11 novembre 2009
En attendant NiKo III
Voici la suite de mes rééditions sur Thebookedition, plateforme d'auto édition française. Ici, L'Enfance d'une Garce et EX Nihilo, respectivement mon second et troisième roman.
L'Enfance d'une Garce
Joséphine n’est pas une enfant comme les autres. Dès l’âge de quatre ans, elle a une étonnante conception du monde et des choses qui l’entourent : elle n’aime pas sa mère, ni les gens du village, elle parvient à faire renvoyer la bonne, déteste les autres petites filles avec qui elle refuse de jouer, torture son chien, ignore sa petite sœur, n’éprouve absolument aucune peur vis-à-vis de la terrible institutrice ; puis, un jour, poussée par la curiosité, elle découvre un nouvel univers en se liant d’amitié avec le nouveau voisin, Monsieur Arnauty, un professeur de piano que les gens du village méprisent et appellent « l’inverti ».
EX Nihilo
EX Nihilo : rien ne naît de rien. Et pourtant... Point de départ : après huit ans d’absence, Christophe, ancien étudiant alcoolique et communiste, revient du Soudan. Il désire revoir Simon, à qui il n’a jamais donné signe de vie depuis... Simon ne se souvient qu’à peine de lui, mais peu à peu, au fil des heures et des coïncidences, l’histoire se reconstruit d’elle-même.
Après Disconite et l'Enfance d'une Garce, Nicolas Raviere explore de tout nouveaux concepts et univers pour ce troisième roman qui se passe cette fois-ci entre Lyon et Dijon et mélange habilement les genres narratifs (autobiographie, auto fiction, théâtre, ainsi qu'une version revisitée façon "gay" du célèbre conte "Le Petit Chaperon Rouge"...).
Toutes les rééditions de mes livres ici :
NICOLAS RAVIERE CHEZ THEBOOKEDITION
07 novembre 2009
Full Contact # 3 (Fin)
Aujourd’hui
je réalise que je ne peux pas souffrir plus, parce qu’en perdant ma mère,
au-delà du fait que je sois orphelin, j’ai perdu tout ce que j’avais, si ce
n’est moi, alors, étrangement, je me sens rassuré : je suis certain que le
meilleur m’attend et, malgré la douleur, l’absence et les remords qui me
déchirent, j’ai le sourire, je me sens plus humain, comme si j’avais grandi d’un
seul coup. Je serai plus fort et ferai tout pour que ma petite maman soit fière
de moi, pour devenir une meilleure personne.
[Troisième
partie de Querelle, prochainement, quand la plume me reviendra.]
03 novembre 2009
En attendant NiKo II
Suite - et presque fin - des Rééditions :
NUITS CLOSES (nouvelles)
Du conte de fée à la
backroom, de la forêt aux chambres d’hôtel, du Moyen Age à nos jours, autour
d’un piano ou d’une musique techno, de l’ouverture d’une boite de nuit à la
fermeture d’un squat, de l’histoire vraie à une curieuse mise en scène pour une télé réalité sordide, prétextant un curieux concours de danse, de la rencontre
furtive dans un tramway à l’amour Absolu, de la présence à l’absence, et,
forcément, du rire aux larmes, 21 histoires gays et plus encore de garçons à
enclore dans la nuit.
Résumés des 21 nouvelles qui composent le recueil Nuits Closes :
La nuit close : Ou la vision schématique d’une nuit de drague en boite.
*
La peau de Karim : Karim, un adolescent de la banlieue parisienne, se refuse de vivre son homosexualité.
Le fils du Boulanger : Michael, le fils du boulanger, habite dans un village de trois cents habitants, auquel il cache, comme à sa famille, son homosexualité, jusqu’au jour où sa sœur, trop curieuse, découvre son secret.
Transparence : Alexandre, un garçon que personne n’a jamais regardé, absolument transparent, tente sa chance dans un lieu de drague pour tester son potentiel de séduction.
6X7 : Yannick D. recherche comme beaucoup le mec idéal. Comme tous, sa quête de la perfection passe par des impératifs, des critères de sélection plutôt drastiques. Le sien est unique, et mathématique : il aimera le mec qui, sans réfléchir, saura répondre sans même réfléchir à cette simple question mathématique : 6X7.
Premier soir : Ludovic découvre pour la première fois le monde des boites de nuit, en compagnie de ses deux meilleurs amis, Kevin et Romuald, deux joyeux drilles que rien n’arrête.
Dédalus : Ou la soirée d’un homme lambda dans un sex club labyrinthique. Trouvera-t-il la sortie de ce labyrinthe de Chair ?
Au château de MorteFleur : Il s’agit ni plus ni moins d’un conte relatant, ma foi, le parcours et les épreuves d’un prince dont la quête est de retrouver l’antédiluvienne princesse d’un royaume voisin, pour la réveiller avec un baiser, dans le plus grand respect de la légende… sauf que comme c’est un conte gay, ce n’est donc pas tout à fait comme cela que cela doit se passer...
Le pianiste : Un jeune homme s’éprend de la musique d’un pianiste qui, dans l’appartement d’en face, le fait rêver avec les superbes mélodies qui, chaque soir, s’échappent de son piano. Aimera-t-il tout autant le pianiste ?
Le garçon parfumé à la menthe : Dans le tramway, chaque matin, le narrateur aperçoit le troublant garçon parfumé à la menthe, lequel a transformé sa vie par sa simple présence. Mais un jour, sans crier gare, celui-ci disparaît…
Pharien et Antorfas : Du destin tragique de deux chevaliers du Moyen Age, épris l’un pour l’autre et négligeant leur Dame.
*
Histoire d’un morpion : Tribulations et considérations d’un morpion.
*
Le sorcier et la vierge de Fer : Un homme solitaire, célibataire depuis bien trop longtemps, en rencontre un autre qu’il décide de séduire en utilisant la sorcellerie.
Une si séduisante réalité virtuelle… : Julio, un gay esseulé, découvre, en achetant un ordinateur et en se reliant à internet, un nouveau monde qui le captive puis le happe.
Jeunesse Eternelle : Une nouvelle crème révolutionnaire permet à quiconque de retrouver son aspect d’antan, la jeunesse absolue, et parfaite. La promesse en sera-t-elle tenue ?
La Fabrique de mecs : Mec maker est un site révolutionnaire qui permet de commander un mec créé sur mesure. Antoine, séduit par le concept, commande lui aussi son homme idéal, qu’il fabrique lui-même de toute pièce, étape par étape.
Arrêt sur image : Deux jeunes hommes se rencontrent dans un parc et tombent amoureux l’un de l’autre.
Dance or Die : Cette nouvelle nous plonge dans une étrange émission de télé réalité dont l’alternative est des plus simple… il s’agit de danser ou… de mourir.
Le Manège de Chair : Après avoir pensé faire le deuil de sa mère, morte il y a deux mois, un homme décide à nouveau de sortir et conjurer cet ennui, ce profond mal-être qu’il ressent. Rencontrant un homme dans une boite de nuit, il devient une sorte d’objet sexuel inactif, englué dans des faits qu’il ne maîtrise plus, alors que cinq hommes profitent de son corps.
Rupture : Xavier et Yanis se séparent, et cette séparation, qu’ils vivent d’une façon différente l’un et l’autre, n’est pas sans conséquences sur leurs modes de vie.
*
Notre Drame des Fleurs : Les derniers instants de Notre Drame des Fleurs, prostitué.
27 octobre 2009
Full Contact # 2
Aujourd'hui Maman est morte. Et ce n'est pas une fiction.
26 octobre 2009
L’Expérience du Vol (Spécial Biennale d'Art Contemporain)

(Ou l’on apprend que Querelle vole un livre, pour
amour de l’art.)
A la lecture de ce nouveau
titre, de ce billet qui d’ores et déjà s’étale, tu peux te demander, lecteur,
si j’ai terminé ce roman ou plutôt devrais-je dire, cette autofiction, qui m’a
fait clore un peu précipitamment, il est vrai, la seconde partie de Querelle,
me permettant enfin de renouer, pour un troisième round approximatif, avec mes
confessions éloquentes et stériles. Et bien, tu te trompes, tu te mets le doigt
dans l’œil, et bien profond ! Une expression des plus stupides puisque cet ove
n’est point orifice.
Je souhaitais simplement partager
une expérience, une somme d’anecdotes, nées de ma rencontre avec cette dixième
biennale d’art contemporain, laquelle m’a quelque peu déçu : quand bien même cette
manifestation propose une réflexion intéressante sur les spectacles du
quotidien, notre place par rapport au monde qui nous entoure et qui se joue
avec nous, et malgré nous, quand bien même notre guide dévouée (puisque de par
mon métier, j’ai été malgré moi partenaire de la biennale et j’ai dû subir
quelques caprices d’artistes plutôt mal venus ; ce qu’on dit sur les
artistes et leur ego n’est jamais totalement faux, mais halte aux digressions
(…)), a su captiver mon attention, me faire réfléchir à une somme de choses qui
ne sont point étrangères à ma condition, à mon passé, à ce que je rejette, dans
cette société, cette biennale, malgré tout, n’a pas captivé ma curiosité dans
le sens où ce que j’attends de l’art n’est pas un constat, mais une vision, une
esthétique, et, puisque je suis un peu cérébral à mes heures perdues, des
concepts.
L’art doit m’émouvoir ou me
questionner, pour me séduire.
Une seule œuvre, dans ce
capharnaüm cafardeux, m’a séduit, laquelle repose évidemment sur un concept,
laquelle est ludique, à l’image de la huitième biennale (ayant pour thème l'expérience de la durée), qui, elle, m’avait pas
manqué de m’enchanter : l’œuvre de Dora Garcia, une simple table basse blanche
d’un genre commun, que l’on trouve à loisir dans les grands magasins suédois,
une table sur laquelle trônent, alignés, de petits livres noirs, bardés d’une
grande inscription blanche qui lance une invitation des plus curieuses, aux
parfums acidulés de violence :
Steal this book (Vole ce livre.)
Voici qui attise, donc, la
curiosité ; j’hésite donc à m’emparer d’un de ces livres : cela pourrait
éveiller la curiosité de l’étudiante juchée comme une perruche sur son
présentoir, laquelle pourrait me confondre, par cette invitation, avec un
voleur : elle ne peut point deviner, par ma simple mise, que le livre est pour
moi l’objet le plus sacré qui soit, le compagnon idéal qui, s’il n’a point les
attraits de la chair, devance, par ce qu’il est nourriture, bien des décérébrés.
Néanmoins, malgré cette appréhension, je commence à lire cet insolite objet et
son invention m’enchante : dès les premières lignes, on nous suggère de le
dérober, de devenir malhonnête, ce à quoi je ne puis me résoudre ; aussi
demandai-je à la jeune fille haut perchée si je pouvais prendre ce livre.
Elle acquiesça d’un air un
peu trop malicieux pour être honnête.
Quelques minutes plus loin,
alors que je tenais fermement mon exemplaire, une autre étudiante, du genre
sortie de sa campagne pour étudier les lettres modernes et future bobo en
puissance, se rua sur moi pour me conjurer de reposer ce livre, que je
feuilletais avec délectation, en marchant aux côtés de mes deux collègues : mes
vaines supplications ne firent rien. Cette vile créature me menaça d’appeler
sur le champ les gardiens. Bouh. Si encore il y avait une prison avec de jolis
matons en sus, des barreaux en métal froids et sexy, mais non… J’ai donc reposé
bien malgré moi ce satané bouquin.
Curieusement, à la fin de
la visite, quelque chose en moi me suggérait d’y retourner, pour en dérober un
exemplaire, c’est alors que je demandais à la guide si elle ne connaissait pas
un moyen détourné pour m’en procurer un, sans engager l’acte de vol, sans
commettre de délit autre qu’une ruse un peu grossière, mais parfaitement licite.
La réponse fut non. Retournez-y et pliez-vous au concept. Un concept… la
manifestation d’une liberté qui enferre celle d’autrui, pour qu’il le saisisse
tout à fait dans son entier.
Je rebroussais donc chemin,
retrouvant bien malgré moi l’exposition
avec l’une de mes collègues et je me suis surpris à demander, d’une façon un
peu trop précipitée, à la fille à l’entrée, chargée de vérifier nos billets
(manifestation de mon inconscient rejetant l’idée farfelue que je puisse voler)
: « Où sont les livres qu’on peut voler ? ».
Ma collègue se mit à rire,
la fille à sourire béatement. Quant à moi je murmurai, plaçant contre mes
lèvres un de mes doigts : chuuuuuuut. Et peaufinai dans le même temps
ma stratégie :
Ne souhaitant pas voler le
livre de mes propres moyens, je m’entêtais à convertir ma collègue en voleuse,
ou du moins, faire d’elle ma Complice.
Je lui priais donc de faire
diversion, ce qui ne fut pas nécessaire : un groupe suivait une autre visite
guidée, parmi lequel nous nous mélangeâmes sans trop de mal, afin de dérober,
chacun de notre côté, un exemplaire de cette diablerie de papier, or,
l’étudiante perruche, toujours juchée sur sa haute chaise, nous avait vu venir
de loin, elle m’avait reconnu ainsi que ma collègue, qui, avec son immense
gilet rouge et ses bottes ocre jaune, détonnait dans le paysage. Perruche
demanda à ma collègue de restituer l’ouvrage, tandis que j’en planquais un, de
mon côté, que je glissais en toute hâte dans des fascicules lacérés du X de cette dixième
édition.
« Vous aussi, là bas, le
grand avec la veste, vous reposez le livre ! »
Je maugréai d’un air
débonnaire que ce n’était pas juste puis me retirai avec ma complice, décidé à
ne pas en rester là, n’acceptant pas d’essuyer une aussi cuisante défaite.
Aussi commençai-je à surveiller les actes de cet oiseau estudiantin aux allures
de buses, à la façon d’une série b. Or, à chaque fois que ma tête dépassait du
coin de mur, celle-ci regardait en ma direction et me voyait disparaître
aussitôt.
Nous essayâmes alors de
l’encercler mais il faut croire que je ne suis pas rompu à l’art de
l’espionnage. Capitulant je proposais à ma collègue de lire le livre dans son
intégralité afin de me le procurer, la possession n’étant pas, chez moi, nécessairement
matérielle. Elle a probablement pensé que j’étais fou, et puis n'avions -nous pas convenu d'aller au restaurant ?Il fallait donc renoncer à cette énième tentative d’appropriation.
L’histoire aurait pu
s’arrêter là, mais non, un miracle se produisit : personne d’autre ne menaçant
son trésor de papier, la gardienne s’est levée et, malchance de poisseux, se
dirigea vers nous. Je lui lançai, d’une voix enjouée :
« C’est pour quand la pause
pipi ?
- Y’en a pas, répondit-elle,
amusée. »
Peut-on réellement tout
avoir, quand on se sert de sa volonté ? Il faut croire que oui, car elle nous
proposa de voler le livre : personne ne surveille, confia-t-elle enfin,
allez-y. Ma collègue, sans plus attendre, complice idéal en crime à la ville
comme au boulot, se rua sur le livre, qu’elle planqua aussitôt dans son sac à
main et nous filèrent, amusés tels des enfants mais, contrairement à ma
collègue, je ressentais comme une pointe d’angoisse, une légère incertitude :
« Tu crois qu’il y a des
caméras ? »
Un peu plus loin, dans un
coin sombre et désert, pour être certain que son sac ne soit pas fouillé, je
lui soumettais une proposition quelque peu farfelue :
« Je peux mettre le livre
dans mon slip, personne le trouvera au moins ! »
L’angoisse était là, palpable, d’autant plus tangible, et saisissante, quand il fallut repasser
devant la gardienne informée de mon dessein, à l’entrée. J’ai vu la sortie,
cependant, à quelques mètres de l’entrée, mais je n’ai pas voulu me dérober
ainsi, et, curieusement, au risque de perdre le livre, j’ai préféré braver le
danger ; rien n’y fit : nous passâmes d’un air entendu, et la sphinge gavée de
MTV, elle, était visiblement amusée de mon forfait.
Ce livre trône désormais
sur une autre table basse blanche et synonyme, acquise, je confesse ce manque
de goût, dans un grand magasin suédois, où, parmi d’autres breloques et
quelques ready-mades improvisés, il n’apparaît plus avec autant d’évidence, de
provocation. Je me demande désormais si, maintenant que je possède ce livre, et
qu’il est désacralisé de par sa nature seconde, je vais en son entier le
parcourir, que dis-je, le lire, pour me l’approprier d’une façon qui soit plus
rationnelle, et attendue. Une question qui, sans doute, n’appelle pas de
réponse.
[Challenge : toi
aussi, lecteur, empresse-toi de dérober ce livre, raconte comment, et prends-toi en photo
avec.
22 octobre 2009
En attendant NiKo
Masculin et féminin, premier et cinquième roman, Disconite et Les Protubérances, sous un nouveau format plus pratique, de meilleure qualité, moins cher, grâce à Thebookedition, plateforme d'auto édition française. Et ce qui ne gâte rien, les frais de ports sont nettement moins élevés que sur Lulu, et la livraison très rapide, puisqu'ils sont basés à Lille.
Les Protubérances :
Emilie,
onze ans, surdouée, passe le baccalauréat cette année. Mais c’est sans
compter sur une tragédie qui mine son existence : des protubérances
mammaires poussent sur son corps, qui n’a de cesse de s’allonger…
Seulement voilà, Emilie refuse de grandir, pire encore : de devenir une
femme. C’est alors qu’elle entame une véritable croisade contre sa
féminité.
« Rien de pire ne pouvait m’arriver : me scrutant devant la glace,
à l’âge de onze ans, j’ai vu mon corps s’agrandir, comme un élastique.
Et deux petites boules informes sont apparues au dessus de mes côtes.
Deux petites boules roses et grêles. Le désastre était pour le moins
éminent. Alors, j’évitais de trop me regarder nue. »
Disconite :
Mélénas,
Mélunos et Mélonis, trois amis inséparables, passent tout leur temps
libre ensemble depuis des années. Ils partagent tout : les sorties, les
secrets, les alcools, une seule et même voiture, leurs sous-vêtements
et, bien sûr, leurs amants. Parfois, en discothèque, l’ambiance, les
sons, les visages, l’alcool, et autres substances, souvent quelque
chose de bien plus profond encore, poussent ces trois amis au crime,
frisson singulier, exaltant.
15 octobre 2009
Transition
Ironie du sort
: ma mère ne s’est pas fait ouvrir le bide comme un poisson et moi, bien sûr,
je n’ai pas baisé : je suis devenu malgré moi dame de compagnie pour lesbienne,
le temps d’une soirée. Doit-on nécessairement s’efforcer d’accepter la réalité,
telle quelle, la transfigurer, pour la dénaturer ou bien la rendre acceptable ?
Et bien non. A partir de ce jour, je délaisse Querelle quelques temps, le temps d’écrire une
autofiction qui commence ainsi : aujourd'hui ma mère se fait ouvrir comme un
poisson et j'ai envie de baiser. Et qui se terminera d’une façon que
j’ignore. Ou quand la fiction rejoint la vie.
A dans quelques
semaines, donc, à moins que le démon de la confession ne me ronge à nouveau. : aucune certitude ne peut être établie à présent concernant ce que je désire. En attendant, je risque de sortir trois livres, déjà prêts depuis quelques temps, la seconde
partie de Querelle en version papier, et trois de mes romans déjà parus vont
être convertis sous peu en édition de poche sur une plateforme d’autoédition
plus abordable et… française. Après tout, c'est bientôt mon anniversaire.
Et n’oubliez pas, quoi qu’il arrive, que je reste joignable par courriel ou par Facebook et surtout que Big Bro vous observe !
A bientôt muchachos :)
09 octobre 2009
Full Contact # 1
Aujourd'hui ma mère se fait ouvrir comme un poisson et j'ai envie de baiser.
08 octobre 2009
Omega Centauri
On veut nous
mettre du garçon, va pour le garçon, une pluie de garçons, longs et bruns,
voilà : des garçons, comme s’il en pleuvait, avec des yeux clairs si possible
et pas trop sexy parce qu’on ne sait jamais : ne point pousser la clientèle au
crime ; déjà qu’elle bave copieusement sur de jolies poitrines, moulées dans
l’acrylique rose d’un granuleux costume de cirque. Le règne des femmes, c’est
fini, bel est bien fini.
Quel est ce
délire ? Et qu'est-ce que ça peut bien faire ? En vieillissant, en fermentant,
ces garçons se retrouveront tous avec une bedaine qui traîne à leurs pieds
cousus de cornes et de mycoses ; gavés de charcuterie, de saindoux et d’huiles
bon marché, enivrés d’alcool au rabais, cuvées délavées, certains d’entre eux,
aux bouches les plus pâteuses, glisseront leurs cravates nauséabondes dans
leurs caleçons vichy difformes et vaguement souillés. Celle-ci s’imprimera
comme une couche de gras scintillant sur l’implacable montagne de graisse
lourde - abjecte volupté que ce serpentin de satin, en direction d’un pénis mou
et fatigué.
J’ai couché
avec toi comme un homosexuel couche avec une femme : par dépit. Un soir d’été,
nappé de vodka, je t’avais vu pisser un maigre filet sur un réverbère, rue de
l’Université et je t’ai conduit, pour t’éconduire, dans l’appartement du Grand
Disparu, sans pour autant éprouver une once de désir à ton égard, peut-être par
lassitude, peut-être par pitié, peut-être pour satisfaire une pulsion glauque
dont j’ignorais alors les germes, la possibilité d’existence : j’étais, quoi
qu'il en soit, terriblement jeune. Or, malgré tout, je t’ai caressé, et chacune de mes caresses
raclait ta peau fragile, qui pelait encore et encore, déposant sur nos corps en
sueur toute cette neige effarante et dégoûtante qui, bien qu’elle évoquait à
n’en pas douter la mue des insectes, ne m’effrayait pas. Je me disais, tout
simplement, avec une lucidité que je n’ai jamais perdue : on a les étoiles
qu’on mérite.
Collection de
garçons, étendards de prototypes, boutique lumineuse, ceinte de majestés, et
plus bas : son enfer incontesté, où les étoiles ne sont que gouttes de lait,
infâmes lactations, je feuillette dans un album fantôme chacun de mes amants,
chacun de mes amours, retissant le canevas d’histoires toujours uniques, aux
dénouements iniques, ne tirant saveur que des inachevés, des expériences
étranges et, d’avoir quitté pour les Lumières cet homme que j’ai toujours aimé,
je conçois des regrets de plus en plus amers - et une satisfaction martyre à
l’avoir ainsi abandonné : celle qu’il puisse avoir la vie que moi, du haut de
mes 29 ans, je ne pouvais lui offrir.
Alors oui, bien des années plus tard, soir de solitude, sous le poids capiteux des souvenirs et cette
lucidité désarmante qui me mène à la conclusion que je finirais seul, je
renoue, tendre félicité, avec cette réflexion suggérée par ces trois rapports
sexuels successifs, nés d’une miction : je mérite chacune des étoiles qui me
sont discernées et c’est avec plaisir que je les décroche de mon firmament : je
veux un cosmos nu, dénaturé, je veux tout mais n’ai de désir pour rien. Ou,
tout simplement : je veux disparaître.


















