14 mai 2008
Détours d'une Fée
Querelle de Nuit (Conte gay) : VIII
Les lesbiennes,
bruyantes et militantes, disparurent comme par enchantement, avec l’arrivée de
la rosée et la féé Carabosse de remercier Dieu, pour la santé de nos tympans, bien que les siens fussent cachés par l’abondante toison ébène dont les
sorcières sont toujours pourvues. « Elles avaient la langue blanche,
maugréa-t-elle, à cause de leurs pratiques douteuses : qui d’autres que des
dégénérés voudraient embrasser ces ribaudes farfelues ? »
Mais personne
n’écoutait plus cette fée farfelue : nous voici devant la porte d’un grand
restaurant gastronomique, service à toute heure et j’ai bien dit : service,
je n’ai pas dit : sévices. Notez le bien et tenez-le-vous pour dit,
puisqu’il s’agit d’un conte, d’un conte pour grands enfants, et les grands
enfants sont toujours, et resterons peut-être à jamais, des enfants, avec des
protubérances plus conséquentes, plus juteuses certes, mais des enfants tout de même.
Services 3
étoiles et oméga, nous pénétrâmes ce nouveau sanctuaire à pas de loup, la faim
au ventre, surpris de constater que la fringale s’était répandue dans tout
Lyon. Serait-ce la famine ? Le restaurant affichait complet, toute une faune
bigarrée s’affairait sous l’éclairage violent, et leurs paroles confuses,
mêlées à des tambours oppressants, hypnotisaient nos sens alourdis, charmant
capharnaüm, divin pandémonium.
Un homme, tout
de noir vêtu, vint à nous, qui nous proposa de nous relaxer au premier étage :
« l’ambiance y est plus lounge, mais vous serez mieux là-haut, vous
verrez, il y’a beaucoup moins de monde, vous pourrez vous reposer un peu, en
attendant qu’on vienne vous servir des petits plats. » Ce sur quoi, la fée
Carabosse, langue affûtée, ajouta d’une voix digne :
« Oui, nous
serons mieux, avec tout ce bas peuple, on se croirait sous la révolution ! »
Voilà une riche
idée : nous montâmes donc tous les quatre par l’escalier en colimaçon, qui n’en
finissait plus, pour rejoindre un immense salon, plongé dans une ambiance
tamisée si délectable, si apaisante. De longs sofas alanguis nous attendaient,
que quelques hères fatigués, étendus, non sans aisance, dans cette félicité
nocturne, laceraient langoureux de leurs corps élastiques, chats errants
pathétiques, désœuvrés et sans lit, petites fées aux miettes émasculées.
Nous nous assîmes,
la fée dodue à ma gauche, la Carabosse à ma droite, le vacher au corps
d’allumette posant son coccyx sur mes genoux, se fondant presque en moi de ses
os, étrange communion. C’est alors qu’arriva un prince, un prince capricieux,
jeune et fougueux, qui vint en ma direction et d’un geste preste et vindicatif,
écarta d’un seul coup le vacher pour prendre position sur mes genoux. La fée
dodue brailla, la fée Carabosse pavoisa, et moi dans l’embarras, je commençais
à avoir sérieusement faim. Non sans impatience, j’attendais le menu.
Commentaires
Post Scrotum
This is l'avant dernier épisode. Ensuite, le journal reprend son cours. N'ayez pas peur ^^
Evidemment, finir sur le menu !
La groupie
L'étau se resserre, plus qu'un épisode. Je suis tenu en haleine par ta narration, presque comme dans tes romans. Tu devrais peut-être développer cette histoire en fiction, je suis certain qu'il peut en ressortir quelque chose de très bon si tu l'enrichissais. Etrangement, peu de commentaires te sont postés depuis que tu l'as commencé alors que je trouve ça vraiment très bon, d'où mes encouragements.
Finir par le menu, c'est pas mal. Sera-t-il dévoilé dans le dernier épisode? Sans aucun doute. J'espère que c'est pour demain car j'ai faim.
C'est guignol, c'est guignol
Olivier
J'adore manger le fromage en entrée et la salade en dessert, quand ce n'est pas le plat principal. C'est une information capitale :) ^^
Noctambulis
héhé ca fait plaisir de savoir que j'ai quelques fidèles qui suivent mes aventures. En fait, niveau des visites, c'est pareil, ça a juste un peu baissé depuis le beau temps. C'est un peu frustrant de pas savoir ce qu'en pense les lecteurs ou ce qu'il leur a plu ou déplu, ça se trouve mes lecteurs me maudissent et attendant que ça se termine, ou bien ils ne savent pas quoi dire. Dommage car j'aime bien raconter des conneries dans les commentaires, ça fait presque partie du truc maintenant. Enfin, ça m'apprendra aussi à pas avoir vraiment de ligne éditoriale dans ce satané blog. Retour de bâton. Frappe l'ânesse, droit dans les fesses !
un prince chasse l'autre?
Quel délice de n'avoir pas à décider toi-même de ceux qui décident pour toi: les fées se pressent et les princes succèdent aux chevaliers errants, tous à ton service, la magie de la nuit n'en finit plus de repousser le jour...
Un prince sur les genoux et tu regardes le menu ! Curieux.
Comme écrirait une mystérieuse et sibylline "noire sigisbée" qui intervient parfois sur Premier Jet :
Je te suis.
Princes des ténèbres ou prince de lu ?
L'Eléphant
C'est vrai que d'une certaine façon, c'est très flatteur (bien qu'ils ne m'aient pas vu à la lumière du jour mdr) mais il se trouve que ce n'est jamais les princes que je choisirais : ironie du sort, comme on dit. Et c'est vrai que la nuit repousse sans cesse le jour : gare à la lumière aveuglante, une fois les portes franchies.
Pierre-Yves
C'était un prince de Lu, alors que j'attendais un prince des Ténèbres, alors, dans cette attente, rien de mieux qu'une petite collation :)
Ouam-Chotte
Ich auch.
Ca me fait penser qu'il faut que je commence ce truc à 3 qu'on doit faire avec Victor. Le temps passe beaucoup trop vite. Si Noire Sigisbée pouvait le ralentir, ce serait bien !
Parle-moi, raconte-moi une histoire à dormir debout
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