QUERELLE - journal intime, mais non confidentiel, de Nicolas Raviere

C’était très intime et cela pourrait l’être encore plus, je veux dire : sexuellement. Tout de suite, le mot est lâché, claque comme le fouet sur une peau satinée, une lichette d’alcool, suspendue aux lèvres d’un nouveau né. Je ne plaisante pas.

13 mai 2008

Nihilisme : Lesbiennes Révoltées et Pompe à Fric

Querelle de Nuit (Conte gay) : VII

Dans la nuit silencieuse, cinq hominidés aux sexes indéfinis entonnaient de violentes incantations - pour ne pas dire des slogans - brûlantes comme des invectives, conjurant un antre marécageux, succube à fric matérialiste, de disparaître de la ville de Lyon. « Ce sont des lesbiennes, des lesbiennes, s’écria la fée Carabosse, affolée. Il n’y’a guère que ces maudites créatures pour faire tout un charivari pour pas grand-chose. Absolument aucune classe ! »

Néanmoins, elle se mêla à eux et nous discutâmes allègrement du partage des royaumes. Depuis que le marécage, célèbre domaine fangeux où s’accouplent les lesbiennes, a changé de seigneurie, ces vassaux divisés déserteraient peu à peu le royaume humide, parce que les nouvelles règles interdiraient la venue de leurs compagnons homosexuels et que cela est inadmissible ; des hétéros lubriques et déplacés les remplaceraient, qui lorgneraient d’un œil intéressé, voire priapique, toutes ces sylphides aux cheveux ras et cela, aux pays du droit de la femme à disposer d’elle-même (et du sexe de leurs homologues…), est purement et simplement inadmissible. Il fallait donc crier tous ensemble, à l’unisson, pour que cette oppression d'un genre nouveau s’arrête enfin :

« Le Marécage n’aura pas plus notre thune. Le Marécage n’aura plus notre thune. »

Exaspérée, la fée Carabosse essayait tant bien que mal de discuter avec tout le monde en même temps, et, à trop se disperser, elle y perdait singulièrement la tête. Elle se disait probablement : à qui vais-je donc offrir mon fruit pourri, cette nuit ? Qui pourrait donc l’accepter ? La fée dodue, qui prétend être heureuse dans son mariage mais semble à l’affût de tout ce qui peut se produire, en bonne commère qu’elle est, le Cow Boy fil de fer, qui discute avec elle, quand Nicolass n’est pas accaparé par ces femelles hystériques, ou par mister fil de fer en personne, ou bien, pourquoi pas, ce petit drôle de Nicolass, qu’elle a également pris par le bras, par souci de mimésis. Ce dernier, qui s’est surpris lui aussi à entonner les fameux slogans, lui semble peut-être l'âme la plus indiquée pour goûter sa venimeuse pomme et celui-là, pensait-elle au plus profond d’elle-même, jamais un prince ne viendrait le réveiller. Non, jamais. 

free music

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Commentaires

Et pourtant...

Posté par OlivierAutissier, 13 mai 2008 à 22:03

Un jour mon prince viendra
Un jour mon prince flippera !!!!

Posté par Q de Brest, 14 mai 2008 à 15:46

Je suis fan de ton conte, de cette scène éthylique qui ne peut se produire que très tard et de toutes ces petites trouvailles ici ou là par petites touches. Plus l'histoire avance et plus j'aime. Dire que c'est bientôt fini... Comme on dit : les bonnes choses ont toujours une fin, non ?

Posté par Noctambulis, 14 mai 2008 à 18:59

That's right !

C'est bien pour ça qu'elles sont bonnes, sinon, elles seraient insipides, on s'en lasserait.

Posté par Quenelle Chaude, 14 mai 2008 à 20:14

J'aime beaucoup, ça prend son envol là, à mon sens.

Posté par Lovedreamer, 18 mai 2008 à 11:29

Gay Pride Ethylique

Bizarre que tu dises cela, surtout que c'est le billet qui a le moins de rapport avec le conte, un peu comme une sorte d'interlude :)

Posté par Querelle, 18 mai 2008 à 15:58

Parle-moi, raconte-moi une histoire à dormir debout







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