QUERELLE - journal intime, mais non confidentiel, de Nicolas Raviere

C’était très intime et cela pourrait l’être encore plus, je veux dire : sexuellement. Tout de suite, le mot est lâché, claque comme le fouet sur une peau satinée, une lichette d’alcool, suspendue aux lèvres d’un nouveau né. Je ne plaisante pas.

30 août 2007

Relativité de l’après rencontre ; typologie, élément de description, perspective.

l_amour_pour_les_nuls
Ou
L'amour pour les Nuls. Manuel de gestion amoureuse de l'après rencontre

Procédons dans le sens de l’anti magie.
Questionnement de l’ordre de la métaphysique amoureuse : aurait-il fallu que cette histoire s’arrête là, à cette rencontre étonnante, aux limites de la magie, ou qu’elle se poursuive au-delà, pour un temps qu’il n’est pas possible de déterminer, à moins que, parce que les relations amoureuses peuvent relever de la science, elle ne soit d’ores et déjà mathématisée selon des paramètres précis :

Charme

Niveau de discussion

Propension à l’humour

Beauté physique

Qualité des baisers

Performance sexuelle

Et j’en passe…

Imagine une grille, une notation allant de 1 à 5, de sorte à faire une moyenne.
Fuck that.

Tout cela pourtant se considère au-delà de la rencontre, à mille lieues de l’ambiance, du moment X où les regards se sont croisés. Les faits sont là concrets, tangibles, irréversibles :

La Drag n’est plus là pour veiller sur ses enfants ; ils doivent faire sans elle, avec tout leur bagage, ainsi qu’une bonne dose d’improvisation, du naturel. Important, le naturel. La séduction doit être relancée à chaque instant. Je ne veux pas séduire, du reste je ne sais pas séduire, alors j’opte pour quelque chose de naturel : ne rien prévoir de ce que je dirai, répondrai, ne pas surveiller mes actes, ne pas penser avant de matérialiser mes pensées. Comme je me sens bien avec, je parle et parle et parle encore, m’épanche plus que de raison, dressant un portrait de moi plutôt complet. Non pas une réclame de pub. Non pas un roman. Une somme d’anecdotes. Mixées avec des blagues graveleuses. Quelques bribes de « philosophie de vie » genre Bouddha plane au-dessus de ma tête. J’aurai trouvé ce cocktail nauséeux, si je n’étais pas moi. Je le saoule de moi. De l’alcool pur, à 100%. Je ne sais pas ce qu’il en pense, de tout ça, mais voici qu’il se met à m’appeler par des noms bien curieux : lapin, psychopathe, apollon. La seule chose que je considère dans tout cela c’est que :

J’ai dévalé les quais à toute allure, sur un velov au pneu crevé, parce que j’étais pressé de le revoir.

J’ai osé des couleurs : j’ai gardé ma chemise cintrée rouge, le soir, puis chemise violette, le lendemain, parce qu’il m’invitait au restaurant.

[Je mets des couleurs dans ma vie. Je me noie de pastel, comme une mouche sur le sucre.]

Plus curieux, de genre de l’incident inconscient :

Je me suis excusé d’avoir des moustiques chez moi alors que c’est indépendant de ma volonté.

Depuis lors, je suis à l’écoute de mon moi.

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28 août 2007

Envoûtement

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Drag Queen / par Andy Warhol



Les Drag Queens sont vraiment des êtres du nouveau millénaire - n’est-ce pas ? - et parfois, elles ont des pouvoirs magiques qu’elles ne soupçonnent pas un seul instant, comme cette créature de samedi, au Couloir, gavée à la charcuterie et ligotée dans des habits prêts à craquer, dont les cheveux dépassaient de la première perruque, prestation ratée, vulgaire à souhait avec des histoires abracadabrantes de bananes et d’opération qui n’a pas eu lieu car le déguisement transcende, comme l’alcool : radicales métamorphoses. Post-it : devenir Drag Queen moi aussi, pour Oser ! Celle-là de Drag, elle m’a envoûté, en pointant son gros doigt sur moi, en me désignant, en me disant devant l’assemblée lasse et dépitée, statiquement neutre, aux couples dépareillés : « move your ass ». Incantation. Lui, il n’était pas loin, mais c’est cela qui a tout déclenché parce que la fiction dépasse la réalité. Je reprends : C’est alors qu’est apparu ce garçon de mon âge (qui était déjà là, avec lequel j’avais déjà échangé quelques regards en coin mais c’est plus magique ainsi de le faire apparaître en cet instant précis).  C’est comme si j’y étais encore. Je recrée. Miracle du genre commun : la Drag charcutière nous a rapprochés parce qu’elle est devenue comme un phénomène, un sujet de conversation adaptable à loisir, pouvant nous rapprocher - divin pouvoir - et nous avons ri, et nous nous sommes embrassés, lui sur la pointe des pieds, et discuter, et s’embrasser et discuter, se caresser, avec une certaine pudeur… et je me suis senti bien, un peu, comme si je sortais de mon corps, de mes chaînes, j’ai senti comme quelque chose palpiter, alors je l’ai suivi, à son hôtel, sans réfléchir, mais on a pas trouvé l’hôtel, pas tout de suite. Comme un flottement. Nous étions des enfants de la Drag égarés dans des rues familières, des papillons de nuit perdus dans le matin. L’heure du choix, devant son hotel. Il n’est pas d’ici. De pas très loin. Mais pas d’ici. Nous étions donc - équation - de nulle part. Il me laisse choisir. Gentleman Haribo. Je me suis senti pute, quelques secondes. Devant le réceptionniste. Dans l’ascenseur, ça m’a excité, de pouvoir être pute. But i’m not. Post-il : ne plus te regarder dans l’ascenseur alors qu’il est presque 6 heures du matin. [Censure 432]. Il devait partir, il a gardé la chambre. Dormi à l’opposé l’un de l’autre, pour mieux se retrouver. Envie de rester, envie de rester là, toujours ; dans la douche, le savon je le promène sur ma peau comme une langue ; et je n’ai pas envie de me laver, je veux garder l’odeur de ce quelque chose. Parce qu’envie de plus le connaître. Avec lui, c’est marrant, j’ai comme confiance, je parle, je parle. Je parle trop. Je ne suis pas amoureux. Je ne suis pas amoureuse. La pute n’est autre qu’une jouvencelle. Je ne me fais pourtant aucune illusion. I’m not like a virgin. Je ne serai pas triste SI… Quand même, je donne mon téléphone, j’ai rendez-vous, je me perds, je suis dans un nouveau dédale. Il a mon âge.

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25 août 2007

Complainte : Rendez-vous pour Nicolas Machin, sans la lune et sur deux fesses

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Nicolas Machin doit se préparer à un rendez-vous, son premier rendez-vous avec un mec, un homme, créature à apparence humaine pourvue d’un phallus, qu’il ne connaît pas encore et tout et tout. Nicolas Machin a peur. Querelle dit (c’est merveilleux, mais cela ne résout rien) « si un livre sur le sujet brûlant, très actuel et banal qu’est la gestion du parfait rendez-vous avec un « inconnu » existe, donnez-le-lui, à cette idiote, faites quelque chose, ayez un geste de sympathie ; s’il n’existe pas, qu’il aille droit au mur. Amen. (et non : Hymen, car il en est dépourvu...) » Oui, j’ai rendez-vous. Avec un homme. Alléluia. Il fallait bien que cela arrive un jour, d’en avoir un, de « rendez-vous. » David en a souvent, des rendez-vous. Il sait gérer. Il peut les enchaîner. Il y parvient sans mal. C’est comme un sport. Mais cela donne moins de résultats. Pour moi, c’est une toute autre histoire… Confession : pas un seul rendez-vous depuis sept mois, je ne suis ni préparé à ce genre de confrontation de l’ordre du galvaudé « faire connaissance autour d’un verre», ni rompu aux techniques, aux aléas, à la gestion des silences, la façon dont il faut « poser », j’entends par là « gérer sa gestuelle », pour ne pas montrer son embarras, bref la panoplie du parfait petit rencardeur en série… Autrement dit, je ne maîtrise aucunement ce genre d’événement anodin avec un inconnu du moins un inconnu matérialisé devant soi, existant corporellement dans un espace défini, limité, étouffant. Du genre, je peux te regarder, tu bouges, c’est merveilleux, tu es humain, tu n’es pas une machine, tu excèdes le LOL, tu as des orifices qui produisent des sons, je peux te toucher, si je veux, si tu veux. Te toucher où tu veux. Touché, coulé. Sur internet, on ne coule pas. Ce serait de l’écrit tout irait, j’aurai certainement une aisance, du baratin, de quoi dire, à torrents… mais l’oral, en face à face ; je ne suis pas très oral, sans jeu de mots. Je n’ai jamais été un grand bavard, encore moins une personne capable de séduire les autres par ma présence, ou mes paroles. En exposé, au bout de vingt minutes de parole intensive, me venaient ces affreux cheveux sur la langue, un zozotement atroce de plus en plus tenu et oppressant. Puis, il faut séduire. Il faut sans doute SEDUIRE… Je ne tiens pas de mon père, l’homme à femmes. Je n’ai pas les épaules assez solides, ni le culot, ni l’aplomb pour ça. Manque cruel de confiance en soi. Et cruel constat : je me sens mieux derrière mon PC qu’en société, surtout en huit clos. Pourtant j’aime les gens. A ma façon. Ou alors, il faut que ce soit des fêtes, des explosions, avec des flots d’alcool, et là, en confiance, je me répands. Comme un tache d’huile, ou de vomi, selon les soirs. Une poudre blanche. Cocaïne. Non. Sucre. Plutôt sel. Mais même… les inconnus me dérangent, plus il y’en a et plus l’introversion me guette, me paralyse, alors que c’est si facile sur internet, derrière un écran, protégé dans son petit cocon mielleux et bordélique, son petit chez soi. Ou dans l’indifférence factice et glacée du milieu gay. Il m’a séduit. Ce n’est juste qu’UN VERRE. Un verre et rien de plus. Il a dit qu’il avait l’idée d’un programme, si jamais nous nous entendions. C’est quoi bien s’entendre ? Sphère du désir. Pas de sexe, il m’a dit ; visiblement pas de sexe mais dans ma tête je me dissèque l’anatomie de l’entrevue. Prévoir, c’est détruire. Etre déçu, irrémédiablement. Ces images que je me créé, je me dois de les bannir. Pour prévenir. Je n’ai pas vraiment d’attente, pourtant, je n’ai que des désirs, mais du genre ceux qui brûlent. Et une certaine sympathie. Il a l’avantage de m’avoir vu au Couloir parce que je retourne en boite de nuit un peu maintenant, parce qu’avec David, ce n’est pas pareil. Les buts sont différents. Il m’a vu donc, l’homme de mon futur rendez-vous manqué. Echéance proche, certaine. M’aborder, il n’a pas osé : j’étais soi-disant trop entouré. Les autres, c’est mon rempart, quand je sors, et c’est un bon, un parfait, un solide rempart. J’aime l’idée de la tour d’Ivoire. Parfois j’y suis au sommet. Et j’écris. Parfois, j’y suis dans la cave. Et j’écris. Non rien à faire, je ne parviens pas à m’y soustraire. Je n’aime vraiment pas l’idée d’aller boire un verre avec quelqu’un que je n’ai encore pas rencontré « physiquement », cela me terrifie ; je n’ai aucun courage. Je le sais, c’est du manque de confiance. Je donnerai tout pour qu’il annule - j’ai promis, j’irai. Je vais le faire. C’est comme une épreuve. Manger des araignées, c’est sûrement plus salutaire, mais largement plus abject. Les caramels mous, ça ne résout rien.

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23 août 2007

Dédale ou l'Extension Amoureuse

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Dédale ou l'Extension Amoureuse. Par cette andouille de Nicolas Raviere.
Technique mixte sur carton entoilé. 2007.

Plus de tableaux ICI.

Mon dernier tableau en date. Vraiment, je vois la vie en rose.

21 août 2007

Des hommes, des fesses et madame la lune

Petit déjeuner au saint-marcellin et tartelettes de citron, de quoi accompagner un monde de lourdeur parfaitement écoeurant. J’ai le cœur bien plus léger que le ventre. Et pour cause. C’est saisissant dès le matin l’ampleur de certains choix purement « anodins » : aller sur MSN pour écouter les péripéties amoureuses sirupeuses et paniquées de Miss « j’ai une grosse queue et je veux tout le monde », alors que les pensées sont tournées pour la première fois vers l’homme de la lune. Il m’a dit ça, y’a quelques jours, à propos de la lune, qu’elle le fascinait, que c’était un spectacle, une vrai énigme, cette seule lumière dans le noir. Je lui ai dit : dans le folklore, il parait que ça rend fou, que de regarder son visage. Parfois, il est bon d’être fou. Je crois que j’en suis à ma façon. Mais j’ai besoin de rêver. Quelqu’un qui me fasse rêver, ça existe. / Cauchemarder, cela existe. Hier avec David on a croisé quelqu’un qui avait exactement le même corps que B, et la coupe de cheveux genre étudiant fauché, sur le pont face à l’Opéra. Ca peut rendre fou ça aussi, d’une certaine façon ; j’aurai aimé rebrousser chemin, j’avais des craintes, je suis folle, et ce n’était pas lui évidemment : pas le même visage, aucune méchanceté dans le regard, pas de venin distillé dans son corps svelte, poilu de rat taupe nu. Huit mois sans le voir et le deuil attend de se faire patiemment, alors que seuls restent les plus mauvais souvenirs, à vrai dire, les seuls. Masochisme atavique - voilà qui me sied comme un gant. Fausse alerte ; l’homme qui marche d’un pas sûr « Il est beaucoup mieux », me dit David. Il n’est pas « méchant », je réponds. / Quand je suis rentré la nuit, il y’a cet homme qui dans sa voiture m’a regardé d’une façon réellement curieuse, insistante, non pas forcément comme si je lui plaisais - je ne plais à personne - mais comme s’il m’avait bel et bien reconnu. Petit malaise de quelques secondes étirées en longueur.

*

Pas vu la lune, pas regarder le ciel, trop occupé à éviter les étrons. La pluie tombe encore aujourd’hui, elle se fracasse contre le toit ; c’est triste que de ne pas avoir de vrai été, mais nous aurons un bel hiver. Ce n’est pas dans ma boule de cristal. Peut-être que la lune disparaîtra un jour, ou bien la terre bien avant, mais si la terre disparaît, plus de lune car personne pour la voir. Les hommes n’en sont de toute façon pas dignes.

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Les Oeufs

A trop vouloir mettre d’œufs dans le même panier, le petit prince se retrouve sans œuf, dans son grand panier. Pauvre petit prince ! Mais c’est la vie. N’est ce pas ? Cela fait parti du jeu, indubitablement… J’espère qu’il a un panier d’osier. C’est plus solide.

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Nicolas Machin, Trucmuch and others

Voilà maintenant que cette volonté de tout compartimenter me fait défaut. Je suis comme tombé dans mon propre piège. En quelque sorte. Mais j’ai l’habitude. Je suis comme une araignée avec une patte cassée, qui s’embourbe dans sa propre toile. Masochisme atavique - juste histoire de relever le niveau intellectuel élevé de cette nouvelle note. I don’t really care because i don’t want you anymore. You’re such an asshole. That’s right. An Asshole. C’est pas du tout une chanson, mais alors pas du tout. Faire style écriture POP. Ca m’amuse d’écrire comme ça même si c’est antinaturel, que cela me reflète moins. Ca prend plus de temps. Etrange. The night is young and the show has just begun. Ca c’est de la pop. Rien à voir, mais Madonna a toujours raison. Vieille peau. David m’a dit qu’il aimerait danser comme elle. J’imagine cela très ravissant, je lui ai dit qu’il faudrait des années pour qu’il arrive à danser comme elle, dans Substitue for Love. Prendre des cours de danse, dans ces cas-là, c’est le conseil ; je veux bien moi, prendre des cours avec lui, s’il paye. Je suis la reine du royaume des gueuses, une configuration mentale inventée basée sur le monde réel et ces turpitudes absolument basses et terriblement nécessaires ; j’ai 21 ans d’après J. qui doit avoir une vision des choses absolument étrange, ou cacochyme, du monde dans lequel on est supposé vivre. Encore une fois, je décentre. Vive l’écriture. Parce que je planche sur un livre très particulier, avec beaucoup plus d’éléments autobiographiques, et cela me grise, mais toujours ce principe mental d’action dissolue dans le temps, via les strates ; comme dans Disconite. Encore du décloisonné, comme mes soi-disant personnalités : Querelle, le blogueur en version 2 really dark (disent-ils) mais pas que, Nicolas Raviere, l’auteur « écrivain autoédité » qui ne cherche même pas d’éditeur par peur des refus et enfin, last but not least, Nicolas Machin, l’homme derrière tout cela, celui que les gens connaissent et apprécient (ou détestent) pour d’autres raisons non moins évidentes ; ce sont trois personnalités différentes du même, juste une question de regard sur le monde et les choses. Question de prisme. D’un côté deux émanations d’un être purement mental et de l’autre, un être physique, avec une certaine empathie, qui oublie souvent son mental. Il m’a dit, donc, toujours le même : « J'aime beaucoup l'homme, tandis que l'auteur m'impressionne et me passionne ! ». Toutes les passions ne sont pas saines, chéri. J’y croirais presque à cette histoire de plusieurs personnes ensemble, dans un même corps, mais ce n’est pas le cas. Je n’ai rien dit. Bon, il est vrai qu’elles s’enculent pourtant les unes les autres. Ben, tout compte fait pourquoi pas. Je lui laisse l’auteur : Qu’il se mette un de mes livres dans le cul. Je n’ai jamais été aussi vulgaire sur Querelle version 2, c’est délicieux. C’est mon journal, anyway, je « fais » ce que je veux. Ecrire c’est façonner. C’est du faire à l’état brut, du tableau cubiste. Partout où j’écris, je fais ce que je veux. L’acte d’écrire est un acte de liberté, à condition de n’être pas trop aliéné à un lectorat comme pour Les Garçons. J’aurai dû prendre un autre nom pour ça ou ne pas le commettre plus en avant. Pour ça que je n’arrive pas à l’écrire, cela me ressemble si peu ; rien de naturel. Ici nonobstant les prétextes, c’est la liberté assumée, d’autant plus jouissive que, depuis que j’ai confié que j’avais peut-être en cancer, l’intérêt des lecteurs s’est réduit à néant : les gens préfèrent ce qui distrait. Ils préfèrent Harry Potter le presque mort à Sartre le défunt. Je ne me compare pas à lui, bien sûr. Sartre, une de mes plus grandes idoles de jeunesse. Je précise : Harry Potter n’est pas écrivain. Procédé rhétorique débile. C’est un exemple, pas comme un autre. J’aurai pu dire tiens, ils préfèrent Madonna à Tori Amos, voilà qui est plus parlant. Surtout pour Tori Amos avant l’ère Sony. J’ai écrit 20 pages de Madonna en deux jours et pourtant je ne sais pas danser comme elle. J’admire Tori car elle « ne sait pas » danser. Zéro commentaire, i’m alone. Je pense à lui. I’m encore plus « alone ».

Je me dis, moi, Nicolas Machin à travers Querelle, ignorant Nicolas Raviere, qu’il doit avoir froid à force de se promener à poil devant l’objectif. 

Posté par Querelle à 01:28 - I. Au Fil des Jours - Le coin des lecteurs [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 août 2007

Killing Joelle Mazart

Je réponds à ses questions à hauteur d’une certaine limite, je n’aime pas l’intrusion, mais j’en suis cependant quelques fois et hier, quelle démonstration : l’assistance sociale névrosée que je fus, au-delà des expériences, posant des jalons au sujet du bien et du mal, l’expression du juste. Plutôt que de m’occuper de ma toujours aussi splendide jachère. Perle de culture. Faut dire que j’étais conditionné pour : un vague agacement du domaine sentimental, quelques verres, une indifférence, la parade de la rousse esseulée aux airs nouveaux de grande dame, exhibant - enfin - son mec du fin fond du monde connu et me proposant un poppers fatalement éventé, mais je déraille, je suis encore sous le joug de ces rêves que j’ai suivis all night long mais pas du tout épaisse. Des rêves, ou plutôt cauchemars, réalistes, suintants de violences terribles, comme un retour de boomerang. Ces drames violents m’ont assailli et me voilà ébranlé par cette nuit d’horreur absolument justicière. Les rêves ne sont définitivement pas faits pour être réalistes. Leur pouvoir, il est hautement offensif, destructif, répulsif. Plus fort que les « tu as raison, les cheveux si courts, cela ne te va pas du tout. ». Plus fort que ma transparence physique fatale qui m’écoeure de plus en plus, mais sûrement pas plus fort que la mort. Où est ma camomille ?

 

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18 août 2007

Ghost

Le marin s’ennuie sur l’Océan des doutes, nage à contre-courant avec un banc de poissons, en des profondeurs inassouvies, mais toujours sonores. Il l’ennuie un peu, beaucoup même. « Je ne veux plus le voir, qu’il me dit. Il y’en a que pour lui ». C’est terrible. Il y’a cette femme qui raisonne comme un idéal, mais c’est une femme. Deux bras, deux jambes, deux seins : une femme. Complicité d’un instant ; une bague perdue et dans le noir retrouvé. Comme au fond de l’océan. La sorte de liberté absolue, autour de l’anneau. Des fantômes qui reviennent comme des rires puissants dans les latrines puantes de naguère, la sensation que le passé est en arrière comme une croupe tendue. La nuit qui n’en finit plus, coupée pourtant d’elle-même en parts égales. Et la volonté d’aller bien au-delà. Le cul de sac est franchi, le mur traversé. Je suis un peu fantôme parfois. Il est hors de question de me matérialiser, maintenant. Surtout maintenant.

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17 août 2007

Sweet Prince ?

Le petit prince trouve sa spiritualité dans le corps, le contact charnel, le marin, dans l’étendue marine de ses désirs, la fange de ses idées ; il serait donc bientôt possible qu’une tempête éclate dans un étroit compartiment du royaume des mortels que les rêves, encore, feront grandir, lourdement, comme un éclat de tonnerre.

(Rideau ?)

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