QUERELLE

Journal intime, mais non confidentiel, de Nicolas Raviere, où il est question de toute autre chose, parfois, que de simples querelles.

22 novembre 2009

En attendant Querelle

Réédition de Querelle(S) (2007/2008), version papier sur thebookedition en attendant Querelle(S) 2 (2008/2009) et la suite éventuelle du blog.

Un petit coucou, en passant, à mes lecteurs et mes "blogopotes" vu que je ne parviens toujours pas à écrire et que j'essaye au maximum de ne pas être chez moi, ce qui fait que je perds un peu de vue tout le monde. Je vais plutôt bien, malgré certains moments difficiles, quand je suis seul. J'espère revenir vite. Bises à tous.

Voici donc la réédition en question :

Acheter Querelle(S)

Détails de l'édition :

Le livre Querelle(S)

Toutes les rééditions de mes livres ici :

NICOLAS RAVIERE CHEZ THEBOOKEDITION

11 novembre 2009

En attendant NiKo III

Acheter EX Nihilo Acheter L\'Enfance d\'une Garce

Voici la suite de mes rééditions sur Thebookedition, plateforme d'auto édition française. Ici, L'Enfance d'une Garce et EX Nihilo, respectivement mon second et troisième roman.

L'Enfance d'une Garce

Joséphine n’est pas une enfant comme les autres. Dès l’âge de quatre ans, elle a une étonnante conception du monde et des choses qui l’entourent : elle n’aime pas sa mère, ni les gens du village, elle parvient à faire renvoyer la bonne, déteste les autres petites filles avec qui elle refuse de jouer, torture son chien, ignore sa petite sœur, n’éprouve absolument aucune peur vis-à-vis de la terrible institutrice ; puis, un jour, poussée par la curiosité, elle découvre un nouvel univers en se liant d’amitié avec le nouveau voisin, Monsieur Arnauty, un professeur de piano que les gens du village méprisent et appellent « l’inverti ».

Le livre L\'Enfance d\'une Garce

EX Nihilo

EX Nihilo : rien ne naît de rien. Et pourtant... Point de départ : après huit ans d’absence, Christophe, ancien étudiant alcoolique et communiste, revient du Soudan. Il désire revoir Simon, à qui il n’a jamais donné signe de vie depuis... Simon ne se souvient qu’à peine de lui, mais peu à peu, au fil des heures et des coïncidences, l’histoire se reconstruit d’elle-même.

Après Disconite et L'Enfance d'une Garce , Nicolas Raviere explore de tout nouveaux concepts et univers pour ce troisième roman qui se passe cette fois-ci entre Lyon et Dijon et mélange habilement les genres narratifs (autobiographie, auto fiction, théâtre, ainsi qu'une version revisitée façon "gay" du célèbre conte "Le Petit Chaperon Rouge"...).

Le livre EX Nihilo

Toutes les rééditions de mes livres ici :

NICOLAS RAVIERE CHEZ THEBOOKEDITION

03 novembre 2009

En attendant NiKo II

Suite - et presque fin - des Rééditions :

Acheter Nuits Closes

NUITS CLOSES (nouvelles)

Du conte de fée à la backroom, de la forêt aux chambres d’hôtel, du Moyen Age à nos jours, autour d’un piano ou d’une musique techno, de l’ouverture d’une boite de nuit à la fermeture d’un squat, de l’histoire vraie à une curieuse mise en scène pour une télé réalité sordide, prétextant un curieux concours de danse, de la rencontre furtive dans un tramway à l’amour Absolu, de la présence à l’absence, et, forcément, du rire aux larmes, 21 histoires gays et plus encore de garçons à enclore dans la nuit.

Le livre Nuits Closes


Résumés des 21 nouvelles qui composent le recueil Nuits Closes :


La nuit close : Ou la vision schématique d’une nuit de drague en boite.


*


La peau de Karim : Karim, un adolescent de la banlieue parisienne, se refuse de vivre son homosexualité.


Le fils du Boulanger : Michael, le fils du boulanger, habite dans un village de trois cents habitants, auquel il cache, comme à sa famille, son homosexualité, jusqu’au jour où sa sœur, trop curieuse, découvre son secret.


Transparence : Alexandre, un garçon que personne n’a jamais regardé, absolument transparent, tente sa chance dans un lieu de drague pour tester son potentiel de séduction.


6X7 : Yannick D. recherche comme beaucoup le mec idéal. Comme tous, sa quête de la perfection passe par des impératifs, des critères de sélection plutôt drastiques. Le sien est unique, et mathématique : il aimera le mec qui, sans réfléchir, saura répondre sans même réfléchir à cette simple question mathématique : 6X7.


Premier soir : Ludovic découvre pour la première fois le monde des boites de nuit, en compagnie de ses deux meilleurs amis, Kevin et Romuald, deux joyeux drilles que rien n’arrête.


Dédalus : Ou la soirée d’un homme lambda dans un sex club labyrinthique. Trouvera-t-il la sortie de ce labyrinthe de Chair ?


Au château de MorteFleur : Il s’agit ni plus ni moins d’un conte relatant, ma foi, le parcours et les épreuves d’un prince dont la quête est de retrouver l’antédiluvienne princesse d’un royaume voisin, pour la réveiller avec un baiser, dans le plus grand respect de la légende… sauf que comme c’est un conte gay, ce n’est  donc pas tout à fait comme cela que cela doit se passer...


Le pianiste : Un jeune homme s’éprend de la musique d’un pianiste qui, dans l’appartement d’en face, le fait rêver avec les superbes mélodies qui, chaque soir, s’échappent de son piano. Aimera-t-il tout autant le pianiste ?


Le garçon parfumé à la menthe : Dans le tramway, chaque matin, le narrateur aperçoit le troublant garçon parfumé à la menthe, lequel a transformé sa vie par sa simple présence. Mais un jour, sans crier gare, celui-ci disparaît…


Pharien et Antorfas : Du destin tragique de deux chevaliers du Moyen Age, épris l’un pour l’autre et négligeant leur Dame.


*


Histoire d’un morpion : Tribulations et considérations d’un morpion.


*


Le sorcier et la vierge de Fer : Un homme solitaire, célibataire depuis bien trop longtemps, en rencontre un autre qu’il décide de séduire en utilisant la sorcellerie.


Une si séduisante réalité virtuelle… : Julio, un gay esseulé, découvre, en achetant un ordinateur et en se reliant à internet, un nouveau monde qui le captive puis le happe.



Jeunesse Eternelle : Une nouvelle crème révolutionnaire permet à quiconque de retrouver son aspect d’antan, la jeunesse absolue, et parfaite. La promesse en sera-t-elle tenue ?


La Fabrique de mecs : Mec maker est un site révolutionnaire qui permet de commander un mec créé sur mesure. Antoine, séduit par le concept, commande lui aussi son homme idéal, qu’il fabrique lui-même de toute pièce, étape par étape.


Arrêt sur image : Deux jeunes hommes se rencontrent dans un parc et tombent amoureux l’un de l’autre.


Dance or Die : Cette nouvelle nous plonge dans une étrange émission de télé réalité dont l’alternative est des plus simple… il s’agit de danser ou… de mourir.


Le Manège de Chair : Après avoir pensé faire le deuil de sa mère, morte il y a deux mois, un homme décide à nouveau de sortir et conjurer cet ennui, ce profond mal-être qu’il ressent. Rencontrant un homme dans une boite de nuit, il devient une sorte d’objet sexuel inactif, englué dans des faits qu’il ne maîtrise plus, alors que cinq hommes profitent de son corps.


Rupture : Xavier et Yanis se séparent, et cette séparation, qu’ils vivent d’une façon différente l’un et l’autre, n’est pas sans conséquences sur leurs modes de vie.

*

Notre Drame des Fleurs : Les derniers instants de Notre Drame des Fleurs, prostitué.

22 octobre 2009

En attendant NiKo

Acheter Disconite Acheter Les Protubérances

Masculin et féminin, premier et cinquième roman, Disconite et Les Protubérances, sous un nouveau format plus pratique, de meilleure qualité, moins cher, grâce à Thebookedition, plateforme d'auto édition française. Et ce qui ne gâte rien, les frais de ports sont nettement moins élevés que sur Lulu, et la livraison très rapide, puisqu'ils sont basés à Lille.

Les Protubérances :

Emilie, onze ans, surdouée, passe le baccalauréat cette année. Mais c’est sans compter sur une tragédie qui mine son existence : des protubérances mammaires poussent sur son corps, qui n’a de cesse de s’allonger… Seulement voilà, Emilie refuse de grandir, pire encore : de devenir une femme. C’est alors qu’elle entame une véritable croisade contre sa féminité.

« Rien de pire ne pouvait m’arriver : me scrutant devant la glace, à l’âge de onze ans, j’ai vu mon corps s’agrandir, comme un élastique. Et deux petites boules informes sont apparues au dessus de mes côtes. Deux petites boules roses et grêles. Le désastre était pour le moins éminent. Alors, j’évitais de trop me regarder nue. »

Le livre Les Protubérances

Disconite :

Mélénas, Mélunos et Mélonis, trois amis inséparables, passent tout leur temps libre ensemble depuis des années. Ils partagent tout : les sorties, les secrets, les alcools, une seule et même voiture, leurs sous-vêtements et, bien sûr, leurs amants. Parfois, en discothèque, l’ambiance, les sons, les visages, l’alcool, et autres substances, souvent quelque chose de bien plus profond encore, poussent ces trois amis au crime, frisson singulier, exaltant.


Le livre Disconite

04 février 2009

La Terreur des Trois (Interlude - 2)

Confession :
Quand j’ai brûlé mes peurs avec S, sur les quais du Rhône, je me suis senti libéré d’un poids, d’un poids éminemment lourd : il m’arrive à présent de franchir les ponts l’air de rien, sans faire de fixation sur l’ondée marron, et je n’ai pas croisé depuis d’insectes, ni d’araignées pour mesurer la mort de cette insidieuse angoisse que leur rencontre m’occasionne, ce singulier frisson de dégoût, or il est une chose que j’ai oublié d’inscrire sur l’A4 parchemin : un ennemi naturel, qui ne se rencontre pas tant mais qui, plusieurs fois, m’a presque vaincu, contre lequel je ne peux rien en ma qualité d’humain, puisqu’il maltraite mon corps, m’empêche d’avancer, lorsqu’il se fait puissant : le vent. Un jour, alors que j’étais au collège, mes pieds ont décollé du sol : j’étais cet enfant pas si grand certes, mais terriblement maigre et donc élancé, qui pliait sous ses gifles, comme les branches d’un arbuste malingre. Ma mère m’avait rattrapé, alors que je planais, dégingandé, en direction d’une 2CV, que je m’apprêtais à rencontrer dans cette configuration inédite, droit devant, fatalement -
une attraction désastre. Puis, sur cette plage, un an ou deux auparavant, j’avais pris, moi qui, mauviette, ne savais pas nager, le petit bateau pneumatique orange. Sans même que je m’en rende compte, ce vaste coussin flottant m’a fait quitter la plage, peu à peu, transformant les individus en fourmis, petits insectes affairés sur un petit trait jaune, ce que je vis bien des minutes plus tard, d’un coup, hors de portée de mes semblables. Larmoyant, j’appelais de toutes mes forces ma mère, qui était à 700 kilomètres de là, pensant, terrorisé, à la probable crevaison du matelas pneumatique, et au possible requin blanc, qui attendait là son festin d’os, avec la patience calculée et lénitive d’un poisson-clown. C’était il y a 21 ans. Et pourtant… La semaine dernière, alors que je marchais avec plomb et aplomb, le vent a décollé mon pas, l’a décollé, et j’ai failli trébucher. Je me dis depuis qu’un jour le vent aura raison de moi ; tout comme la mort, qui est naturelle, il me surprendra quand je m’y attendrais le moins pour un ultime frisson.


Découvrez Kate Bush!

Querelle confesse à 15:01 - III. Stratisme / Chronos - Confessionnal [8]
Autopsie : , ,

25 décembre 2008

QS (The best of Querelle)


Querelle_Nicolas

Ajout, dans le coin lecture de mon site, de QS, un PDF contenant 33 billets extraits de Querelle(s).
Une sorte de Best Of, en quelque sorte.

Joyeux Noël à tous :)

01 décembre 2008

Querelle(s) - version intégrale

Querelle_S__Nicolas_Raviere

C'est aujourd'hui que sort mon dernier ouvrage pour cette année 2008. Il ne s'agit pas, cette fois-ci, d'une oeuvre inédite comme de coutume mais de la version complète de Querelle(s) [Mars 2007 - Septembre 2008], en format imprimé ou PDF. Version complète car elle contient une vingtaine d'articles qui ne figurent pas ici.


Détail de la version imprimée : 333 pages, 15.24 cm x 22.86 cm, reliure dos carré collé, papier intérieur crème (60# weight),encre intérieure noir et blanc, blanc papier extérieur (100# weight), encre extérieure pleines-couleurs exterior ink.
EXISTE EGALEMENT EN PDF

Une seule adresse :

QUERELLE(S) VERSION COMPLETE


30 novembre 2008

La Monstrueuse Parade

J’ai longtemps été le chef de file d’une monstrueuse parade, squelettique et blanchâtre, aux grandes oreilles, un nez comme une pomme de terre greffée au milieu du visage mais, quand l’instituteur était passé dans les rangs, après nous avoir conter l’histoire terrible de la déportation, nous avoir bombardé les critères nécessaires pour être un bon aryens, à nous, dont le niveau intellectuel ne dépassait pas la lecture des boîtes de Nesquick et consorts, il avait regardé consciencieusement chacun de nos visages et, se penchant sur le mien, de visage, il avait conclu, après un moment d’hésitation, qu’Hitlter et son armada de monstres blonds ne m’auraient pas choisis. Je faisais partie des rares garçonnets de la classe à avoir ce privilège exquis d’avoir la vie sauve. A cause de mes yeux. De mes yeux difformes.

J’ai longtemps été le chef de file d’une monstrueuse parade, à sortir avec ces filles laides et énormes, dont les baisers, comme des citrouilles, me dégoûtaient toujours plus de la femme, en tant que concept.

J’ai longtemps été le chef de file d’une monstrueuse parade, me tenant fermement aux murs, me vissant sur les bancs, pendant la récréation, regardant les troupeaux pérorer, les détestant tout autant que je méprisais mon invisibilité. Quelques fantômes me frôlaient, parfois, et nous joignons nos solitudes de petits écoliers. Ces âmes errantes, qui osaient me parler, n’avaient pas plus d’amis que moi. Je prédisais aux incrédules des amours infinis, des destins pathétiques : tu te marieras, tu auras des enfants. Ne me suis-je pas fabriqué très tôt une différence ?

Quand je suis devenu un monstre adulte, à l’âge de vingt ans, j’ai envoûté quelques étudiants et je suis devenu populaire : il faut se fabriquer. Alors, j’ai collectionné les surnoms puis les amis et puis les petits amis comme des timbres que je m’empressais d’oblitérer, comme on valide une enquête SOFRES, avec la rigueur mathématique d’une chenille, l’entrain d’une taupe, la fugacité d’un léopard, dans un paysage sans proie.

Ce soir, je vois la monstrueuse parade, dont je ne fais plus partie. Est-ce là une illusion ? Des mecs gras et obèses, aux rires comme des obus, éclatant dans l’espace délimité par Britney Spears et une cohorte de pouffiasses sonores, passent devant moi comme un troupeau de bisons pailletés. Des êtres filiformes, barrés de ceintures immenses, charcutent l’espace de leurs pas chaloupés. Ils se rejoignent sous la même bannière et toisent ceux qui, plus petits, se perdent dans le labyrinthe de corps exsangues, gras et mous, musclés, dans la panique convulsive du soir.

Un garçon fade au cri de sirène vulgaire, qui n’hypnotise personne, planqué sous une capuche ridicule, ose une roue sur le sol glutineux de nectars perdus.

Je regarde la monstrueuse parade, halitueuse parade, de corps qui s’assemblent, se fondent les uns dans les autres, comme une soupe aux 7 légumes rance et viciée.

M2, qui fit tapisserie des heures durant, le ventre en avant, me parlait parfois, quand nous nous rejoignions. Il ne manquait pas m’envoyer en plein visage son haleine pestilentielle. Je tournais la tête, telle une diva évaporée, dédaigneuse et cruelle.

Un joli monstre blond et torse nu, d’entrée de jeu, pourtant, m’avait conjuré de venir à lui, d’un geste de son doigt, de lui à moi, pendant qu’un autre le caressait avidement, avec la langueur d’un escargot, alors qu’un troisième venait à lui, se frottant à ses flancs, avec la rigidité d’une blatte. Et c’est moi qu’il regardait ! Moi ! Je refusais l’invitation, d’un non de la tête. Il me balança en plein visage une insulte : hétéro ! Qui, après tout, pouvait résister à un garçon si charmant, au corps lustré, impeccablement fin et musclé ? Puis il me balança : tu es timide, d’un air convaincu. Mais moi, j’étais muet, je ne répondais pas. Conséquence : ce petit ange sexué s’acoquina aux siamois qui cherchaient à posséder son corps, en véritables succubes, cela qui, finalement, lui suffisait tant et si bien qu’il disparut de ma nuit.

Ne savait-il pas, pourtant, qu’il n’avait qu’à venir, à parcourir le petit mètre qui nous séparait et, de ses mains, se saisir de ma cravate, comme d’une laisse, pour me guider vers ses lèvres ? Ne savait-il pas que tout était possible ? Nous ne comprenons pas, dans nos silences monstrueux, nos désirs lamentables.

J’ai longtemps été le chef de file d’une monstrueuse parade et pourtant les monstres continuent de graviter autour de moi : un autre blond, qui m’a longtemps suivi du regard, d’un endroit à un autre, aussi, une bonne partie de la soirée, a été harponné par un autre garçon, son miroir brun, quand sonnèrent, terribles, les cinq heures du matin. Ils ont disparu dans la nuit fauve et cruelle, ainsi que M2, et, quand une musique gluante et sirupeuse s’est répandue dans l’air, j’ai disparu moi aussi, d’un pas pressé : Franck m’attendait, face au parking Saint Antoine, pour une ultime confrontation !


Découvrez Therapy?!

21 octobre 2008

Goran

Sortie aujourd'hui de mon quatrième roman, Goran, précédant Les Protubérances.


GORAN

Détails de l'édition :
Imprimé :
209 pages, 6" x 9", parfait reliure, 60# crème papier intérieur, noir et blanc encre intérieure, 100# blanc papier extérieur, pleines-couleurs encre extérieure.

Voici l’histoire de Goran, le bel inconnu, et d’Adrien, un jeune homme sans histoire, deux adolescents très différents qu’une fâcheuse situation rassemble, pour le meilleur et pour le pire : la mère de Goran, mourante, ne peut plus s’occuper de lui. Adrien tombe amoureux de Goran, retour d’affection mais Goran aime surtout la vie et donc… Goran meurt. Adrien se souvient de cet amour terrible, qu’il essaye de revivre par le biais de l’écriture, mais l’écriture fait éclater la vérité à mesure que l’histoire se recrée : était-ce vraiment de l’amour ? Est-il possible, également, de tout raconter ?

EXTRAIT : Le prologue


     Il était nuit, blanche de neige, sur la vallée offerte au ciel noir, les branches d’arbres striant le ciel comme des épées de lumières. Règne d’un silence profond comme la mort, brouissure légère et discrète des flocons tombant mollement sur le corps inerte de Goran, recouvrant peu à peu son derme, ses vêtements, figeant dans sa course folle l’épais filet de sang s’échappant de sa nuque gracile. Dans quelques heures, ce serait un corps dissimulé par un manteau de pureté, un ange congelé au regard vide et bleu comme l’azur, dans quelques jours, un cadavre rugueux, un roc humain offert au soleil glacé - et l’humanité de pleurer cette découverte sordide, lorsque, par hasard, un promeneur, un homme, une femme, un enfant, un chien, découvrira que Goran n’est plus de ce monde, que Goran a été assassiné, lui qui fut si bon, si droit, dont la beauté ne méritait pas d’être effacé d’un monde aussi froid et cruel. 
                  

     Des traces de neige dansent autour de lui, comme une valse à deux temps : l’entrelacs de quatre pas, dévoilé dès l’orée du bois et la fuite rigide, agile, d’une emprunte qui file au loin de la ville, dont les lumières ondulent lourdement sous la tombée de flocons, telles des lucioles paralysées par la neige, aux confins de l’horizon voilé par la nuit même. Nuit, quel est ce secret dentelé par la nacre liquide de ce paysage désormais sombre mais poétique, enseveli pour que la nature même oublie ce crime, comme les cris qui l’ont précédé, étouffés par le vent, le vide, l’absence ? Nuit, connais-tu seulement ce secret, pour le laisser reposer en tes bras ? Nuit, consentiras-tu à me raconter cette histoire avant que le sommeil ne vienne à mon tour m’enlever, que je m’absente du monde encore une fois, à rêver de lui, Goran, et de son sourire qu’un revers de main essaye d’effacer de ma mémoire ?
                  

     Il est des ombres dans mes rêves qui le ravissent, l’emmènent dans un autre monde, de sorte qu’il me soit inaccessible et qu’il n’en reste plus rien qu’une odeur, un songe, tout au plus un souvenir.

*

     Lové dans son écrin repose Goran, magnifique beauté assoupie, teint privé de vie, les lèvres grenat, gonflées de sang, bordé de ce manteau que la nature lui offre si gracieusement en cette nuit de décembre, la plus longue, la plus glaciale des nuits.

LA SUITE : ICI
Et quelques citations dans la page consacrée au roman sur mon site.

Lien rapide vers tous mes livres publiés.

P.S : Contrairement à mes précédents romans, Goran est suivi d'un texte inédit : Démence 153 (Autopsy : une soirée avec Dieu).

16 septembre 2008

Une Femme

La Dernière Querelle : XVII

Elle aime passer ses journées devant sa télévision, à l’ombre d’une retraite tardive ; elle qui, de sa vie, fut étreinte par la mort, une valse à quatre temps, aux menaces cruelles. De sa génitrice, elle a connu les pires affronts, jusqu’à l’abandon, le refus au soin, l’humiliation. La mort est là qui la guette, encore ; condamnée par les médecins, elle a survécu malgré les pronostics, après avoir laissé cette tumeur grossir en elle pendant deux années.

Je crois qu’elle a tout connu, les pires situations, la rue, le froid, la furie, la malice de certains hommes, à l’ombre de ce Dieu, en qui elle croit, lui affligeant le fardeau d’une santé pitoyable, depuis l’enfance. Elle a su malgré tout donner la vie six fois mais, ironie du sort, n’a élevé que trois de ses enfants, seule, deux filles et un garçon, en faisant des ménages. Ce garçon, c’est moi. Nous ne savions pas, enfants, que nous avions deux sœurs et un frère, une famille parallèle, dispersée, aux quatre coins de la France. Ne n’avions pas eu vent de cette sporulation malsaine de secret de famille venimeux.  

Ceci n’est pas un début de roman, ni même le synopsis du prochain feuilleton de l’été, puisque l’automne arrive : je la sens, tout contre ma peau. On pourrait croire, également, que j’aime m’adonner aux méandres sirupeux du mélodrame, mais ce n’est point mon genre, le mélodrame. Toutes ces histoires sont pures, sont vraies ; la réalité, cependant, est bien plus cruelle.

Bribes :
Quand j’étais tout petit, j’ai vécu une semaine ou deux chez une amie de ma mère, pendant que celle-ci se faisait opérer des jambes, il me semble.
Je ne me souviens guère avoir été ému par cette possibilité qu’il arrive quelque chose à cette femme, ma généitrice que mes camarades qualifiaient de monstres, de sorcières ; voire de pute, puisque mère célibataire. Pour moi, elle était invincible, increvable.

Il me souvient une fois, il y a fort longtemps, d’une après-midi. Portant une casquette, je faisais le malin, enfant difficile, je l’ai insulté, d’un mot extrêmement laid que j’ai appris à l’école primaire : « salope. » Je pensais qu’elle ne me rattraperait jamais, cette petite femme bossue, avec mes longues jambes, mais elle s’est saisie de moi et m’a foutu une sacrée rouste ! J’ai pleuré des rivières. Elle m’a humilié.

A l’âge de 17 ans, alors que je revenais d’un séjour en Normandie, chez ma tante B, j’ai rencontré, non loin de la gare, sur le pont, pliant sous le poids de mes bagages, une femme du quartier qui m’a appris que ma mère était à l’hôpital.
J’étais paniqué, mais pas un seul instant je n’ai pensé que j’allais la perdre. J’étais en revanche content de ne pas avoir à porter ses valises trop lourdes, profitant de la voiture de ces gens que je ne connaissais pas vraiment. Comme j’ai honte, à présent !

Ce n’est que lorsque je l’ai serré dans mes bras, squelettique, sans force, terrassée par la chimiothérapie, une fois guérie, que j’ai pleuré pour toutes ces années, que j’ai enfin compris. En l’espace de quelques secondes, et pour quelques années, j’ai regretté tout ce que je lui ai fait, à elle, mon bouc émissaire ; enfant terrible, adolescent mal dans ma peau, trop étriqué, je ne lui exprimais de l’amour que par certaines formes de violences, en intraveineuse.

Maintenant, je peux lui sourire ; je ne lui dit pas que je l’aime, pas plus qu’elle ne me le dit : nous le savons, les mots sont inutiles. Je me suis habitué à sa voix nouvelle, que lui impose son traitement pour la Thyroïde, aux métamorphoses constantes, d’une année sur l’autre, de son corps ; elle est à la fois unique et multiple. Je serai sans doute perdu, si elle disparaissait, lors même que je vis très bien sans elle, au loin, ne la voyant qu’une fois l’an, téléphonant si peu.

Elle aime passer ses journées devant sa télévision, à l’ombre d’une retraite tardive et moi, qui ne regarde jamais la télévision, je me plie à son rite, sans agacement ; je suis avec elle. Je regarde ce qu’elle regarde ; je ne désire rien apprendre, de ce qu’elle sait, de son passé ; quelques questions, au compte goutte, émaille mon discours. Mais, parfois, quand l’envie m’en prend, je l’asticote, je l’embête, je la fais tourner en bourrique. Je retourne, tout simplement, en enfance. C’est sans doute le seul moyen de réparer.

 

 


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