QUERELLE

Journal intime, mais non confidentiel, de Nicolas Raviere, où il est question de toute autre chose, parfois, que de simples querelles.

11 décembre 2009

COLD

Traduisez : il n'est plus possible de se retrouver.

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Certains l'aiment sombre...

Querelle confesse à 13:05 - I. Tisseur de Saison / Perséphone - Confessionnal [9]
Autopsie :

08 décembre 2009

Commutateur

Tu appelles le vide et le vide m’appelle, en moi, qui m’étiole et me répand, en poussière joyeuse, égrène des rires sonores, des mythes nouveaux, et parfois des larmes, comme un lait amer, qui remonte soudain, une lente dépression, comme une agonie silencieuse, qui fuse enfin comme un rayon de soleil trop franc, trop lumineux à travers l’épaisseur laiteuse des ténèbres ET PUIS RIEN et puis rien, rien d’autre que le silence, et puis rien, rien de plus, que ce silence maudit, à l’heure où le corps se couche, pour des nuits sans rêve, qui se suivent et se ressemblent toutes désormais. Je gis dans le désordre de mon sommeil, ne tremble point sous cette pyramide de linceul, abri de couvertures improvisé aux allures d’enfance, au cœur de mon hiver où j’invente, cerné par des étoiles de plomb, l’ébauche d’un printemps aux fleurs délicates et pétales sanglants : ce ne sont point des cendres, mais des étamines, quand l’amour valse avec la mort et qu’aveugle, flanqué à la confluence du chaos, il n’est plus possible, à tâtons, de trouver le commutateur.

03 décembre 2009

Albator

Je me lève, et je n’attends pas.
Je dois me créer un monde, à tout prix, puisqu’il le faut.
A défaut d’écrire, il faut vivre.

Je me repasse sans cesse, pourtant, à chaque jour qui s’ouvre et se referme, la chronique d’un décès et mon monde, ébranlé, n’a changé en rien, et pourtant, tout est différent. Je dois apprivoiser la mort, avant qu’elle ne m’apprivoise, cette salope gantée aux promesses d’ailleurs, aux caresses si douces, si lestes, qui vous fouette outre la chair, nous branle dans le noir de sa mécanique livide. Carnassière, elle dresse son empire sur nous, comme un sexe béant auquel il est impossible de résister puisque l’impuissance nous lie jusque dans les fers, à n'être que des hommes. Et si tu danses avec elle, si jamais tu danses avec elle ?

J’ai 33 ans et je ne suis pas capable de provoquer de résurrection. 

Ni celle de ma mère, dont je garde l’image sereine, paupières occluses, dans son cercueil, vaisseau spatial de bois pour traverser des galaxies enflammées, ni même la mienne de résurrection, à laquelle je travaille avec la férocité d’un sorcier rompu aux mécanismes de l’alchimie, qui désire ardemment plier l’univers à sa propre loi, en trouvant, dans des joies subreptices et désordonnées, sucrées plus que salées, l’ombre éventuelle d’une vie possible, conquise, où pourtant rien n’a de sens puisqu’il est désormais cette absence qui ronge, et provoque enfin l’idée de Solitude, d’abandon.

Nous ne maîtrisons que la fiction et l’univers nous broie.
Comme une main étouffe un sexe par un matin de soie.
 

On me dit que j’ai changé, que j’ai changé depuis, un peu, beaucoup, passionnément, que je suis différent, du dedans au dehors ; je combattais avec frénésie ce qui molestait le cosmos, traquait le moindre détail, la moindre parole qui me semblait injuste, allant jusqu’à mordre, parfois, et me laissait glisser, fort souvent, dans les gouffres éventés de la mélancolie, m’inventant martyr et bourreau, à loisir ; je me surveille désormais avec l’insistance d’un vautour et laisse autour de moi, avec placidité, le chaos œuvrer. Les vaisseaux spatiaux ne vont jamais que dans la nuit profonde, se glissent dans des flammes ou des trous noirs, pour disparaître tout à fait. Alors, la communication est rompue. Et il ne reste rien.

27 novembre 2009

Prologue

Vous vous levez sans certitude, un lendemain d’hiver, et il ne fait pas froid. Il ne fera plus froid. Ce pourrait, cela, être une publicité honteuse, pour un indispensable duvet d’oie transgénique, une succulente boisson chaude, hydratante, point trop laxative, un panégyrique éclatant, louant jusqu’à la déraison les mérites d’une religion nouvelle, estampillée temple solaire, ou bien une réclame tapageuse et cruelle, pour des caissons à UV, cercueil moire et bleuté où il fait bon s’allonger nu, pour se transformer en créature de rêve provisoire.

Il n’en est rien.
Point de confort bleu ouaté, de rayon X.

- Ce n’est pas aujourd’hui que nous monnayerons le styx.

Je voulais, m’a-t-il dit, que tu saches que le beaujolais nouveau est arrivé. Je lui ai répondu que le Querelle nouveau, lui aussi, bien qu’hors saison, est à la porte qui attend, l’air absent, mû par des volontés de silence et de confession. Il marche d’un pas moins décidé mais n’a plus la tête dans les étoiles. C’est qu’il se repasse - sans cesse - la chronique d’un décès. Son monde, ébranlé, n’a cependant changé en rien et pourtant tout, absolument tout, est différent. Il se lève, et n’attend pas. Il se dit qu’il doit se créer un monde, à tout prix, puisqu’il le faut, qu’à défaut d’écrire des histoires, il faut les vivre : c’est ainsi qu’il s’efface de la nuit, battu par le vent, un tapis de feuilles mortes, c’est ainsi qu’il s’évapore dans un long baiser chargé de nicotine. Tout doux. Trop doux.

Fatigué, enfin, à bout de souffle, il rayonne dans ce bal à n’en plus finir, ce bal de chacals, hors le temps et hors la vie, qui le relie à son passé, déterré pour l’occasion, au milieu d’hommes nouveaux, incliné sur la promesse d’un nouvel amour qui sent la finitude, amour dont il ramasse les fruits, car tout verger suppose cueillette : chaque fruit de chaque arbre est menacé par son corbeau, la vie, ses infâmes coups de becs tranchants. Mais il s’en fiche : il cueille les yeux fermés, peu importe les vanités qu’impose le monde, parce que son but n’est pas de se nourrir, mais d’oublier. Chaque bouchée, comme chaque pas, est une avancée vers quelque chose d’indéfini et de flou qui sent la liberté - et le renoncement : une femme absente est là plus que jamais qui guette, se manifeste dans le détail, jusqu’au plus insensé ; et quelque chose, j’ai bien dit quelque chose, murmure qu’elle ne sera plus jamais là, et frappe au coeur. C’est indicible.

- Cela fait un mois, aujourd’hui, que maman est morte.

07 novembre 2009

Full Contact # 3 (Fin)

Aujourd’hui je réalise que je ne peux pas souffrir plus, parce qu’en perdant ma mère, au-delà du fait que je sois orphelin, j’ai perdu tout ce que j’avais, si ce n’est moi, alors, étrangement, je me sens rassuré : je suis certain que le meilleur m’attend et, malgré la douleur, l’absence et les remords qui me déchirent, j’ai le sourire, je me sens plus humain, comme si j’avais grandi d’un seul coup. Je serai plus fort et ferai tout pour que ma petite maman soit fière de moi, pour devenir une meilleure personne.

[Troisième partie de Querelle, prochainement, quand la plume me reviendra.]

27 octobre 2009

Full Contact # 2

Aujourd'hui Maman est morte. Et ce n'est pas une fiction.

Querelle confesse à 09:24 - I. Tisseur de Saison / Perséphone - Confessionnal [14]
Autopsie : ,

26 octobre 2009

L’Expérience du Vol (Spécial Biennale d'Art Contemporain)

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(Ou l’on apprend que Querelle vole un livre, pour amour de l’art.)

A la lecture de ce nouveau titre, de ce billet qui d’ores et déjà s’étale, tu peux te demander, lecteur, si j’ai terminé ce roman ou plutôt devrais-je dire, cette autofiction, qui m’a fait clore un peu précipitamment, il est vrai, la seconde partie de Querelle, me permettant enfin de renouer, pour un troisième round approximatif, avec mes confessions éloquentes et stériles. Et bien, tu te trompes, tu te mets le doigt dans l’œil, et bien profond ! Une expression des plus stupides puisque cet ove n’est point orifice.

Je souhaitais simplement partager une expérience, une somme d’anecdotes, nées de ma rencontre avec cette dixième biennale d’art contemporain, laquelle m’a quelque peu déçu : quand bien même cette manifestation propose une réflexion intéressante sur les spectacles du quotidien, notre place par rapport au monde qui nous entoure et qui se joue avec nous, et malgré nous, quand bien même notre guide dévouée (puisque de par mon métier, j’ai été malgré moi partenaire de la biennale et j’ai dû subir quelques caprices d’artistes plutôt mal venus ; ce qu’on dit sur les artistes et leur ego n’est jamais totalement faux, mais halte aux digressions (…)), a su captiver mon attention, me faire réfléchir à une somme de choses qui ne sont point étrangères à ma condition, à mon passé, à ce que je rejette, dans cette société, cette biennale, malgré tout, n’a pas captivé ma curiosité dans le sens où ce que j’attends de l’art n’est pas un constat, mais une vision, une esthétique, et, puisque je suis un peu cérébral à mes heures perdues, des concepts.

L’art doit m’émouvoir ou me questionner, pour me séduire.

Une seule œuvre, dans ce capharnaüm cafardeux, m’a séduit, laquelle repose évidemment sur un concept, laquelle est ludique, à l’image de la huitième biennale (ayant pour thème l'expérience de la durée), qui, elle, m’avait pas manqué de m’enchanter : l’œuvre de Dora Garcia, une simple table basse blanche d’un genre commun, que l’on trouve à loisir dans les grands magasins suédois, une table sur laquelle trônent, alignés, de petits livres noirs, bardés d’une grande inscription blanche qui lance une invitation des plus curieuses, aux parfums acidulés de violence :

Steal this book (Vole ce livre.)

Voici qui attise, donc, la curiosité ; j’hésite donc à m’emparer d’un de ces livres : cela pourrait éveiller la curiosité de l’étudiante juchée comme une perruche sur son présentoir, laquelle pourrait me confondre, par cette invitation, avec un voleur : elle ne peut point deviner, par ma simple mise, que le livre est pour moi l’objet le plus sacré qui soit, le compagnon idéal qui, s’il n’a point les attraits de la chair, devance, par ce qu’il est nourriture, bien des décérébrés. Néanmoins, malgré cette appréhension, je commence à lire cet insolite objet et son invention m’enchante : dès les premières lignes, on nous suggère de le dérober, de devenir malhonnête, ce à quoi je ne puis me résoudre ; aussi demandai-je à la jeune fille haut perchée si je pouvais prendre ce livre.

Elle acquiesça d’un air un peu trop malicieux pour être honnête.

Quelques minutes plus loin, alors que je tenais fermement mon exemplaire, une autre étudiante, du genre sortie de sa campagne pour étudier les lettres modernes et future bobo en puissance, se rua sur moi pour me conjurer de reposer ce livre, que je feuilletais avec délectation, en marchant aux côtés de mes deux collègues : mes vaines supplications ne firent rien. Cette vile créature me menaça d’appeler sur le champ les gardiens. Bouh. Si encore il y avait une prison avec de jolis matons en sus, des barreaux en métal froids et sexy, mais non… J’ai donc reposé bien malgré moi ce satané bouquin.

Curieusement, à la fin de la visite, quelque chose en moi me suggérait d’y retourner, pour en dérober un exemplaire, c’est alors que je demandais à la guide si elle ne connaissait pas un moyen détourné pour m’en procurer un, sans engager l’acte de vol, sans commettre de délit autre qu’une ruse un peu grossière, mais parfaitement licite. La réponse fut non. Retournez-y et pliez-vous au concept. Un concept… la manifestation d’une liberté qui enferre celle d’autrui, pour qu’il le saisisse tout à fait dans son entier.

Je rebroussais donc chemin, retrouvant bien malgré moi l’exposition avec l’une de mes collègues et je me suis surpris à demander, d’une façon un peu trop précipitée, à la fille à l’entrée, chargée de vérifier nos billets (manifestation de mon inconscient rejetant l’idée farfelue que je puisse voler) : « Où sont les livres qu’on peut voler ? ».
Ma collègue se mit à rire, la fille à sourire béatement. Quant à moi je murmurai, plaçant contre mes lèvres un de mes doigts : chuuuuuuut. Et peaufinai dans le même temps ma stratégie :

Ne souhaitant pas voler le livre de mes propres moyens, je m’entêtais à convertir ma collègue en voleuse, ou du moins, faire d’elle ma Complice.

Je lui priais donc de faire diversion, ce qui ne fut pas nécessaire : un groupe suivait une autre visite guidée, parmi lequel nous nous mélangeâmes sans trop de mal, afin de dérober, chacun de notre côté, un exemplaire de cette diablerie de papier, or, l’étudiante perruche, toujours juchée sur sa haute chaise, nous avait vu venir de loin, elle m’avait reconnu ainsi que ma collègue, qui, avec son immense gilet rouge et ses bottes ocre jaune, détonnait dans le paysage. Perruche demanda à ma collègue de restituer l’ouvrage, tandis que j’en planquais un, de mon côté, que je glissais en toute hâte dans des fascicules lacérés du X de cette dixième édition.

« Vous aussi, là bas, le grand avec la veste, vous reposez le livre ! »

Je maugréai d’un air débonnaire que ce n’était pas juste puis me retirai avec ma complice, décidé à ne pas en rester là, n’acceptant pas d’essuyer une aussi cuisante défaite. Aussi commençai-je à surveiller les actes de cet oiseau estudiantin aux allures de buses, à la façon d’une série b. Or, à chaque fois que ma tête dépassait du coin de mur, celle-ci regardait en ma direction et me voyait disparaître aussitôt.

Nous essayâmes alors de l’encercler mais il faut croire que je ne suis pas rompu à l’art de l’espionnage. Capitulant je proposais à ma collègue de lire le livre dans son intégralité afin de me le procurer, la possession n’étant pas, chez moi, nécessairement matérielle. Elle a probablement pensé que j’étais fou, et puis n'avions -nous pas convenu d'aller au restaurant ?Il fallait donc renoncer à cette énième tentative d’appropriation.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais non, un miracle se produisit : personne d’autre ne menaçant son trésor de papier, la gardienne s’est levée et, malchance de poisseux, se dirigea vers nous. Je lui lançai, d’une voix enjouée :

« C’est pour quand la pause pipi ?
- Y’en a pas, répondit-elle, amusée. »

Peut-on réellement tout avoir, quand on se sert de sa volonté ? Il faut croire que oui, car elle nous proposa de voler le livre : personne ne surveille, confia-t-elle enfin, allez-y. Ma collègue, sans plus attendre, complice idéal en crime à la ville comme au boulot, se rua sur le livre, qu’elle planqua aussitôt dans son sac à main et nous filèrent, amusés tels des enfants mais, contrairement à ma collègue, je ressentais comme une pointe d’angoisse, une légère incertitude :

« Tu crois qu’il y a des caméras ? »

Un peu plus loin, dans un coin sombre et désert, pour être certain que son sac ne soit pas fouillé, je lui soumettais une proposition quelque peu farfelue :

« Je peux mettre le livre dans mon slip, personne le trouvera au moins ! »

L’angoisse était là, palpable, d’autant plus tangible, et saisissante, quand il fallut repasser devant la gardienne informée de mon dessein, à l’entrée. J’ai vu la sortie, cependant, à quelques mètres de l’entrée, mais je n’ai pas voulu me dérober ainsi, et, curieusement, au risque de perdre le livre, j’ai préféré braver le danger ; rien n’y fit : nous passâmes d’un air entendu, et la sphinge gavée de MTV, elle, était visiblement amusée de mon forfait.

Ce livre trône désormais sur une autre table basse blanche et synonyme, acquise, je confesse ce manque de goût, dans un grand magasin suédois, où, parmi d’autres breloques et quelques ready-mades improvisés, il n’apparaît plus avec autant d’évidence, de provocation. Je me demande désormais si, maintenant que je possède ce livre, et qu’il est désacralisé de par sa nature seconde, je vais en son entier le parcourir, que dis-je, le lire, pour me l’approprier d’une façon qui soit plus rationnelle, et attendue. Une question qui, sans doute, n’appelle pas de réponse.


[Challenge : toi aussi, lecteur, empresse-toi de dérober ce livre, raconte comment, et prends-toi en photo avec. Un telle chaîne n’est pas promise à un bel avenir mais qui sait...]

09 octobre 2009

Full Contact # 1

Aujourd'hui ma mère se fait ouvrir comme un poisson et j'ai envie de baiser.

07 octobre 2009

Signs

06 octobre 2009

Sabotage

Dire que je compte démissionner est un mantra qui, s’il soulage une part de mon système nerveux, n’est pas prêt de se concrétiser : il m’est impossible de laisser la seule survivante de cette équipe de démissionnaires sans m’en vouloir - n’est-il pas émouvant de voir un colosse, ce colosse qui nous a tant appris, pleurer ? - quand bien même cette famille pimpante et dynamique que nous formions s’est réduite en cendre, démission après démission.

La dernière recrue, cette aimable polyglotte qui en fait trop, émet des sons curieux évoquant des chuintements de marmotte, est bordélique comme un adolescent en pleine crise de puberté et semble s’épanouir dans son joyeux fatras qui nous met en rogne. Bien qu’elle soit là depuis plus d’un mois, elle n’assure pas un kopeck au niveau technique, engendrant des multitudes d’erreurs en cascade. Et bien moi, je ne m’en cache pas, je ne parviens pas, bien qu’elle ait des goûts musicaux et cinématographiques en commun avec moi, à « accrocher » à ce personnage douteux que je soupçonne de sabotage, à trouver la moindre soupçon d’affinité qui pourrait me lier à elle dans un rapport humain sain. Quand elle me parle ou chuinte en ma présence, je sens un à un mes poils se dresser, une pression continue qui me frémir jusqu’à l’épine dorsale. Pire : je redoute de me retrouver sur un service complet avec elle - ce qui, évidemment, arrive parfois - et menace, dissolution de l’équipe aidant, d’être récurrent. Pire encore : je ne supporte plus de passer après elle pour gommer chacune de ses erreurs, ce qui m’empêche d’officier sur mes propres tâches, que je dois effectuer en heure supplémentaire. La seule chose que je supporterai serait de l’enfermer dans un placard, pour ne plus la voir et ne plus l’entendre. L’enfermer à double tour - et jeter la clé.

Ils nous promettent - rebondissement - pour remplacer l’irremplaçable rayon de soleil, après le départ de notre chère Florence Foresti relayée par l’infâme saboteuse, un jeune homme prétendu super talentueux, dont le curriculum de deux pages dévoile non seulement un sourire forcé, du genre premier de classe et hypocrite de première, mais également des prouesses en cascade énumérées avec une conscience médicale et pompeuse : en somme, un petit prodige dans le domaine qui s’adapterait facilement au chaos de l’entreprise, ce chaos qu’il faut réguler et qui nous absorbe chaque jour un peu plus : nous cumulons les heures supplémentaires et, sous nos yeux, se dessinent des voiles charbonneux aussi épais que ses sourcils. Nous devenons, jour après jour, des cafards disgracieux, rampants, agressifs, à bout de nerfs, lesquels cancrelats rentrent tard dans la nuit, à pied, molestés par un monde dont l’ordre est troublé.

- Décidément, je ne parviens pas à m’habituer à cette boisson « céréale / chicorée ».




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