépathie.


10 juin 2009

Ange et Dragon : prêt à gerber

Les anges ne sont pas les seuls à être creux et dans le monde, il est bien des dragons à affronter, lesquels fondent parfois sur vous comme un rapace, pour vous arracher les yeux, un peu de raison, un soupçon de self control. Vous comprenez Nicolas, vous nous représentez, il va falloir désormais ne porter que des chemises blanches, des chemises blanches vous comprenez, parce que là, là franchement, vos chemises, c’est d’un triste, d’un triiiiste, on se croirait à un enterrement. S’il le faut, je vous paye des chemises blanches. Ce que le Dragon veut, il faut l’exécuter, sous peine d’être exécuté, guillotiné par des propos exacerbés, des engueulades prêtes à gerber, dégobillages caféinés Le féal deviendra la barbie de cette gente dame le temps d’une séance de shopping éclair, tout comme les dames en roses, fournies par un couturier défoncé à la camomille : serait-il bon de devenir une sorte de Ken improbable à exhiber sous la lumière violente, artificielle, d’une vitrine par trop étoilé, un garçon prêt pour la noce, placardé dans une jolie boiboite ? Et, dans tout cela, ma bonne dame, un peu de moi de mourir, sourire après sourire, attendant le prochaine lubie de l’ogresse mère, reine du kitch et du classe clinquant : des cravates vertes, des chaussures en croco, des lunettes vintages ou bien un costume nouvelle génération, spécialement conçu pour me ridiculiser. Qu’il est bon de travailler de nouveau !


08 juin 2009

L'Ange Creux

J’ai rêvé, cette nuit, que je devisais avec Marlène Dietrich autour d’un Thé au jasmin, dans un camp gitan. Nous étions seuls. De son cigare échevelé s’échappaient des veloutes d’encens, lesquelles traçaient dans l’air des paroles énigmatiques, poèmes graciles aux promesses d’ailleurs, et des silhouettes de fées, qui s’allongeaient jusqu’à lécher la surface laiteuse et ronde de la lune. Elle me dit, de sa voix si suave : vous n’êtes pas encore né, vous ne voyez pas avec le cœur. Vous pensez trop, jeune homme et la pensée n’est rien. La lune ne pense pas, elle, (elle la désigna d’un geste lancinant) et c’est pour cela qu’elle existe.

Elle s’empara délicatement de ma main, comme pour me dire la bonne aventure, le regard vif, concentré sur les sillons, puis soupira, et soupira encore, jusqu’à s’esclaffer, d’une voix gutturale : c’est d’un ennui !

Elle qui ne ressemblait plus, dans ce décor onirique et burlesque, qu’à une parodie d’elle-même, une caricature modelée avec tendresse par un travesti singeur, maquillé par une guenon, à l’aide d’une truelle effroyable - ou d’un bâton de sourcier - fut saisi d’une convulsion étrange, si violente qu’elle imprima sur son visage et blanc et empourpré un rictus qui me fit frémir d’angoisse, cela même après le réveil.

Ce n’était point le vent frais, qui caressait mon épaule, ma nuque, ni même le visage simiesque de la pleine lune, captivant les enfants et les fous, qui provoquèrent chez moi ce frisson intense et glacé, alors qu’une à une, dans l’obscurité moirée de la nuit, s’allumaient les caravanes. Elle reprit la parole d’une voix terreuse, déformée, aux frontières de l’humain, sous les traits d’une autre, Sadako blonde aux yeux blancs, ensanglantés, telle un Œdipe enfin conscient de l’horrible vérité, une Claire Fisher transfigurée, pour m’interroger avec cette esquisse d’énigme dont je cherche depuis le sens, qui m’est inavoué :

Savez-vous, Nicolas, que les anges sont creux ?

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