17 septembre 2009
Oripeaux
Observer les
voisins, c’est un peu comme dessiner la vie des inconnus dans le train, d’un
coup de fusain brutal, éjaculé :
Ce soir
d’ennui, muni de mes jumelles, j’ai traversé du regard la rue, pour me pencher
sur cette vitre bariolée de deux canapés, deux canapés bariolés de quatre corps
d’hommes dont les faciès annonçaient - mort aux fabulations - l’incontournable
sexualité : en temps réel je devinais, avant qu’ils ne se touchent enfin -
stupide et ridicule attente - le couple homosexuel, un genre couple modèle, «
mignon mignon joli mimi », que l’on peut distiller dans une fiction, pour
ameuter les fidèles, l’un trop bonne pâte et l’autre suintant la salope
vaguement repentie. Un énigmatique, toujours
coupé, caché par l’armature de la fenêtre, ne se laissait point découvrir. Le
quatrième était un grand ordinaire un peu bonhomme et clairsemé, gentil et fade,
supposé bavard : pure supposition.
Je savais
qu’ils attendaient quelque chose, tant la soirée bandait mou, dans ce salon
épuré, sur des canapés en cuir noir, de ceux que l’on refuse de tacher, de ceux
dont les coussins ne prennent point la forme des culs qui s’y incurvent,
lesquels pourtant sont légion. Je savais que ce quatuor peu épicé se rendraient
à la White party mais le fait d’être découvert, à cause du vis-à-vis, malgré
l’immersion dans le noir, m’a écarté de mes observations et de cette curiosité
déjà coupable, presque nouvelle et assumée. J’essayais, quand je ne les
regardais pas, de comprendre pourquoi le couple alternait souvent leurs places,
toutes les dix minutes, à chaque fois que je jetais un œil sur leur espace
découvert, jusqu’à se qu’ils disparaissent enfin : je savais que certains
d’entre eux seraient vêtus de blanc, et qu’ils partiraient de chez eux bien
avant minuit, condition sine qua non pour pénétrer le sanctuaire du
chaos sans se trop délier sa bourse.
Je n’ai vu
qu’une chemise, avant que l’appartement ne soit désert et noir, sur le coup de
onze heures puis, oubliant déjà ces séquences, je me suis plongé avec un
appétit quelque peu tempéré dans un film tant jouissif qu’idiot, pensant à ma
propre permanence : depuis quelques années, les individus se succèdent dans le
quartier, avec, pour chacun, une histoire différente, dont ne sont parfois
dévoilées que des bribes, et moi, qui suis fidèle au poste, toujours présent,
maître de l’esquisse, je me suis dépourvu de tous les oripeaux.
08 septembre 2009
Anti Gone
- La fête au
bord du lac était sublime : je n’y étais pas. Tu ne m’as pas attendu, je
le sais bien, portant ce tee-shirt d’esclave fondu sur la peau, un textile qui
n’est point millésime, et presque immortel. Je t’imagine fondu l’espace d’une
danse à quelques individus étranges, magnifiés par des substances hallucinantes
et pures, griffés pour la nuit, portant un toast avec les astres, sous ce vent
miracle qui annonce l’automne.
- Je t’ai
pourtant écrit pour que tu viennes, me rappeler à toi, avant que tu ne défasses
le nœud qui te retient à ta vie même, sous des étoiles usurpées. Où étais-tu
donc, toi qui refuse de me dire ton nom ?
- … (On ne
m’y prend pas : la magie n’est qu’un subterfuge, un déversoir à foi
pour qui se sent périssable)
- C’était… subliminal.
Seras-tu là ce soir ?
- Je ne serai
pas là ce soir, ni les autres soirs, j’ai, en quelque sorte, rempli ma part de
cet invisible contrat qui nous liait mais sache que j’aime discuter avec toi,
surtout depuis que tu n’es plus là. J’ai ce goût de menthe, dans la bouche,
parfois, ce goût de menthe qui me rappelle un nous qui n’a jamais existé.
- Serais-tu
triste, ou pessimiste ? Pourquoi ne viens-tu pas ?
- Parce que je
n’aime pas la menthe, les lacs, et ces bulles folles qui montent au ciel sans
jamais l’éteindre, s’éclatant à la lisière d’une bouche. Parce que les hommes
sont des animaux et que, malgré la science que je m’invente, je n’ai pas trouvé
lequel tu étais, d’animal, pour me commettre un peu plus : je devine
seulement les rites de ton espèce et ne souhaite l’adoubement.
- Il t’a brisé,
le dernier ?
- Il m’a plutôt
ramené à la vie, en quelque sorte, avec ses chantages honteux, ses raisons
pernicieuses, cette castration amoureuse écoeurante et aliénante ; quand
bien même il m’a donné cet instant romantique, ce baiser à la pointe de la
Presqu’île, où Rhône et se Saône se rencontrent, cela même, cette bribe de
roman de gare, s’est effacée tout d’un coup, le temps de jeter quelques mots,
comme on enterre un mort, un soir sans lune, à la lisière d’un bois.
- Aurais-tu
donc enterré beaucoup de corps ?
- Tu m’as
découvert : je suis le fossoyeur.
Tu me fais
bander.
04 septembre 2009
Animal Junkie
- Quel est déjà
ton prénom, ton prénom, mon beau, aux yeux effarants ? Moi je suis animal
Junkie et je t’invite à cette fête sans queue ni tête, un soir au bord du lac. Tu
viendras, dis, tu viendras ?
- J’ai de l’aube
en tête, et des idées de poésie. Ma mère est de nouveau au pays des prunes,
avec une voix de fillette. J’ai lancé des bonbons sur ma nouvelle stagiaire,
une jeune fille trop déterminée et jolie, qui pose pour de la lingerie, avec
aplomb, devant des cheminées, sur des peaux de bêtes, la peau nacrée, bardée de
filaments de dentelles noires.
- Mais ton
prénom, dis-moi ton prénom, je l’ai oublié.
- Je me
souviens de ton haleine mentholée et déjà j’ai envie d’oublier cet instant où
tu posais tes mains sur mes cuisses, d’un frôlement maintenu, terriblement
féminin. J’en aime un autre, et cet autre : c’est moi.
- C’est sans
doute le propre de l’homosexuel, de s’aimer, ou de se bannir.
- Ou les deux à
la fois, c’est sans doute la même chose, probablement, mais, ce n’est pas du
tout ça. Ce n’est jamais vraiment ça. Tu sais, animal junkie, il y a cet homme sauvage
avec qui j’imagine des coïts sur ma table basse, qui te ressemble un peu, et ce
garçon délavé, un jeune poussin que j’aimerais briser à loisir, et dont la
chair semble si tendre qu’elle est un crime - pour un végétarien. Il m’a donné
comme un joyau un clin d’œil malicieux, et il est à portée.
- Cela ne me
dit pas ton prénom.
- Il est comme
l’amour, mon cher animal Junkie : à réinventer.
31 août 2009
Teufel
Les démons
évitent de lorgner sur l’écran délétère, aux ondes point mystiques, d’idiotes
fictions sirupeuses qui pourtant les concernent : un renard tout gonflé
d’ego et terriblement maladroit s’en prend à une garce vêtue de noir pour
appartenir au pays des prunes et dédaigner son pelage plus crépu que soyeux. Il
lui lance cet ultimatum : on se voit pour parler de nous samedi ou dimanche,
lundi, ce sera trop tard. Certains trentenaires déguisent sur leur carte
d’identité une immaturité féroce qui les condamne face à la vie. C’est
pathétique - et délicieux.
La garce, quant
à elle, n’est point ébranlée par ces circonstances qui feraient pâlir toute la
Côte Ouest, vous imaginez bien : elle a trouvé, sans même s’en rendre
compte, la fameuse télécommande, seule capable de suspendre ce film ridicule qu’elle
regardait et dont elle était à la fois l’actrice principale, et la désolante
figurante, tout comme Marie et son célèbre poupon manufacturé par les hommes.
Synesthésie,
levée de rideau et apparence d’un garçon qui boit des jus de pissenlit, qu’on
appose à ce labyrinthe de chair par trop connu ; point de prière,
d’invocation, c’est un bus de métal qui le transporte, par l’immense avenue
dessinée d’un vent frais. La ville des lumières, ouverte, expose son obscurité,
cette architecture parallèle qui ouvre une nouvelle vie, de nouvelles
perceptions, et, dans ce décorum oublié, la résurrection d’une appartenance
certaine : liberté et rémission, dans un même mouvement.
Un ange levé
vers le ciel, ailes écartelées ; une descente au caveau se prépare, comme
un complot ourdi par d’étranges boissons vertes, ne distillant plus leurs
poisons ; tu es nouveau ici, je ne t’ai jamais vu, tu as des yeux
superbes. Ce sont les paroles prononcées par un diable cornu aux rides
altières, mâchoire carrée, qui mène l'ange courbé sous la voûte de pierre, dans une forêt
de néons violets qu'il ne voit même plus.
28 août 2009
Absurd
Certains
préfèrent suicider leurs facultés devant un écran un télévision. Sélectionner sur
un programme l’arme de sa mort cérébrale n’est désormais plus un luxe : on abat
des arbres pour cela. Et les ondes nous assaillent, qu’on le veuille ou non.
Pour qui ne regarde pas la télévision, ou du moins n’en est point captif,
l’absence de fiction laisse place à la vie, dans ce qu’elle a de plus laid :
point de maquillage, ni d’effets spéciaux, juste une vague lenteur, un dégoût
profond qui s’insinue dans chaque chose, une fatigue intense qui distille peu à
peu ses poisons ; l’attente d’un dénouement n’est pas prévue au programme.
Voilà une approche égocentrique : n’est-ce point là mon journal, après tout ?
Passons ! Je
m’allonge, nonchalant, sur mon canapé, abîmé par quelques coïts douteux, dans
le noir s'il vous plaît, me munissant de l’épaisse télécommande, pour choisir
ma station, dans l’ombre du bâtard, sinistrement abandonné, qui ne mérite plus
d’être mastiqué et qu’une certaine gêne, vis-à-vis du gâchis, m’empêche de jeter. Je m’arrête sur ce film, Absurd,
qui m’évoque vaguement quelque chose : serait-ce son titre universel, ou bien
son synopsis, qui éveille en moi l’idée que ce film-là pourrait m’apporter
quelque chose, qu’il me faut absolument le visionner. Au pire, j’aurais passé
une heure quarante-sept en compagnie de quelque chose de vaguement familier, nonobstant
les décors.
Absurde, donc.
Un film avec
Nicolaï, produit par 2 de tension production.
Synopsis :
Des horaires
tournants et l’absence de jours de congé consécutifs pendant des semaines ont
conduit Nicolaï à accepter de travailler 8 jours de suite, pour un total de 67
heures 30, gagnant ainsi trois jours de repos consécutifs : de quoi monter voir
sa mère, cancéreuse récidiviste victime, récemment, de quelques complications :
égarée pendant 24 heures alors qu’elle devait passer son IRM, elle a été
transfusée de toute urgence, quant à son programme d’irradiation, il est
reconduit par sessions, plus courtes, d’une ou deux séances : les prunes sont
devenues myrtilles, à défaut de disparaître. Désormais elle va mieux bien
qu’affaiblie, dans son appartement aux odeurs âcres et violentes, sur lequel
les fées du ménage ne se penchent plus. Elle porte désormais ce collier que son
fils dévoré par la fatigue - et la culpabilité - lui a offert, un collier avec
« ses » couleurs. Ce fils indigne est tellement fatigué qu’il a peine à aligner
trois mots et somnole à ses côtés. Le soir venu, il reçoit sur son portable un
texto de son petit ami qui, tragédien de basse extraction, le gavant de « je
t’aime » qu’il ne pense sans doute pas, lui apprend ceci, abstraction faite des
fautes d’orthographe qui jalonnent sa prosaïque prose : « n'ayant pas de copain
je suis triste je pleure tous les soirs dans mon lit. Je pense bientôt en
chercher un... ». Un parfum d’absurdité
et de dégoût entoure Nicolaï qui, finalement, ne tardera pas à s’éveiller de
cette torpeur atavique dans laquelle il s’était plongé des mois durant :
retrouvant enfouis en lui des pouvoirs qu’il le soupçonnait plus, il invoquera,
muni d’une kyrielle de bougies phalliques, Querelle, un démon sournois quelque peu humain, et gentiment malsain.
25 août 2009
Le Mausolée d'Astradyne
Au prise dès le
matin avec ce bâtard caoutchouteux qui ne satisfait pas à ma gourmandise,
victime de cette mise en bouche douteuse, je me remémore la soirée de la veille
: une panne de courant, car la nuit est vite tombée, l’emprunt de bougies au
bar d’en face et la descente à tâtons dans les sous-sols, à la recherche du
fameux disjoncteur, parmi une armada de boutons et disjoncteurs divers ;
j’avais senti, dans le noir, par delà une porte qui d’ordinaire est toujours
fermée et des pans de métal, une présence curieuse, sans doute étais-je animé
par une forme de paranoïa inconsciente, la création d’un mythe façonné de
toutes pièces, en express, par cette pseudo culture dont on nous abreuve, et
qui nous gouverne à notre insu :
J’étais passé
par là, la veille, avec notre nouvelle stagiaire, afin de lui faire visiter les
recoins les plus sombres, comme à la recherche d’un trésor, sous forme de billes
glacées ; elle avait dit que c’était là un décor de film d’horreur, et les
portes, avec hublots, ce genre de porte, soi-disant qu’elles existent dans tous
les films de ce genre. C’était, pour reprendre ces mots, « vraiment flippant ».
J’imagine pour ma part qu’il est possible de dénicher dans ce genre de lieu
bien des bâtards - et des cafards -, dans un quelconque placard, cela pour
animer et rassasier le désir de clients cafardeux.
Or
l’horreur commence à la maison
(N’est-ce
pas Claire ?)
Avec ce bâtard,
précisément. Qui reflète exactement le flétrissement d’une vie usuelle, qui
n’est point du domaine du rêve, régie par la dîme et le labeur et dont chaque
instant, chaque compartiment, s’est dévêtu de toute singularité : la fadeur
constante d’un plat de pâtes. N’importe quel ingrédient peut le relever, mais
les pâtes resteront toujours ce qu’elles sont : des pâtes. Fades.
Je cherche en
moi cet autre disjoncteur, pour faire péter les plombs, sauter l’installation,
faire dériver le courant, afin de me retrouver dans les ténèbres. Car je l’ai
dit, précisément, j’espère l’agresseur tapi au fond de moi. Celui-là seul est
capable de m’émouvoir, en créant bien des drames, des richesses, celui-là qui
n’est autre qu’un cadavre, dont l’Autre se repaît et qu’il moleste par des
critiques incessantes. Je devrais, sans doute, être heureux de savoir que
certains collectionnent les cancers comme d’autres des timbres, afin de pouvoir
diriger ma pensée sur quelque chose, ressentir quelques émotions par trop
violentes, souffrir, mais cette idée-là me dégoûte précisément. L’anesthésie au
déni, plus économique, est un suicide au gaz.
22 août 2009
Man Machine
Non pas que
Gaston soit un con : il n’est visiblement l’âne que d’une chanson. En
attendant, tu sais bien que j’ai d’autres projets : départ imminent au pays des
prunes, pour constater l’état des champs, agiter sans doute là-bas un mulot et
m’épancher dans tes sentiments bien trop violents pour moi : ai-je donc à ce
point besoin d’une secousse pour me sentir vivant, à nouveau ? L’homme ne
serait-il pas plus heureux à l’état de machine, sans conscience de cette
finalité pourtant évidente que nous épargnent vaguement nos modes de vie ?
Il est une voix
au téléphone qui sans cesse change : grave et pâteuse, molestée par des
glaires, ou bien alerte, comme un papillon fou : celle d’une petite fille
atteinte de la progéria et s’apprêtant à plonger ses mains squelettiques dans
une immense corbeille de bonbons ; une vanité des temps modernes que la décence
m’interdit de peindre.
J’ai toujours
aimé la peinture de Bosh, cette étrange fascination qu’elle suscitait,
provoquées par la rencontre du beau et du difforme, mais ce magnétisme ne peut
s’appliquer aux gens que l’on aime : les émotions incitées par l’art, que je
plaçais autrefois au dessus de tout, notamment des rapports humains, me sont
devenues étrangères et me semblent désormais terriblement factices.
Je passe
souvent par cette voûte obscure, aux odeurs d’urine, où je croise parfois
quelques silhouettes affairées, en quête d’un raccourci : si nos vies sont
ternes, sous cette voûte à peine éclairée, léchée par le jour caniculaire en
son ouverture, elles sont frôlées de l’ongle par l’angoisse : un rêve
d’obscurité se dessine alors en moi, et mes yeux se ferment, tandis que mes pas
battent la mesure. Je me surprends à rêver, parfois, d’un agresseur.
19 août 2009
Stay Longer
Avec lui, le
renard, je ne pense rien, allongé dans la sueur lacrymale de l’amour, et
pendant l’acte, je ne pense à rien, à rien d’autre que ce vide que nous
dessinons par delà nos corps, point aux morsures que nous commettons : cette
morsure à l’oreille, devenue usuelle, à présent m’irrite, elle qui
m’enchantait, masturbait mes sens, aiguisait ma soif ; nous avons tout, et nous
n’avons rien : cet état de vide me comble, lors même qu’il m’aurait effrayé, jadis.
J’envisage un peu, parfois, que s’émiette ma mémoire, comme le sperme sous
l’eau chaude forme de minuscules boules, des petites billes de tofu.
Tous les
animaux de la forêt subissent le joug de rites, dont certains ressemblent à des
danses et certains, ataviques et cruels, ordonnent des sacrifices : ce sont
parfois des pans entiers de personnalité qui se désagrègent, des châteaux de lumière
qui tombent en poussière. Lui m’a donné une glace italienne : elle a coulé sur
ma langue et mes doigts. Puis m’a liquéfié. Chacun des rites imposés à la
logique comme unité de sens à deux ne me convient pas, si ce n’est ceux que
j’impose, en fonction de mes fantaisies, or, dans l’œil du cyclone, je n’ai
plus de fantaisie : je suis résigné et terriblement loin de mon corps, de ce
qui l’anime. Pure vérité que celle-ci. C’est ainsi seulement que je peux aimer.
De la broderie,
autrefois, j’exécutais l’ouvrage, d’une aiguille légère, parfois un peu lourde,
toujours cruelle, tissant malgré tout les figures que je m’imposais, des
géométries qui me semblaient évidentes. Mon corps, en pièce d’artillerie, ou
vaste pion de jeu d’échec, s’articulait autour de cet ouvrage auquel je donnais
tous les noms, lequel est devenu cette toile d’araignée de laquelle je suis
tenu captif, inexorablement, par chacun des pores de ma peau, victime et
araignée, bourreau émasculé par sa saignée : les tisserands ne sont finalement
pas tant des Dieux. Je repose désormais dans un cocon, un bien doux cercueil,
au côté d’une chair propice à l’éclatement, attendant des réponses à des
télégrammes que je n’ai pas envoyés ; et cependant, ne m’appelle pas
Gaston !
02 juillet 2009
New Christ - En arrière et contre le Vent
Le pouvoir de
la mort est fascinant : ces dernières années, de son vivant, Michael
Jackson, prétendu king of pop, succube interstellaire et égomaniaque
(Jubilation que de « lire » le petit livret fourni avec sa
compilation HIStory), était décrié, molesté de toute part, par disons 7
personnes sur 10 - soyons gentils avec les dead - et voilà que mort, par un
phénomène d’hypocrisie collective, à échelle mondiale, grotesque eggregore, il
devient un saint, de nouveau à la mode, le sujet de conversation numéro un,
plus important que les morts anonymes qui se produisent souvent par ces temps,
dans les avions un peu zélés, alors, quand on parle des morts en provenance des
dits avions dégringolants, au travail, je dis qu’une seule chose est
sûre : Michael Jackson n’était pas dedans - afin qu’il soit dans toutes
les conversation relative au phénomène naturel inévitable qu’est la mort, que n’évitent
visiblement pas toutes les rhinoplastie de la terre. Voilà, shame, j’ai parlé
de lui, dont je me fiche éperdument et dont l’envahissement sonore, anytime,
anywhere, anyplace, n’éveille en moi aucun sentiment suffisamment fort pour
créer une note, si ce n’est une vague lassitude, et donc, j’ai parlé de lui
comme tant d’autres, qui nous imposent également cette mort par flatulences
sonores ou hommages dégoulinants de miel ; car ce n’est point dans le
silence qu’on brise une chaîne. Une chose est sûre cependant, et désormais
acquise : sa musique binaire et clinquante est son incarnation zombie et, malheureusement,
nous survivra, comme la plupart des choses qui ne sont pas authentiques.
18 juin 2009
Foxy Boy
Petit, petit, petit :) Viens voir maman !








