QUERELLE

Journal intime, mais non confidentiel, de Nicolas Raviere, où il est question de toute autre chose, parfois, que de simples querelles.

05 janvier 2010

Reliquat

Lui : et toi alors les extraterrestres, tu en penses quoi ?

Moi : je pense que tout est possible, vu que l’univers est infini.

Moi : cependant je pense pas qu'ils ressemblent à comment ils sont représentés. Ca peut être des lapins géants avec des cornes, des trucs comme ça.

Et maintenant que tu as la preuve tangible que je suis de la même planète, désires-tu t’adonner avec ma personne à la fornication ?

03 janvier 2010

I Drank a beer and I wanted to Fuck

- et l’homme devrait être un taureau sévèrement burné ? Oh oui, grave, sévèrement burné. J’ai bu une bière et j’ai eu envie de baiser là, direct, tout de suite, je crois que les meufs l’ont compris, là, qu’il y avait de l’envie de baise dans l’air, car elles se sont cassées, à une autre table, elles se sont barrées, avec leurs nibards, leurs ceintures cloutées, leurs brushings de blondasse estudiantine parfumé à la mauviette de sucrerie. Mais j’avais envie de baiser moi, tu comprends, parce que parfois la libido est hors contrôle et que parfois on ne choisit pas mais c’est le sexe qui choisit, la bite qui commande, et il faut provoquer la collision mais provoquer quoi avec cette erreur monumentale de casting, cette erreur fatale de listing, qui frôle l’émasculation mentale ? C’est dans l’air, c’est dans l’air, c’est SFR.

I drank a beer and I wanted to fuck mais je n’étais pas saoul. Il m’en faut plus, pour être saoul, beaucoup plus mais l’on pourrait croire que j’étais saoul, parce que j’étais avec toi, de nouveau et que j’aimais bien ça, en fin de compte et plus encore ton air monumental débraillé. Mais je ne planifie rien, attention. Il ne s’agit pas de croire au père noël alors que celui-ci est déjà passé, qu’il a glissé sa bedaine dans toutes les cheminées possibles et impossibles, usant et abusant de gel intime, pour glisser dans les tunnels obscurs et fondre sur la braise, nous laissant - quelle générosité ! - quelques lutins sexy mais fatigués, comme hors d’œuvre, pour s’astiquer à l’ombre du soir. Et l’envie de baiser, concède-le au moins une fois, est multi directionnelle.

Il fit les yeux ronds quand il a su que j’avais quelqu’un, ces derniers temps, mais je n’ai pas mentionné que j’aimais beaucoup ce type, avec ou sans guitare et viennoiseries, j’ai dit 36 15 je suis l’héroïne de ma propre merde : ce mec, il était grave dans son trip, il croyait qu’il avait raison sur une chose mal interprétée, et il m’écoutait pas, il m’écoutait pas, bordel, j’ai dû tonner, mégère, qu’il était un petit con, histoire qu’il réagisse et m’écoute trois secondes, mais mes arguments, il en n’avait rien à foutre, parce qu’il était dans sa raison, et n’écoutait que sa voix, ce qui est en accord avec elle. Je me demande bien pourquoi, alors, il voulait être avec moi, pourquoi il est venu me chercher, poser ses mains sur mes épaules, sa bouche sur la mienne, si ce n’est pour me mettre une burka mentale et me promener un peu partout comme un canidé à poil ras, un tamagotchi au houblon, un pokémon dressé pour le silence ? Il disait, en outre, que ce que j’écrivais est une perte de temps, ouais, une perte de temps parce que la fiction ne sert strictement à rien, et que, bouh, pleure pas Jeanette, je n’étais pas suffisamment là à son goût, pour lui tenir le crachoir, la main et la queue : hé quoi ? Jamais il ne venait chez moi, tu parles d’une histoire, nous passions notre temps chez lui, asphyxiés par sa cigarette, nous passions notre vie à courir les bars, pour d’autres bières, et d’autres kirs, et d’autres bières dans des endroits où les hétérosexuels n’ont pas droit de cité, parce que la normalité bla-bla et re bla-bla. MAIS ON MANGEAIT BIO. ON MANGEAIT BIO, TU VOIS.

[ Pourquoi faut-il que chaque garçon que je rencontre se mette à chicaner sur des futilités telles que celles-ci, pinaille à n’en plus finir, jusqu’à couper le désir dans son fondement, jusqu’à émasculer le besoin de le voir, de le revoir, et de baiser, de rebaiser ? Pourquoi faut-il se justifier du moindre déplacement d’atome, dès lors que l’on a joui ? ]

Bon, je vois que tu fais moins les yeux ronds, mais tu m’as demandé alors je te raconte, mais je ne mentionne pas cela, évidemment, que j’ai envie de m’adonner subrepticement à la fornication, que j’ai des idées de coït plein la tête et je crois que la dernière chose que je recherche à présent, c’est d’avoir un petit ami, un petit copain, un compagnon, un chien, une chienne, appelle cela comme tu veux, que là, ce que j’ai envie, tu vois, c’est que tu m’attrapes - attrape-moi si tu peux - et fais moi taire une bonne fois pour toute, à l’étouffé, et dans le noir.

02 janvier 2010

Goodbye 2009 / Hello 2010

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2009 s'est terminé et, bilan, cette année-là, je n'ai rien écrit, outre une auto fiction avortée, et le présent journal Querelle(S) et malgré mes quelques anciennes œuvres prêtes pour être éditées, je n'ai rien publié. Soit. Il est vrai qu'un travail à temps complet n'aide pas et que les événements prennent parfois des tournures qui bloquent l'inspiration et l'envie d'écrire ; je n'ai toutefois pas chômé, ces deux derniers mois - allez, un peu de pub :

J'ai réédité mes 5 romans (Disconite, L'Enfance d'une Garce, EX Nihilo, Goran, Les Protubérances) via TheBookEdition, une plateforme qui propose des ouvrages de meilleure qualité, des tarifs moins chers et des frais de ports enfin abordables, France oblige.
J'ai également réédité mon recueil de nouvelles gays Nuits Closes, ainsi que la première partie de mon journal Querelle(S).

Le seconde partie de Querelle(S), ainsi que mon sixième "roman" Dramarama (que l'on peut voir ci-dessus, et ci-dessous sur les photographies) sont en cours de correction et sortiront l'année prochaine, avec le recueil de poésie prévu pour cette année (datant de 1995, corrigé) et une anthologie de nouvelles datant de 1993 à 2000 (en cours de correction.) également prévue pour 2009.

Toutes ces œuvres sont et seront à l'avenir disponibles à cette adresse, ainsi que les suivantes, encore à l'état fœtal, avec leurs descriptifs respectifs, ainsi que des extraits :
THE BOOK EDITION

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Je pense également m'occuper de mon site, laissé à l'abandon en 2008 / 2009.

Voilà pour clore 2009, de mon côté et... ouvrir 2010. 

Bises et à demain pour la prochaine Querelle :)

30 décembre 2009

L'Ambivalence des Succubes

Comme nous savions que c’était bientôt la fin, la fin inéluctable de mon aliénant contrat, les naïades de la propreté m’ont invité moi, après la fête du personnel, où l’une d’entre elle, dans la salle verte striée de fleurs abjectes, s’est frotté contre mon sexe mou et éreinté, pendant que l’autre mimait un morceau saugrenu, mais vertigineux, au pipeau, une flûte imaginaire, tandis que défilaient, à la queue leu leu, une quantité de tubes décédés - et cependant immortels - des années 80. Un grand cru pour déhancher nos culs.

Nous rîmes à nous décrocher la mâchoire, sous les nappes de synthés pâteuses et enlevés, les voix ringardes et sensuelles comme des boîtes de cassoulet, oh nous rîmes tant que les avances forcenées à mon endroit, qu’elles fussent réelles ou ordonnées par un abus de spiritueux, me firent accepter l’invitation dans l’antre de l’une d’entre elle, la plus raisonnée, d’une gentillesse certaine : nos boîtes de chocolat sous le bras, partant dans la nuit, esquivant toutefois le traquenard d’une soirée en discothèque, nous nous séparâmes, à l’aube d’une nouvelle traite de blanche, où un homme point tout à fait homme serait violenté par des femmes démoniaques, carburant au rosé et au nem. 

Je n’ai pas trouvé, la semaine suivante, l’entrée de l’immeuble : j’ai fait le tour entier de l’imposant blockhaus, pour trouver une porte suspecte, légèrement entrouverte, pour enfin monter à tâtons dans l’escalier, espérant qu’une porte d’entrée s’ouvre, dévoilant l’appartement que j’étais censé quêter, car il n’y avait point d’indications tangibles, sur la boîte aux lettres de la gente demoiselle ; je fus saisi, pénétrant la salle à manger, de l’accueil sympathique et courtois qui m’était réservé, heureux de passer une soirée avec ces femmes que j’ai côtoyées chaque jour, quelques minutes précieuses, dérobées à ma fonction, puis, effrayé, le temps et l’alcool faisant son œuvre, du dérapage incontrôlé de la soirée, où il me semblait parfois, par jeu, devenir un morceau de viande pour deux de ces femmes, qui tournaient autour du fécès qui leur était présenté, avec toute la dévotion et l’acharnement d’une mouche.

Ces femmes ne savaient visiblement pas - et elles étaient bien les seules, sur mon lieu de travail - que j’étais membre du grand bâtiment d’argent et, comme l’une d’entre elle m’aimait bien, deux autres, entre deux verres de rosé, me capturent et me saisirent les bras, pendant que l’autre s’acharnait, mante religieuse, à me dévorer le cou, copieusement, me déboîtant la carotide par sa succion forcenée : jamais suçon ne fut si douloureux, si violet, de quoi marquer au fer rouge plus d’une semaine ma peau blanchâtre ; et celle-ci, cette succube, démone d’une morgue, s’est assise sur moi, sur moi, qui riais, effaré, effrayé ; on me força ensuite à danser, devant une webcam camé à la pixeline, sur l’écran de laquelle un homme bedonnant et anglais nous observait et me disait, groggy de désir, « how lucky you are » ; on se frotta à moi langoureusement, à m’en déboîter les hanches.

J’étais, présentement, à cette soirée, une femme au milieu d’hommes en rut, une femme livrée en pâture à des bêtes sauvages, une créature gracile et sans défense, vaguement docile, qui subissait, jambes serrées sur le sofa, les assauts forcenés d’un karaoké chinois qui vrillait mes tympans, tant les voix puissantes tintaient comme des cloches fêlées, à l’allure des bulles de ma coupe à moitié, vide à moitié pleine ; et c’est mon sexe que je protégeais des caresses violentes, comme des coups, qui fusaient à l’entrecuisse et point ma croupe : quel monde étrange, comme inversé ! Alors, je me suis réfugié, par dépit mais aussi par envie, dans les bras de la plus douce, celle qui me laissait tranquille, mais riait de ma sulfureuse agression. Car, au risque de passer pour misogyne, ou quelqu’un qui apprécie les normes relatives aux rôles que nous sommes censés jouer et ce que nous sommes censés refléter dans cette société mutagène qui nous dissocie chaque jour un peu plus, les femmes, à mon sens, ne peuvent qu’être douce et sensuelle, lors même que forte, avec un caractère plus fort que tout, si ce n’est que la mort, qui, des femmes, est évidemment la plus despotique. Douce et sensuelle donc. Ou alors, qu’elle s’achète des poils.

C’est avec cette femme d’une douceur agréable, véritable oasis dans cette cacophonie de râles et de gestes, que je me suis réfugié, posant ma tête sur son épaule, réchauffant ses mains froides, en les enfermant dans les miennes, en les frottant énergiquement, ce qui me semble être mon rôle ; ce qui, évidemment, ne me ressemble pas. Quand je l’ai pris dans mes bras, j’avais l’impression curieuse d’être puissant, solide, d’être ce qu’on appelle un homme - et non un garçon. C’est aussi avec elle que je suis resté coincé dans un ascenseur : le vilain fantasme ! Une situation qu’il m’aurait plu de connaître avec un homme, juste après une soirée, pour se découvrir un peu plus : il aurait été bon qu’un homme me pousse avec violence sur les boutons éteints, et procède dans le sens du sexe. Car c’est aux hommes de le faire.

 

11 novembre 2009

En attendant NiKo III

Acheter EX Nihilo Acheter L\'Enfance d\'une Garce

Voici la suite de mes rééditions sur Thebookedition, plateforme d'auto édition française. Ici, L'Enfance d'une Garce et EX Nihilo, respectivement mon second et troisième roman.

L'Enfance d'une Garce

Joséphine n’est pas une enfant comme les autres. Dès l’âge de quatre ans, elle a une étonnante conception du monde et des choses qui l’entourent : elle n’aime pas sa mère, ni les gens du village, elle parvient à faire renvoyer la bonne, déteste les autres petites filles avec qui elle refuse de jouer, torture son chien, ignore sa petite sœur, n’éprouve absolument aucune peur vis-à-vis de la terrible institutrice ; puis, un jour, poussée par la curiosité, elle découvre un nouvel univers en se liant d’amitié avec le nouveau voisin, Monsieur Arnauty, un professeur de piano que les gens du village méprisent et appellent « l’inverti ».

Le livre L\'Enfance d\'une Garce

EX Nihilo

EX Nihilo : rien ne naît de rien. Et pourtant... Point de départ : après huit ans d’absence, Christophe, ancien étudiant alcoolique et communiste, revient du Soudan. Il désire revoir Simon, à qui il n’a jamais donné signe de vie depuis... Simon ne se souvient qu’à peine de lui, mais peu à peu, au fil des heures et des coïncidences, l’histoire se reconstruit d’elle-même.

Après Disconite et L'Enfance d'une Garce , Nicolas Raviere explore de tout nouveaux concepts et univers pour ce troisième roman qui se passe cette fois-ci entre Lyon et Dijon et mélange habilement les genres narratifs (autobiographie, auto fiction, théâtre, ainsi qu'une version revisitée façon "gay" du célèbre conte "Le Petit Chaperon Rouge"...).

Le livre EX Nihilo

Toutes les rééditions de mes livres ici :

NICOLAS RAVIERE CHEZ THEBOOKEDITION

03 novembre 2009

En attendant NiKo II

Suite - et presque fin - des Rééditions :

Acheter Nuits Closes

NUITS CLOSES (nouvelles)

Du conte de fée à la backroom, de la forêt aux chambres d’hôtel, du Moyen Age à nos jours, autour d’un piano ou d’une musique techno, de l’ouverture d’une boite de nuit à la fermeture d’un squat, de l’histoire vraie à une curieuse mise en scène pour une télé réalité sordide, prétextant un curieux concours de danse, de la rencontre furtive dans un tramway à l’amour Absolu, de la présence à l’absence, et, forcément, du rire aux larmes, 21 histoires gays et plus encore de garçons à enclore dans la nuit.

Le livre Nuits Closes


Résumés des 21 nouvelles qui composent le recueil Nuits Closes :


La nuit close : Ou la vision schématique d’une nuit de drague en boite.


*


La peau de Karim : Karim, un adolescent de la banlieue parisienne, se refuse de vivre son homosexualité.


Le fils du Boulanger : Michael, le fils du boulanger, habite dans un village de trois cents habitants, auquel il cache, comme à sa famille, son homosexualité, jusqu’au jour où sa sœur, trop curieuse, découvre son secret.


Transparence : Alexandre, un garçon que personne n’a jamais regardé, absolument transparent, tente sa chance dans un lieu de drague pour tester son potentiel de séduction.


6X7 : Yannick D. recherche comme beaucoup le mec idéal. Comme tous, sa quête de la perfection passe par des impératifs, des critères de sélection plutôt drastiques. Le sien est unique, et mathématique : il aimera le mec qui, sans réfléchir, saura répondre sans même réfléchir à cette simple question mathématique : 6X7.


Premier soir : Ludovic découvre pour la première fois le monde des boites de nuit, en compagnie de ses deux meilleurs amis, Kevin et Romuald, deux joyeux drilles que rien n’arrête.


Dédalus : Ou la soirée d’un homme lambda dans un sex club labyrinthique. Trouvera-t-il la sortie de ce labyrinthe de Chair ?


Au château de MorteFleur : Il s’agit ni plus ni moins d’un conte relatant, ma foi, le parcours et les épreuves d’un prince dont la quête est de retrouver l’antédiluvienne princesse d’un royaume voisin, pour la réveiller avec un baiser, dans le plus grand respect de la légende… sauf que comme c’est un conte gay, ce n’est  donc pas tout à fait comme cela que cela doit se passer...


Le pianiste : Un jeune homme s’éprend de la musique d’un pianiste qui, dans l’appartement d’en face, le fait rêver avec les superbes mélodies qui, chaque soir, s’échappent de son piano. Aimera-t-il tout autant le pianiste ?


Le garçon parfumé à la menthe : Dans le tramway, chaque matin, le narrateur aperçoit le troublant garçon parfumé à la menthe, lequel a transformé sa vie par sa simple présence. Mais un jour, sans crier gare, celui-ci disparaît…


Pharien et Antorfas : Du destin tragique de deux chevaliers du Moyen Age, épris l’un pour l’autre et négligeant leur Dame.


*


Histoire d’un morpion : Tribulations et considérations d’un morpion.


*


Le sorcier et la vierge de Fer : Un homme solitaire, célibataire depuis bien trop longtemps, en rencontre un autre qu’il décide de séduire en utilisant la sorcellerie.


Une si séduisante réalité virtuelle… : Julio, un gay esseulé, découvre, en achetant un ordinateur et en se reliant à internet, un nouveau monde qui le captive puis le happe.



Jeunesse Eternelle : Une nouvelle crème révolutionnaire permet à quiconque de retrouver son aspect d’antan, la jeunesse absolue, et parfaite. La promesse en sera-t-elle tenue ?


La Fabrique de mecs : Mec maker est un site révolutionnaire qui permet de commander un mec créé sur mesure. Antoine, séduit par le concept, commande lui aussi son homme idéal, qu’il fabrique lui-même de toute pièce, étape par étape.


Arrêt sur image : Deux jeunes hommes se rencontrent dans un parc et tombent amoureux l’un de l’autre.


Dance or Die : Cette nouvelle nous plonge dans une étrange émission de télé réalité dont l’alternative est des plus simple… il s’agit de danser ou… de mourir.


Le Manège de Chair : Après avoir pensé faire le deuil de sa mère, morte il y a deux mois, un homme décide à nouveau de sortir et conjurer cet ennui, ce profond mal-être qu’il ressent. Rencontrant un homme dans une boite de nuit, il devient une sorte d’objet sexuel inactif, englué dans des faits qu’il ne maîtrise plus, alors que cinq hommes profitent de son corps.


Rupture : Xavier et Yanis se séparent, et cette séparation, qu’ils vivent d’une façon différente l’un et l’autre, n’est pas sans conséquences sur leurs modes de vie.

*

Notre Drame des Fleurs : Les derniers instants de Notre Drame des Fleurs, prostitué.

26 octobre 2009

L’Expérience du Vol (Spécial Biennale d'Art Contemporain)

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(Ou l’on apprend que Querelle vole un livre, pour amour de l’art.)

A la lecture de ce nouveau titre, de ce billet qui d’ores et déjà s’étale, tu peux te demander, lecteur, si j’ai terminé ce roman ou plutôt devrais-je dire, cette autofiction, qui m’a fait clore un peu précipitamment, il est vrai, la seconde partie de Querelle, me permettant enfin de renouer, pour un troisième round approximatif, avec mes confessions éloquentes et stériles. Et bien, tu te trompes, tu te mets le doigt dans l’œil, et bien profond ! Une expression des plus stupides puisque cet ove n’est point orifice.

Je souhaitais simplement partager une expérience, une somme d’anecdotes, nées de ma rencontre avec cette dixième biennale d’art contemporain, laquelle m’a quelque peu déçu : quand bien même cette manifestation propose une réflexion intéressante sur les spectacles du quotidien, notre place par rapport au monde qui nous entoure et qui se joue avec nous, et malgré nous, quand bien même notre guide dévouée (puisque de par mon métier, j’ai été malgré moi partenaire de la biennale et j’ai dû subir quelques caprices d’artistes plutôt mal venus ; ce qu’on dit sur les artistes et leur ego n’est jamais totalement faux, mais halte aux digressions (…)), a su captiver mon attention, me faire réfléchir à une somme de choses qui ne sont point étrangères à ma condition, à mon passé, à ce que je rejette, dans cette société, cette biennale, malgré tout, n’a pas captivé ma curiosité dans le sens où ce que j’attends de l’art n’est pas un constat, mais une vision, une esthétique, et, puisque je suis un peu cérébral à mes heures perdues, des concepts.

L’art doit m’émouvoir ou me questionner, pour me séduire.

Une seule œuvre, dans ce capharnaüm cafardeux, m’a séduit, laquelle repose évidemment sur un concept, laquelle est ludique, à l’image de la huitième biennale (ayant pour thème l'expérience de la durée), qui, elle, m’avait pas manqué de m’enchanter : l’œuvre de Dora Garcia, une simple table basse blanche d’un genre commun, que l’on trouve à loisir dans les grands magasins suédois, une table sur laquelle trônent, alignés, de petits livres noirs, bardés d’une grande inscription blanche qui lance une invitation des plus curieuses, aux parfums acidulés de violence :

Steal this book (Vole ce livre.)

Voici qui attise, donc, la curiosité ; j’hésite donc à m’emparer d’un de ces livres : cela pourrait éveiller la curiosité de l’étudiante juchée comme une perruche sur son présentoir, laquelle pourrait me confondre, par cette invitation, avec un voleur : elle ne peut point deviner, par ma simple mise, que le livre est pour moi l’objet le plus sacré qui soit, le compagnon idéal qui, s’il n’a point les attraits de la chair, devance, par ce qu’il est nourriture, bien des décérébrés. Néanmoins, malgré cette appréhension, je commence à lire cet insolite objet et son invention m’enchante : dès les premières lignes, on nous suggère de le dérober, de devenir malhonnête, ce à quoi je ne puis me résoudre ; aussi demandai-je à la jeune fille haut perchée si je pouvais prendre ce livre.

Elle acquiesça d’un air un peu trop malicieux pour être honnête.

Quelques minutes plus loin, alors que je tenais fermement mon exemplaire, une autre étudiante, du genre sortie de sa campagne pour étudier les lettres modernes et future bobo en puissance, se rua sur moi pour me conjurer de reposer ce livre, que je feuilletais avec délectation, en marchant aux côtés de mes deux collègues : mes vaines supplications ne firent rien. Cette vile créature me menaça d’appeler sur le champ les gardiens. Bouh. Si encore il y avait une prison avec de jolis matons en sus, des barreaux en métal froids et sexy, mais non… J’ai donc reposé bien malgré moi ce satané bouquin.

Curieusement, à la fin de la visite, quelque chose en moi me suggérait d’y retourner, pour en dérober un exemplaire, c’est alors que je demandais à la guide si elle ne connaissait pas un moyen détourné pour m’en procurer un, sans engager l’acte de vol, sans commettre de délit autre qu’une ruse un peu grossière, mais parfaitement licite. La réponse fut non. Retournez-y et pliez-vous au concept. Un concept… la manifestation d’une liberté qui enferre celle d’autrui, pour qu’il le saisisse tout à fait dans son entier.

Je rebroussais donc chemin, retrouvant bien malgré moi l’exposition avec l’une de mes collègues et je me suis surpris à demander, d’une façon un peu trop précipitée, à la fille à l’entrée, chargée de vérifier nos billets (manifestation de mon inconscient rejetant l’idée farfelue que je puisse voler) : « Où sont les livres qu’on peut voler ? ».
Ma collègue se mit à rire, la fille à sourire béatement. Quant à moi je murmurai, plaçant contre mes lèvres un de mes doigts : chuuuuuuut. Et peaufinai dans le même temps ma stratégie :

Ne souhaitant pas voler le livre de mes propres moyens, je m’entêtais à convertir ma collègue en voleuse, ou du moins, faire d’elle ma Complice.

Je lui priais donc de faire diversion, ce qui ne fut pas nécessaire : un groupe suivait une autre visite guidée, parmi lequel nous nous mélangeâmes sans trop de mal, afin de dérober, chacun de notre côté, un exemplaire de cette diablerie de papier, or, l’étudiante perruche, toujours juchée sur sa haute chaise, nous avait vu venir de loin, elle m’avait reconnu ainsi que ma collègue, qui, avec son immense gilet rouge et ses bottes ocre jaune, détonnait dans le paysage. Perruche demanda à ma collègue de restituer l’ouvrage, tandis que j’en planquais un, de mon côté, que je glissais en toute hâte dans des fascicules lacérés du X de cette dixième édition.

« Vous aussi, là bas, le grand avec la veste, vous reposez le livre ! »

Je maugréai d’un air débonnaire que ce n’était pas juste puis me retirai avec ma complice, décidé à ne pas en rester là, n’acceptant pas d’essuyer une aussi cuisante défaite. Aussi commençai-je à surveiller les actes de cet oiseau estudiantin aux allures de buses, à la façon d’une série b. Or, à chaque fois que ma tête dépassait du coin de mur, celle-ci regardait en ma direction et me voyait disparaître aussitôt.

Nous essayâmes alors de l’encercler mais il faut croire que je ne suis pas rompu à l’art de l’espionnage. Capitulant je proposais à ma collègue de lire le livre dans son intégralité afin de me le procurer, la possession n’étant pas, chez moi, nécessairement matérielle. Elle a probablement pensé que j’étais fou, et puis n'avions -nous pas convenu d'aller au restaurant ?Il fallait donc renoncer à cette énième tentative d’appropriation.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais non, un miracle se produisit : personne d’autre ne menaçant son trésor de papier, la gardienne s’est levée et, malchance de poisseux, se dirigea vers nous. Je lui lançai, d’une voix enjouée :

« C’est pour quand la pause pipi ?
- Y’en a pas, répondit-elle, amusée. »

Peut-on réellement tout avoir, quand on se sert de sa volonté ? Il faut croire que oui, car elle nous proposa de voler le livre : personne ne surveille, confia-t-elle enfin, allez-y. Ma collègue, sans plus attendre, complice idéal en crime à la ville comme au boulot, se rua sur le livre, qu’elle planqua aussitôt dans son sac à main et nous filèrent, amusés tels des enfants mais, contrairement à ma collègue, je ressentais comme une pointe d’angoisse, une légère incertitude :

« Tu crois qu’il y a des caméras ? »

Un peu plus loin, dans un coin sombre et désert, pour être certain que son sac ne soit pas fouillé, je lui soumettais une proposition quelque peu farfelue :

« Je peux mettre le livre dans mon slip, personne le trouvera au moins ! »

L’angoisse était là, palpable, d’autant plus tangible, et saisissante, quand il fallut repasser devant la gardienne informée de mon dessein, à l’entrée. J’ai vu la sortie, cependant, à quelques mètres de l’entrée, mais je n’ai pas voulu me dérober ainsi, et, curieusement, au risque de perdre le livre, j’ai préféré braver le danger ; rien n’y fit : nous passâmes d’un air entendu, et la sphinge gavée de MTV, elle, était visiblement amusée de mon forfait.

Ce livre trône désormais sur une autre table basse blanche et synonyme, acquise, je confesse ce manque de goût, dans un grand magasin suédois, où, parmi d’autres breloques et quelques ready-mades improvisés, il n’apparaît plus avec autant d’évidence, de provocation. Je me demande désormais si, maintenant que je possède ce livre, et qu’il est désacralisé de par sa nature seconde, je vais en son entier le parcourir, que dis-je, le lire, pour me l’approprier d’une façon qui soit plus rationnelle, et attendue. Une question qui, sans doute, n’appelle pas de réponse.


[Challenge : toi aussi, lecteur, empresse-toi de dérober ce livre, raconte comment, et prends-toi en photo avec. Un telle chaîne n’est pas promise à un bel avenir mais qui sait...]

23 septembre 2009

7 Orifices

Tata Jacqueline, une invention virtuelle débile moins lourde que la Bible et cependant plus évidente m’a conjuré de ne point me mettre à la plongée sous-marine, et de ne point côtoyer le grand café des requins blancs, aussi me dois-je de renoncer à sonder mes abysses, sous peine de m’y noyer. Ou pas. Telle est la pulsion de mort, qui chaque jour combat son avatar, qui la façonne.

Foin des cercles vicieux : j’ai trop parlé de cela de par le passé et Lui, que j’ai frôlé de mon corps, n’a point effleuré ma plume acérée : parler de l’homme avec qui l’on partage quelque chose serait, d’après mon expérience ridicule, condamner le bonheur possible entre ces entités complices, de même que parler du futur roman le voue à ne point naître - il est impossible, en outre, de se prévoir une destinée.

Et puis, si j’ai dit que nous étions tête-bêrche, lui and me, j’ai menti, je l’avoue ; l’écriture n’est-elle pas mensonge, la littérature un palimpseste ? L’écriture n’est-elle pas une pollution, une émanation de l’esprit filtré par une confluence d’espoir et de cynisme, un entrelacs de points de vues, une construction plus qu’un constat ?

- La bouche, quoi qu'il en soit, n’est qu’un orifice

Sa bouche est un gouffre mou.

La maladie s’y dessine, insidieuse, au bord de l’orifice ; certains clients qui ne viennent pas sont victimes de la grippe à la mode, qui d’un coup les démode. Un client a même disparu dans l’Orifice du temps.
Depuis hier, m’a avoué la secrétaire, nous n’avons pas réussi à le joindre. Il a disparu.
Nicolas Raviere a disparu lui aussi, ses amants sont calcinés, dans la fosse sceptique de ses pensées. Ses amours renaissent certaines nuits, comme des fantômes, le frôlent dans des rêves tragiques, sans queue ni tête, sans orifices.

L’envie de plaquer la salope sur la photocopieuse est réelle cependant, mais anecdotique.

On honore moins les morts que les culs.

Un jour peut-être je comprendrais le lien qui m’unit à ces existences confuses, qui cherchent en moi quelque chose de saint alors que tout en moi respire la pourriture, le fécès ; un jour, sans doute, je vengerais cette fortuite disparition du temps, ce trou noir qui m’a absorbé, parce que je suis une arme, une arme en mouvement, qui n’a pas trouvé son point d’impact, mais prend conscience, peu à peu, de sa puissance.

- Mon cul !

14 septembre 2009

Les Corps Blancs

La white party était grandiose : je n’y étais pas. Je visionnais cette fiction douteuse, un peu du genre à émoustiller John Waters, et rigolait, lové dans mon sofa, presque nu, presque indécent, presque conscient de cette attente un peu sordide, maintenant que certains mécanismes sociaux, mis en branle par des accointances fantomatiques, se sont enclenchés et que l’écriture, cette salope amovible, m’est revenue, après m’avoir été confisquée par mes propres démons ; c’est un second corps qui fond en moi, avec toute la passion d’un premier amour.

Sous un soleil déclinant, dardé au crépuscule sous l’œil d’hommes dénudés, papiers glacés, les visages vieillissent, les corps ne sont plus si fermes mais les regards pétillent ; les invitations se font et se défont avec un certain maniérisme ; on sent là plus insidieusement le sexe, qui n’est point mentionné, caché, et qui suscite plus encore d’envie, de même que Dieu n’est pas visible et cumule les fidèles. Devrais-je te mettre en garde et te dire ce que tu sais déjà : l’imagination est une lame cruelle, meurtrière, qui n’est bonne qu’à te pénétrer, pour te laisser tel un cadavre, vide de toute substance ? Ta gueule.

[ A l’heure où les SMS deviennent des missives, les cœurs conquis déchantent déjà, processus cruel ; tout ça, c’est comme les fleurs, nous sommes incapables de fleurir une saison entière. ]

Je voulais, la nuit dernière, m’endormir avec une peluche, étreindre cette boule de poil synthétique, plaquer mon visage contre la surface de son corps, une coutume qui m’est étrangère, mais le sommeil m’a saisi avant que je ne m’en empare, a fait de moi son esclave, pour quelques rêves étranges, dérangeants, intermèdes violents. A six heures du matin, diable cornu m’a envoyé par satellite un message, m’appelant « joli lapin », mais je n’ai point trouvé chez moi de carottes, seulement deux longs navets, longs comme des missiles. Malgré mes efforts, je ne parviens pas à être ordinaire. C’est avec entrain que je cherche l’antidote sous ces formes les plus pures - de la poudre à perlimpinpin ?

Meet M Myers

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Querelle confesse à 11:23 - Confessionnal [3]
Autopsie : ,
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