02 janvier 2010
Goodbye 2009 / Hello 2010

2009 s'est terminé et, bilan, cette année-là, je n'ai rien écrit, outre une auto fiction avortée, et le présent journal Querelle(S) et malgré mes quelques anciennes œuvres prêtes pour être éditées, je n'ai rien publié. Soit. Il est vrai qu'un travail à temps complet n'aide pas et que les événements prennent parfois des tournures qui bloquent l'inspiration et l'envie d'écrire ; je n'ai toutefois pas chômé, ces deux derniers mois - allez, un peu de pub :
J'ai réédité mes 5 romans (Disconite, L'Enfance d'une Garce, EX Nihilo, Goran, Les Protubérances) via TheBookEdition, une plateforme qui propose des ouvrages de meilleure qualité, des tarifs moins chers et des frais de ports enfin abordables, France oblige.
J'ai également réédité mon recueil de nouvelles gays Nuits Closes, ainsi que la première partie de mon journal Querelle(S).
Le seconde partie de Querelle(S), ainsi que mon sixième "roman" Dramarama (que l'on peut voir ci-dessus, et ci-dessous sur les photographies) sont en cours de correction et sortiront l'année prochaine, avec le recueil de poésie prévu pour cette année (datant de 1995, corrigé) et une anthologie de nouvelles datant de 1993 à 2000 (en cours de correction.) également prévue pour 2009.
Toutes ces œuvres sont et seront à l'avenir disponibles à cette adresse, ainsi que les suivantes, encore à l'état fœtal, avec leurs descriptifs respectifs, ainsi que des extraits :
THE BOOK EDITION
Je pense également m'occuper de mon site, laissé à l'abandon en 2008 / 2009.
Voilà pour clore 2009, de mon côté et... ouvrir 2010.
Bises et à demain pour la prochaine Querelle :)
11 novembre 2009
En attendant NiKo III
Voici la suite de mes rééditions sur Thebookedition, plateforme d'auto édition française. Ici, L'Enfance d'une Garce et EX Nihilo, respectivement mon second et troisième roman.
L'Enfance d'une Garce
Joséphine n’est pas une enfant comme les autres. Dès l’âge de quatre ans, elle a une étonnante conception du monde et des choses qui l’entourent : elle n’aime pas sa mère, ni les gens du village, elle parvient à faire renvoyer la bonne, déteste les autres petites filles avec qui elle refuse de jouer, torture son chien, ignore sa petite sœur, n’éprouve absolument aucune peur vis-à-vis de la terrible institutrice ; puis, un jour, poussée par la curiosité, elle découvre un nouvel univers en se liant d’amitié avec le nouveau voisin, Monsieur Arnauty, un professeur de piano que les gens du village méprisent et appellent « l’inverti ».
EX Nihilo
EX Nihilo : rien ne naît de rien. Et pourtant... Point de départ : après huit ans d’absence, Christophe, ancien étudiant alcoolique et communiste, revient du Soudan. Il désire revoir Simon, à qui il n’a jamais donné signe de vie depuis... Simon ne se souvient qu’à peine de lui, mais peu à peu, au fil des heures et des coïncidences, l’histoire se reconstruit d’elle-même.
Après Disconite et L'Enfance d'une Garce , Nicolas Raviere explore de tout nouveaux concepts et univers pour ce troisième roman qui se passe cette fois-ci entre Lyon et Dijon et mélange habilement les genres narratifs (autobiographie, auto fiction, théâtre, ainsi qu'une version revisitée façon "gay" du célèbre conte "Le Petit Chaperon Rouge"...).
Toutes les rééditions de mes livres ici :
NICOLAS RAVIERE CHEZ THEBOOKEDITION
22 octobre 2009
En attendant NiKo
Masculin et féminin, premier et cinquième roman, Disconite et Les Protubérances, sous un nouveau format plus pratique, de meilleure qualité, moins cher, grâce à Thebookedition, plateforme d'auto édition française. Et ce qui ne gâte rien, les frais de ports sont nettement moins élevés que sur Lulu, et la livraison très rapide, puisqu'ils sont basés à Lille.
Les Protubérances :
Emilie,
onze ans, surdouée, passe le baccalauréat cette année. Mais c’est sans
compter sur une tragédie qui mine son existence : des protubérances
mammaires poussent sur son corps, qui n’a de cesse de s’allonger…
Seulement voilà, Emilie refuse de grandir, pire encore : de devenir une
femme. C’est alors qu’elle entame une véritable croisade contre sa
féminité.
« Rien de pire ne pouvait m’arriver : me scrutant devant la glace,
à l’âge de onze ans, j’ai vu mon corps s’agrandir, comme un élastique.
Et deux petites boules informes sont apparues au dessus de mes côtes.
Deux petites boules roses et grêles. Le désastre était pour le moins
éminent. Alors, j’évitais de trop me regarder nue. »
Disconite :
Mélénas,
Mélunos et Mélonis, trois amis inséparables, passent tout leur temps
libre ensemble depuis des années. Ils partagent tout : les sorties, les
secrets, les alcools, une seule et même voiture, leurs sous-vêtements
et, bien sûr, leurs amants. Parfois, en discothèque, l’ambiance, les
sons, les visages, l’alcool, et autres substances, souvent quelque
chose de bien plus profond encore, poussent ces trois amis au crime,
frisson singulier, exaltant.
09 novembre 2008
Mes Livres (suite et fin)
Concernant la
vive et soudaine augmentation des prix sur la plateforme d’auto-édition lulu,
deux solutions se présentaient : augmenter les prix de mes œuvres ou quitter
cette plateforme pour transférer mes œuvres sur un autre site d’auto
publication. Seulement, pour cette dernière solution, je n’ai pas trouvé de
sites avec des formats analogues et ne souhaite pas retravailler la mise en
page de mes livres.
J’ai donc pris
la décision suivante : partir sur autre plateforme d’auto-édition pour mes
prochains livres (exception faite de Dramarama, un futur roman qui est
plutôt long et dont 200 pages sont d’ores et déjà terminées, et de la suite des
Garçons, pour cause de format).
Les œuvres déjà
terminées telles que Petits Meurtres entre Amibes, ainsi qu’un autre
recueil de poésies au titre encore non dévoilé (1995 - 1996) prévu pour l’an prochain, et, bien
évidemment, la version intégrale papier de la première session de Querelle(s)
paraîtront également sur cette plateforme, en version papier, c'est-à-dire sous
forme de livre mais également en format PDF, à des prix ne dépassant
jamais 3 euros (vu qu’il n y a aucun coût de fabrication).
Pour les œuvres
déjà existantes, j’ai augmenté les prix tout en réduisant plus ou moins mes
marges en terme droit d’auteur ce qui ne fait pas grande différence vu que je
vends peu et que ce n’est pas là l’intérêt premier. Concernant les recueils de
poésies, ces derniers sont désormais disponibles non seulement en format papier
mais également en format PDF.
Bref, toutes
mes prochaines œuvres, hors celles énoncées plus haut, paraîtront désormais sur
une autre plateforme française ; les frais de port seront ainsi moins
prohibitifs, d’autant que les frais de fabrication sont plus raisonnables.
J’espère qu’ainsi mes œuvres seront plus accessibles, concernant le futur.
A tous, je vous
souhaite une excellente semaine.
Nicolas Raviere
P.S : le
recueil Petits Meurtres entre Amibes sortira prochainement, et le jeu
pour le gagner est toujours d’actualité, surveillez bien mon blog.
01 avril 2008
Les Protubérances

Voici donc mon cinquième roman, disponible dès aujourd'hui, toujours en auto édition et toujours sur internet. Les Protubérances.
Résumé :
Emilie, onze ans, surdouée, passe le baccalauréat cette année. Mais c’est sans compter sur une tragédie qui mine son existence : des protubérances mammaires poussent sur son corps, qui n’a de cesse de s’allonger… Seulement voilà, Emilie refuse de grandir, pire encore : de devenir une femme. C’est alors qu’elle entame une véritable croisade contre sa féminité.
Extrait :
Rien de pire ne pouvait m’arriver :
me scrutant devant la glace, à l’âge de onze ans, j’ai vu mon corps
s’agrandir, comme un élastique. Et deux petites boules informes sont
apparues au-dessus de mes côtes. Deux petites boules roses et grêles.
Le désastre était pour le moins éminent. Alors, j’évitais de trop me
regarder nue.
A présent, j’étais comme les autres filles de ma classe. Il faut
dire qu’à onze ans, j’étais déjà en terminale, grâce à des dispositions
intellectuelles phénoménales.
Ma mère a tout de suite remarqué que je m’allongeais en triangle :
ma tête était bien plus haute, mes épaules incurvées, ma culotte de
cheval n’en avait pris que plus d’ampleur et il y’avait, cruel
châtiment, ces petites boules que, sans doute, je ne pourrais
dissimuler plus longtemps. Bref, je ressemblais à pas grand-chose et,
malgré tous ces changements inopportuns, j’appréhendais de devenir une
femme.
Rose, une fille de la classe, du genre un peu rebelle, abonnée au
rituel de la scarification pour conjurer son ennui profond et
inéluctable, la seule qui, en fait, daignait m’adresser la parole,
avait remarqué les deux vagues monticules qui déformaient légèrement
mes vêtements.
« Tu pousses comme une fleur, Emilie. Tu bourgeonnes ! C’est merveilleux ! »
Quant à moi, vraiment, je ne voyais là vraiment rien de merveilleux.
Les garçons, eux, ne regardaient même pas mes bourgeons à peine
éclos. Les autres filles se gaussaient et, semaine après semaine, mon
embarras ne faisait que croître. Je me sentais indésirable, dans ce
corps trop grand pour moi, improbable fœtus de femme. Je sentais bien
que ce n’était que transitoire, mais, malgré tout, je ne m’en
accommodais pas. Changer aussi vite me posait bien des tracas car je ne
parvenais pas à m’habituer à cette jeune fille sans cesse différente,
aperçue chaque matin et soir devant le miroir : d’abord ronde comme une
boule de pain, j’étais devenue une bouteille d’orangina de plus en plus
filiforme, la pulpe en moins.
Fidèle à mon poste d’observation, j'examinais curieusement et
méticuleusement, disséquais visuellement mon apparence, traquant la
moindre de mes imperfections. Ma mère se rendit très vite compte de ce
petit manège si bien qu’elle prit la décision de s’entretenir de ce
sujet avec moi. Un soir que l’auteur de mes jours manquait à l’appel du
souper, elle me coinça sur le divan, prenant son air de femme
d’affaires au sourire artificiel :
« Assieds-toi ici, ma petite Emilie. Il est temps qu’on ait une petite conversation entre femmes. »
J’entrevoyais déjà le désastre : l’expression entre femmes
trahissait sa volonté concupiscente de me parrainer à ce monde nouveau
de la féminité. Pire encore, je sentais bien que j’aurais droit à ses
récits ineptes et exaltés de jeune fille de pensionnat. Il me faudrait
alors passer de Flaubert à Barbara Cartland, ce qui augurait du pire
pour ma santé mentale déjà fort menacée.
Eussé-je élaboré un quelconque stratagème, aidé du milliard de
neurones dont j’étais pourvue, je ne serais point parvenue à éviter
cette catastrophe ou alors j’aurais dû recourir à des moyens extrêmes
comme la fugue ou quelque chose de plus noble et élaboré, par exemple
arranger un enlèvement, en soudoyant quelques banlieusards désoeuvrés,
mais parfaitement cupides.
Point me faut de volonté quand celle de ma génitrice domine en tout
: déesse improbable, ce que Madame Colon décide ne manque jamais de se
réaliser. Elle a une emprise réelle sur la matière. Ses désirs sont des
ordres, ses plaisirs, des désordres. En conséquence, je m’exécute, en
fille servile que je prétends être, par peur qu’une malédiction en
provenance de l’Olympe me tombe sur le coin du nez, bien assez évasé
qui plus est.
Je n’ai du reste pas encore précisé que mon physique ingrat ne
s’étendait pas qu’à la simple structure de mon corps déformé par la
croissance, mais concernait également mon visage, poupin et bubonique.
Je n’évoquerai même pas mon sourire simiesque, laissant planer le doute
quant à un éventuel myxœdème. Vivre cinq ans au Cambodge et à
Tombouctou n’a pas dû arranger les choses.
Je me suis donc résolu à m’asseoir à ses côtés.
« Emilie, j’ai remarqué chez toi de grands changements ! »
Silence de ma part. Un ange passe. Puis deux, c’est merveilleux.
Or, elle revint à la charge. La carne. Car c’était inévitable, une fois
la machine lancée. Génitrice poursuivit, emballée, avec de grands airs
d’institutrices vierges et ménopausées :
« Lorsque j’avais ton âge (phrase fatale, prémices à la logorrhée)
ma mère me faisait s’asseoir sur le sofa et m’a dit quelque chose comme
: « Ma chère enfant, j’ai cru remarquer en toi d’augustes changements.
» Les temps ont certes changé, me confia-t-elle en prenant une voix
nostalgique, mais il est des choses bien immuables, mon trésor. Je veux
te parler de maturité féminine. Tu vas bientôt pouvoir donner la vie.
Comprends-tu ce phénomène ? »
[Pour connaitre la suite, une seule adresse : LES PROTUBÉRANCES.]
19 mars 2008
Et le gagnant est...
Difficile d’offrir un roman à un de ses lecteurs, aussi ai-je décidé de remercier le plus fidèle d’entre vous. J’ai dû choisir pour cela des critères « objectifs » sachant que je ne peux pas forcément déterminer qui me lit autrement que par les commentaires reçus. J’ai donc décidé d’offrir mon cinquième roman, Les Protubérances, à la personne qui aura commenté le plus de messages sur une durée de un an (la première année du blog, donc du 3 mars 2007 au 3 mars 2008), soit une voix comptabilisée par billet que j’ai posté.
Ce qui nous donne en TOP 5, si je ne me suis pas trompé, car c’était plutôt chiant à faire et j’ai mal au crâne ce "matin" :
Noctambulis : 69
messages commentés.
Lovedreamer : 34
messages commentés.
Choule : 21 messages commentés.
Licheurdhom : 19
messages commentés.
Henri-Pierre : 15
messages commentés.
PS 1:
Ceux de mes lecteurs qui désirent
gagner ce roman peuvent toujours faire un tour sur mon site, où il est possible
de gagner un autre exemplaire de ce même roman. Sans compter l'exemplaire qui sera déposé à Lyon, dans un parc ou un square.
PS 2 :
(Si la première personne ne se manifeste pas d’ici une semaine par mail, ce sera la seconde qui remportera le roman et ainsi de suite. Le roman sera envoyé par la poste courant avril.)
10 mars 2008
Les Protubérances
Le premier
avril qui vient sort mon prochain roman, le cinquième, sachant que le quatrième
sortira après le cinquième… ou peut-être pas. Pas très logique, mais premier
avril. Et ce n’est pas une blague.
Comme, à
chaque sortie de mes romans, j’en offre toujours un sur mon site www.nicolasraviere.com,
cette fois-ci, vu que ce sera le premier avril et que ce ne sera pas une
blague, j’en offrirai TROIS.
Oui, trois.
Non pas un.
- Un aux visiteurs
de mon site / MySpace. (prochainement dans la rubrique actualité)
- Un aux lecteurs
de mon blog Querelle (prochainement, donc, ici même)
Et bien, il sera déposé dans un parc (ou un square), sur un
banc, à Lyon,
aux alentours du premier avril.
Alea jacta
est.
26 février 2008
Je bande donc j'essuie

Je bande donc
j’essuie, en d’autres termes, par d’autres mots, je récolte ce que j’ai semé,
en simili différé, selon le labeur de mon imaginaire, plus que par le travail
de mon propre corps, plié au rite depuis des années - et les habitudes
m’effraient. Par la pensée, je peux m’en extraire très facilement, adepte
fervent du voyage immobile. On peut voir mon corps, mais je ne l’habite
quasiment pas, ce détritus ; c’est un outil pour me déplacer, pour me nourrir,
pour véhiculer mes désirs. Si la mort, c’est être à jamais hors de ce corps, je
suis preneur ; bien qu’il me reste encore bien des choses à écrire, ce qui
serait impensable sans matérialisation, et, j’avoue, malgré l’envie qui renaît
de m’épancher, je n’ai toujours pas repris ces satanés romans, délaissés depuis
novembre, baignés jusque dans les limbes de mon infernal et amniotique
serviteur, monsieur l’ordinateur. Or le temps n’est pas si long. Mes enfants
avortés, qui n’ont que des bras, ou des jambes ou ne sont que cerveaux, petits
cœurs pantelants, balbutiants, mes enfants à moi ; les graines phrastiques de
mes masturbations… Ils m’attendent, ils m’appellent ; leur inachèvement est un
drame profond. Une mère pourrait-elle aimer son enfant s’il n’avait pas de tête
?
Reprendre ce
journal, ce carnet, cette auto psy minutieuse mais anarchique, me fait
déjà tant de bien que je me demande comment j’ai pu rester des mois sans
m’exprimer par des mots. Est-ce à dire que je vivais sans réelle conscience
d’exister en terme d’être pensant, puisque ne laissant plus mon empreinte quelque
part ? Somewhere. Mais pas over the rainbow et surtout pas le
drapeau gay, qui ne devrait être que d’une seule et même couleur, par pur souci
communautaire. Mais je dérive, une fois de plus. Je bande donc j’essuie. En
d’autres termes : je récolte ce que j’ai semé. Je voulais parler de toi, bien
évidemment, mon petit souvenir, mon petit bibelot, dont je ne sais plus rien à
présent : ce que tu fais, ce que tu vis, avec qui tu le vis. Avec quel vit.
Prends-tu la poussière le soir, lorsque tu as fini de travailler ou trouves-tu
toujours des manières superficielles de tuer le temps, avant qu’il ne te tue ?
Tiens-tu toujours à renouveler les registres, pour avoir jusqu’aux lèvres, aux
oreilles, comme une impression de nouveauté et t’y baigner de tout ton être,
jusqu’à ce que ton désir soit consumé de lui-même, émoussé, liquidé ? Diantre,
voilà que ça me gonfle de nostalgie. Et ça me gonfle toujours, la nostalgie,
tellement c’est sirupeux. Or, les faits sont là : ces derniers temps, j’ai
beaucoup pensé à toi. Alors, il fallait que j’en parle et pour en parler, il
fallait que j’écrive. Le syndrome du carnet me possède depuis déjà quatre ans.
Et quel meilleur endroit que mon journal intime pour cela ? L’un de ses
privilèges : éviter de prendre la peine de camoufler cela au sein de mes romans et donc, de dénaturer. J’enterre ces pensées ici, donc. Voila. Je suis
le fossoyeur de mes états d’âme. Ici [Ci-Gît…] pour garder une trace, comme une
trace de sperme, sur un sofa, l’empreinte fantomatique, égratignant le tissu,
comme une poignée de sable, avec une
petite odeur douceâtre, mais légère, souffre duveteux. Bien sûr, je ne t’aime
plus ; je t’aurai aimé à l’infini si tu avais créé, construit quelque chose par
ton cerveau, avec ton corps, élaboré une œuvre d’art, n’importe laquelle, une
œuvre qui soit ton enfant - pas une photocopie, quelque chose de suffisamment nouveau
pour me dire que tu es quelqu’un, que tu existes. Mais, orphelin, tu ne pouvais
que me donner la main, et mes mains ne servent pas à caresser. C’était, donc,
sans bohème, aller droit dans le mur. Le sexe, pourtant, c’était pas si mal,
quand on y arrivait, si l’on y arrivait mais finalement, c’était plus tellement
ça, parce qu’à force d’explorer ensemble, nous avons pris des chemins tout à
fait différents ; l’amour que tu avais en toi aurait pu tout sauver si je
n’avais pas été si égoïste, si perdu dans cette quête d’un absolu, si préoccupé
par cette idée de vivre pour créer, cette boulimie de peinture, qui fait
désormais partie du passé. Comme une souris piégée, sauvée in extremis,
je ne repasserai pas par ce raccourci, je n’emprunterai plus ce chemin, je
quitterai cette infernale demeure. Tout
cela pour signifier que :
Aujourd’hui, je me sens plein d’amour. Il m’arrive de sourire, pour rien. Sourire n’est pas dans ma nature, pourtant. Il y’a peut-être quelqu’un, qui me séduit ; mais c’est purement cérébral (ou ce ne sera rien ?). Je ne sais pas à quoi il ressemble. Je le lis. Sur la toile qu’il tisse. Un peu tous les jours et, quand il n’écrit pas, il me manque. Beaucoup. Et c’est à peu près tout.
22 décembre 2007
Citation : Les moutons (L'Enfance d'une Garce)
" Quand on compte les moutons, ils sont tous tellement semblables qu’on essaye de trouver leurs différences, du coup, on ne dort jamais."
Nicolas Raviere - L'Enfance d'une Garce.
01 décembre 2007
EX Nihilo
Aujourd'hui sort mon troisième roman, toujours en auto-édition.

Présentation :
EX Nihilo : rien ne
naît de rien. Et pourtant...
Point de départ :
après huit ans d’absence, Christophe, ancien étudiant
alcoolique et
communiste, revient du Soudan. Il désire revoir Simon, à
qui il n’a
jamais donné signe de vie depuis... Simon ne se souvient
qu’à peine de
lui, mais peu à peu, au fil des heures et des coïncidences,
l’histoire
se reconstruit d’elle-même.
Après Disconite et l'Enfance d'une Garce, Nicolas
Raviere explore de
tout nouveaux concepts et univers pour ce troisième roman qui se
passe
cette fois-ci entre Lyon et Dijon et mélange habilement les
genres
narratifs (récit, autobiographie, théâtre, ainsi
qu'une version
revisitée façon "gay" du célèbre conte Le Petit Chaperon Rouge...).
EXTRAITS :
Felipe m’appelle : « Prépare-toi. J’arrive à
l’heure que tu sais. Mets le tee-shirt rouge. Ca va être hot.
» Je ne comprends pas ce qu’il veut, mais le tee-shirt, je
l’enfile sans réfléchir. C’est celui que nous nous sommes
achetés, on avait craqué dessus. Première faute de
goût. Il n’y en avait plus qu’un. On le portait chacun notre tour
et puis il m’a dit : tu peux le garder, le rouge te va mieux au teint.
En vérité, il ne rentrait plus dedans. La cause : une
petite surcharge adipeuse à peine gênante.
Felipe, c’est un véritable concentré de gentillesse et de
mauvaise foi en une seule et même personne, quand bien même
il lui arrive aussi de se dédoubler, parce que nous n’avons pas
assez d’un seul corps, pour tout faire. La joie infuse dans la
chaîne stéréo, il y’a Madonna qui vous parle mais
en simultané : oubliez les factures et venez avec moi dans un
voyage disco pas très original, certes, mais plutôt
confortable. Oubliez vos petits problèmes sans importance, alors
que vos problèmes viennent tous du disco monde, fatalement. Come
with me. Sera-t-il là ce soir ?
Pour répondre à cette question, il faut
déjà savoir où l’on va. Et là, c’est
toujours la surprise. La surprise, c’est souvent le Couloir et
ça retombe toujours comme le soufflet de tante Agathe : on
espère toujours qu’il soit goûteux, moelleux, enfin,
délicieux quoi, et c’est au final une espèce de bouillie
informe qui n’a pas de goût, un met de cantinière qui
aurait perdu le sens du goût, de l’odorat. A la Divine, il y’a
bien trop d’hétéros pour sacrifier l’identité ou
alors c’est le dimanche que cela se passe ; au Marécage, pas
nécessairement fangeux, c’est le pays des lesbiennes, et cette
boîte dont j’oublie toujours le nom, où gras et kitsch
rivalisent sans cesse dans des litrons d’alcool bon marché
vendus à prix d’or, (...)
[...]
Il était
une fois à Sainte-Foy-lès-Lyon, un très joli
garçon, beau comme il n’est pas possible d’en voir ; sa
mère, comme toutes les mères, en était folle et sa
grand-mère, bien plus encore, mais pas comme toutes les
grand-mères. Ca non...
Ce tee-shirt qu’il
portait fort souvent, et qui lui allait à ravir, car il semblait
avoir été conçu pour lui, pour sa musculature, lui
seyait tellement bien qu’on l’appelait le petit Chaperon Rouge.
Un jour, sa mère avait fait cuire des brownies et lui dit qu’il
serait fort aimable s’il pouvait en apporter un à sa
chère grand-mère, parce que celle-ci était un peu
malade ces derniers temps : une grippe carabinée ; cela lui
serait sans doute d’un grand réconfort que de voir son petit
fils et de grignoter avec son tout nouveau dentier un brownie fait
maison, auquel la mère du petit Chaperon ajouta un petit pot de
beurre, parce qu’elle n’en avait plus dans son
réfrigérateur.
Le petit Chaperon rouge s’en alla donc, tout fier du haut de ces seize
ans, prenant le bus pour monter sur la colline et rejoindre
Sainte-Foy-lès-Lyon.
Se trompant de quelques arrêts et descendant non loin de
l’imposant fort Saint Irénée, il rencontra Loup, un
très beau jeune homme aux yeux perçants, qui l’aurait
bien dévoré tout cru, certes, mais il y’avait là
quelques témoins fort gênants : des étudiants, qui
attendaient au bus, ou se dirigeaient vers un fast food. Un fast food :
une aberration pour Loup, que de manger des steaks de vaches
laitières, mortes à quatre ans, au lieu de vingt. De la
vrai semelle. L’homme est bien meilleur, infiniment plus copieux.
Surtout les jeunes hommes.
Néanmoins, il lui demanda où il allait comme ça,
d’un pas si leste. Sans minauder un seul instant, le petit Chaperon
rouge lui dit qu’il rendait visite à sa grand-mère, rue
Grange Bruyère, afin que de lui apporter un brownie, ainsi qu’un
petit pot de beurre.
« La direction à prendre, ce n’est pas la bonne, indiqua
alors le loup, afin que d’arriver chez la grand-mère bien avant
lui.
- Mais, balbutia le petit Chaperon rouge, regardant non sans
perplexité son petit plan dessiné à la main, par
sa mère, il semblerait que non.
- Laissez-moi regarder ce plan de moi-même, fit le loup d’un air
absolument concentré, qui semblait pour le coup
réfléchir à en avoir des yeux terriblement
perçants. »
Il détailla le plan, qu’il retourna et claironna victorieux :
« C’est tout simplement dû au fait que le plan a
été dessiné à l’envers, jeune homme ; une
simple inversion, ce qui n’a rien de vraiment grave. Bien au contraire.
»
Loup ayant l’air sincère dans son explication
tarabiscotée, qui ne tenait pas vraiment debout, le petit
Chaperon rouge, bien que sceptique, alla en sens inverse, pensant
trouver la rue Grange Bruyère, mais il ne trouva rien, si ce
n’est que la rue descendait, direction les quais. Pas de noisettes
à cueillir, certes, mais le jeune homme se surprit à
faire voleter quelques pigeons, qui dévoraient des morceaux de
pain sur le trottoir.
Pendant ce temps, Loup courut de toutes forces en direction de la dite
maison, dans l’espoir de pouvoir y pénétrer : sans doute
la vieille femme attendait-elle le petit Chaperon Rouge ; il lui serait
aisé que de se faire passer pour lui. Aussitôt devant, il
essaya de pousser le portail qui céda tout à fait et, sans
plus attendre, pénétra lestement le jardin : que ce coin
était calme, les maisons cachées par de très
grands arbres. L’endroit idéal pour commettre son forfait.
La sonnette était défaillante : probablement une de ces
vieilles radines contrôlant ses dépenses pour ne pas trop
dépenser la retraite militaire de feu son mari. Aussi il heurta
: toc, toc, toc.
[...]
Enfin, lorsque les jambes de Loup le
frôlèrent, tout son corps frissonna de bien curieuse
façon. Les jambes de la mère-grand se
révélaient bien plus poilues que les siennes, par un
étrange maléfice ! Quelle surprise étonnante.
C’était si impromptu, cette sensation, terriblement excitant :
le
petit Chaperon Rouge se dit qu’il s’agissait là presque d’un
homme et c’était un contact - effleurer, toucher une homme -
dont il rêvait depuis fort longtemps.
« Mamie, s’exclama-t-il bêtement, émoustillé,
vous avez les jambes vraiment poilues.
- C’est que mon épilateur est en panne, mon enfant.
- Mamie, vous avez de grandes jambes, si fermes, si musclées !
- C’est à force de danser mon enfant, de danser. »
[...]




















