15 juin 2009
L'Odeur du Télégramme
Fracture en
ce blog de béton. Stop.
Je voulais
acheter un parfum pour maman, pour la fête des Mères, mais je me suis dit que
Poison n’était pas très indiqué, me confiait ma sœur ces jours derniers, et
quant à moi, ce que je n’ai pas dit, c’est mon attachement fortuit et déraisonné à ce garçon avec qui je
passe le plus clair de mon temps libre. En effet, cela va faire un mois que le
loup et le renard se sont acoquinés ; c’est bien simple, ces deux-là ne se
quittent plus. Il n’est désormais plus question d’être étonné, ou d’être
étonnant. C’est hors-saison, et hors raison.
Nous avons
trois points « commun » : celui, évident, d’aimer les hommes, celui, qui ne
nous a point rapproché, d’avoir des parents cancéreux, et, enfin, étrange
coïncidence, celui de partager le même nom de famille, nonobstant la syllepse.
J’ai très peu
parlé de lui, que j’ai rencontré voici trois mois, dans un cimetière, le
cimetière de la Guillotière : c’est en ce lieu éminemment silencieux, que
d’aucuns qualifient de morbide, parce qu’ils sont coincés dans leurs schémas
pathétiques et clichés nauséabonds, que nous nous sommes rencontrés, sous
l’égide du Miracle de la Rose. Sans doute m’est-il important, pour que j’omette
de raconter nos périples, et ce que je ressens. Lui, l’opposé, garçon en
négatif, n’a de cesse de nous photographier, sous toutes les lumières, à bout
de bras, se constituant un album qui m’effraie tout à fait.
Toutefois :
Nous nous
sommes enlacés, à la confluence, sur la pointe de la Presqu’île, là où le Rhône
et la Saône se rencontrent, se mélangent et ne deviennent qu’un. Ce n’était pas
prémédité.
Nous passons
des heures à ne voir que nous ; le monde comme arrêté.
Nous sommes
deux à nous inquiéter de la disparition d’un muffin dans l’affable séjour :
serait-ce un coup de la vilaine boulangère ?
Nous souhaitons
nous dire des choses, mais nous les réprimons ; sans doute nos yeux parlent à
la place de nos lèvres, selon leur brillance, l’intensité, parmi la douceur, et
la morsure.
Nous refoulons
l’aquarium.
Hier enfin, nous nous sommes adonnés, malgré nous, à la télépathie.
Autres aveux
Il me semble t'avoir déjà dit que le bonheur (pardon du gros mot) te va bien. Salut, petit frère.
très beau texte. Cela change d'un certain cynisme un peu torturé. Goute bien chaque moment :)
"A la pointe de man attend j'ai photographié l'instant d'après..."
C'est bien sympathique cette histoire. Grmmf. Je suis jaloux.
Des bises Nicolas.
Télétransmission
Calyste
C'est vrai que c'est beau, le bonheur, de le vivre. Mais j'aime aussi le souffre et la tragédie !
:)
Farfalino
Je ne goûte pas, je déguste, c'est ce qu'il faut faire, de même que la gastronomie.
Le cynisme fait quand même de bonnes barres protéinées.
Laurence
C'est quoi la pointe de Man ?
Ouam Chotte
Elle le serait sans doute moins pour toi, sans Miracle de la rose. Jt'embrasse aussi ^^
ça surplombe l'orchestre...et les coeurs...
déguster est le mot exact en effet.
You can take it
Laurence
Tant que ça le plombe pas :)
Farfalino
Il faut toujours savourer, parce qu'un jour, l'assiette est vide ! ^^
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