QUERELLE + querelles = Querelle(S)

Au singulier comme au pluriel, Querelle, c'est le journal intime, mais non confidentiel, de Nicolas Raviere, où il est question de toute autre chose, parfois, que de simples querelles.

17 juin 2009

L'Origine du Renard

Cette forme de communication prend parfois des formes inquiétantes : hier, par exemple, mû par des motifs sibyllins inconnus de ma raison, sans motif aucun, je me suis emparé de mon téléphone portable, et, à cet instant précis, tenant l’insignifiant boitier de plastique dans mes mains, j’ai reçu du renard un message, odeur de télégramme : étrange coïncidence.
- Flippante coïncidence ouais.

Lui, c’est le renard.

Que sait-on au sujet du renard, si ce n’est qu’il erre seul, dans la forêt, qu’il a le pelage doux et qu’il est carnassier, muni d’une mâchoire solide, d’une dentition pointue ? Pourquoi le renard, donc, plus que tout autre animal de la forêt ? Pour des raisons mythologiques - la mythologie n’explique-t-elle pas le monde, qu’elle configure par l’élaboration d’une diégèse sophistiquée ; il a fallu, pour le faire apparaître, lui, dans cette forêt précise qu’est mon journal, qu’il puisse s’incarner, revêtir un vêtement qui lui ressemble, et qu’il puisse, parce qu’il compte, choisir son uniforme, à son insu, que je ne sois pas, cette fois-ci l’instigateur d’une incarnation. Je ne suis pas folle vous savez lors même que, depuis que j’ai repris le chemin du labeur, je n’ai plus toute ma tête ni mon temps.

Nous sommes parti méthodiquement des confessions tissées par communications interposées, via ce logiciel de messagerie instantanée dont il serait vain de faire la pub en le nommant, et non avenu de tisser le panégyrique. Partant du principe qu’il n’est pas question de divulguer les noms intimes et bon enfant dont nous nous sustentons, et qui peuplent notre relation terriblement fraîche et par la même gracile, lesquels surnoms sont scellés entre nos lèvres et qu’il s’agit de faire exister un être humain dans une structure symbolique qui lui ressemble et qui, pourtant, ne le représente pas (- Je ne suis pas Querelle, mais Querelle, c’est moi. -), le renard est né de cet échange, dérivation d’une élucubration sur la possibilité d’une vie extraterrestre :

X dit :

moi j'ai eu un lapin quand j'étais petit

X dit :

et je l'ai mangé ensuite ...

Querelle dit :

ah oui ?

Querelle dit :

et ça t as pas traumatisé ?

Lui dit :

non , ca va il était bon

Description :
C’est un renard qui se gausse, n’a de cesse de rire à pleine dent, un renard qui file dans le vent, et mordille les oreilles de sa proie, qui ne se débat plus - qui ne s’est finalement jamais débattu - un renard qui, sans le savoir, préfigure une fable, précède un conte dans cette arche de Noé qui regorge de mythes, déborde de cadavres - et le bateau quitte le port, direction l’estuaire, prêt à remonter le fleuve des désillusions.


Autres aveux

Je me souviens du renard du Petit Prince. "L'essentiel est invisible pour les yeux"

Avoué par Farfalino, 17 juin 2009 à 22:34

"La femme transformée en renard"j'ai adoré...

Avoué par laurence, 17 juin 2009 à 23:18

Laurence m'a devancé: j'allais moi aussi évoquer ce livre si troublant.

Avoué par calystee, 17 juin 2009 à 23:25

Fox Murder

Farfalino
C'est assez vrai ça, en effet

Laurence
C'est un roman ?

calystee
Laurence est top tendance !

Avoué par Nicolas, 18 juin 2009 à 18:26

En fait j'en ai vu une adaptation théatrale faite par Didier Bezace au théatre de la Commune.Conquise par le spectacle, j'ai acheté le roman C'était en 1999. C'est un peu loin mais mon souvenir est indestructible: cet amour pris au piège de sa propre volonté a quelque chose d'un "contre poing" audacieux dissonant subtile à la relation dite amoureuse et probablement à toute relation humaine...toutes les interprétations sont possibles...Didier Bezace fait raconter l'histoire par cette femme changée en renard tandis que le mari reste mutique comme pris au piège à un deuxième degré...Effectivement quel trouble...quelle magie....

Avoué par laurence, 18 juin 2009 à 21:56

Et il y a, je m'en souviens, une scène d'un érotisme et d'une tendresse très troublants entre l'homme et sa femme devenue animal.

Avoué par calystee, 20 juin 2009 à 00:32

Foxy coma

Malgré le nom un peu risible de l'auteur, je crois que je vais me procurer cette œuvre, bien qu'elle aille dans le sens d'un projet de nouvelle.

Avoué par Nicolas, 22 juin 2009 à 10:00

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