13 mai 2008
Nihilisme : Lesbiennes Révoltées et Pompe à Fric
Querelle de Nuit (Conte gay) : VII
Dans la nuit
silencieuse, cinq hominidés aux sexes indéfinis entonnaient de violentes
incantations - pour ne pas dire des slogans - brûlantes comme des invectives, conjurant un antre marécageux, succube à
fric matérialiste, de disparaître de la ville de Lyon. « Ce sont des
lesbiennes, des lesbiennes, s’écria la fée Carabosse, affolée. Il n’y’a guère
que ces maudites créatures pour faire tout un charivari pour pas grand-chose.
Absolument aucune classe ! »
Néanmoins, elle
se mêla à eux et nous discutâmes allègrement du partage des royaumes. Depuis
que le marécage, célèbre domaine fangeux où s’accouplent les lesbiennes, a
changé de seigneurie, ces vassaux divisés déserteraient peu à peu le royaume
humide, parce que les nouvelles règles interdiraient la venue de leurs compagnons
homosexuels et que cela est inadmissible ; des hétéros lubriques et déplacés
les remplaceraient, qui lorgneraient d’un œil intéressé, voire priapique,
toutes ces sylphides aux cheveux ras et cela, aux pays du droit de la femme à
disposer d’elle-même (et du sexe de leurs homologues…), est purement et simplement inadmissible.
Il fallait donc crier tous ensemble, à l’unisson, pour que cette oppression d'un genre nouveau s’arrête
enfin :
« Le Marécage
n’aura pas plus notre thune. Le Marécage n’aura plus notre thune. »
Exaspérée, la
fée Carabosse essayait tant bien que mal de discuter avec tout le monde en même
temps, et, à trop se disperser, elle y perdait singulièrement la tête. Elle se
disait probablement : à qui vais-je donc offrir mon fruit pourri, cette nuit ?
Qui pourrait donc l’accepter ? La fée dodue, qui prétend être heureuse dans son
mariage mais semble à l’affût de tout ce qui peut se produire, en bonne commère
qu’elle est, le Cow Boy fil de fer, qui discute avec elle, quand Nicolass n’est
pas accaparé par ces femelles hystériques, ou par mister fil de fer en
personne, ou bien, pourquoi pas, ce petit drôle de Nicolass, qu’elle a
également pris par le bras, par souci de mimésis. Ce dernier, qui s’est surpris
lui aussi à entonner les fameux slogans, lui semble peut-être l'âme la plus
indiquée pour goûter sa venimeuse pomme et celui-là, pensait-elle au plus
profond d’elle-même, jamais un prince ne viendrait le réveiller. Non, jamais.
Commentaires
Et pourtant...
Un jour mon prince viendra
Un jour mon prince flippera !!!!
Je suis fan de ton conte, de cette scène éthylique qui ne peut se produire que très tard et de toutes ces petites trouvailles ici ou là par petites touches. Plus l'histoire avance et plus j'aime. Dire que c'est bientôt fini... Comme on dit : les bonnes choses ont toujours une fin, non ?
That's right !
C'est bien pour ça qu'elles sont bonnes, sinon, elles seraient insipides, on s'en lasserait.
J'aime beaucoup, ça prend son envol là, à mon sens.
Gay Pride Ethylique
Bizarre que tu dises cela, surtout que c'est le billet qui a le moins de rapport avec le conte, un peu comme une sorte d'interlude :)
Parle-moi, raconte-moi une histoire à dormir debout
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