QUERELLE

Journal intime, mais non confidentiel, de Nicolas Raviere, où il est question de toute autre chose, parfois, que de simples querelles.

02 janvier 2010

Goodbye 2009 / Hello 2010

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2009 s'est terminé et, bilan, cette année-là, je n'ai rien écrit, outre une auto fiction avortée, et le présent journal Querelle(S) et malgré mes quelques anciennes œuvres prêtes pour être éditées, je n'ai rien publié. Soit. Il est vrai qu'un travail à temps complet n'aide pas et que les événements prennent parfois des tournures qui bloquent l'inspiration et l'envie d'écrire ; je n'ai toutefois pas chômé, ces deux derniers mois - allez, un peu de pub :

J'ai réédité mes 5 romans (Disconite, L'Enfance d'une Garce, EX Nihilo, Goran, Les Protubérances) via TheBookEdition, une plateforme qui propose des ouvrages de meilleure qualité, des tarifs moins chers et des frais de ports enfin abordables, France oblige.
J'ai également réédité mon recueil de nouvelles gays Nuits Closes, ainsi que la première partie de mon journal Querelle(S).

Le seconde partie de Querelle(S), ainsi que mon sixième "roman" Dramarama (que l'on peut voir ci-dessus, et ci-dessous sur les photographies) sont en cours de correction et sortiront l'année prochaine, avec le recueil de poésie prévu pour cette année (datant de 1995, corrigé) et une anthologie de nouvelles datant de 1993 à 2000 (en cours de correction.) également prévue pour 2009.

Toutes ces œuvres sont et seront à l'avenir disponibles à cette adresse, ainsi que les suivantes, encore à l'état fœtal, avec leurs descriptifs respectifs, ainsi que des extraits :
THE BOOK EDITION

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Je pense également m'occuper de mon site, laissé à l'abandon en 2008 / 2009.

Voilà pour clore 2009, de mon côté et... ouvrir 2010. 

Bises et à demain pour la prochaine Querelle :)

11 novembre 2009

En attendant NiKo III

Acheter EX Nihilo Acheter L\'Enfance d\'une Garce

Voici la suite de mes rééditions sur Thebookedition, plateforme d'auto édition française. Ici, L'Enfance d'une Garce et EX Nihilo, respectivement mon second et troisième roman.

L'Enfance d'une Garce

Joséphine n’est pas une enfant comme les autres. Dès l’âge de quatre ans, elle a une étonnante conception du monde et des choses qui l’entourent : elle n’aime pas sa mère, ni les gens du village, elle parvient à faire renvoyer la bonne, déteste les autres petites filles avec qui elle refuse de jouer, torture son chien, ignore sa petite sœur, n’éprouve absolument aucune peur vis-à-vis de la terrible institutrice ; puis, un jour, poussée par la curiosité, elle découvre un nouvel univers en se liant d’amitié avec le nouveau voisin, Monsieur Arnauty, un professeur de piano que les gens du village méprisent et appellent « l’inverti ».

Le livre L\'Enfance d\'une Garce

EX Nihilo

EX Nihilo : rien ne naît de rien. Et pourtant... Point de départ : après huit ans d’absence, Christophe, ancien étudiant alcoolique et communiste, revient du Soudan. Il désire revoir Simon, à qui il n’a jamais donné signe de vie depuis... Simon ne se souvient qu’à peine de lui, mais peu à peu, au fil des heures et des coïncidences, l’histoire se reconstruit d’elle-même.

Après Disconite et L'Enfance d'une Garce , Nicolas Raviere explore de tout nouveaux concepts et univers pour ce troisième roman qui se passe cette fois-ci entre Lyon et Dijon et mélange habilement les genres narratifs (autobiographie, auto fiction, théâtre, ainsi qu'une version revisitée façon "gay" du célèbre conte "Le Petit Chaperon Rouge"...).

Le livre EX Nihilo

Toutes les rééditions de mes livres ici :

NICOLAS RAVIERE CHEZ THEBOOKEDITION

22 octobre 2009

En attendant NiKo

Acheter Disconite Acheter Les Protubérances

Masculin et féminin, premier et cinquième roman, Disconite et Les Protubérances, sous un nouveau format plus pratique, de meilleure qualité, moins cher, grâce à Thebookedition, plateforme d'auto édition française. Et ce qui ne gâte rien, les frais de ports sont nettement moins élevés que sur Lulu, et la livraison très rapide, puisqu'ils sont basés à Lille.

Les Protubérances :

Emilie, onze ans, surdouée, passe le baccalauréat cette année. Mais c’est sans compter sur une tragédie qui mine son existence : des protubérances mammaires poussent sur son corps, qui n’a de cesse de s’allonger… Seulement voilà, Emilie refuse de grandir, pire encore : de devenir une femme. C’est alors qu’elle entame une véritable croisade contre sa féminité.

« Rien de pire ne pouvait m’arriver : me scrutant devant la glace, à l’âge de onze ans, j’ai vu mon corps s’agrandir, comme un élastique. Et deux petites boules informes sont apparues au dessus de mes côtes. Deux petites boules roses et grêles. Le désastre était pour le moins éminent. Alors, j’évitais de trop me regarder nue. »

Le livre Les Protubérances

Disconite :

Mélénas, Mélunos et Mélonis, trois amis inséparables, passent tout leur temps libre ensemble depuis des années. Ils partagent tout : les sorties, les secrets, les alcools, une seule et même voiture, leurs sous-vêtements et, bien sûr, leurs amants. Parfois, en discothèque, l’ambiance, les sons, les visages, l’alcool, et autres substances, souvent quelque chose de bien plus profond encore, poussent ces trois amis au crime, frisson singulier, exaltant.


Le livre Disconite

09 novembre 2008

Mes Livres (suite et fin)

Bonjour à tous,

Concernant la vive et soudaine augmentation des prix sur la plateforme d’auto-édition lulu, deux solutions se présentaient : augmenter les prix de mes œuvres ou quitter cette plateforme pour transférer mes œuvres sur un autre site d’auto publication. Seulement, pour cette dernière solution, je n’ai pas trouvé de sites avec des formats analogues et ne souhaite pas retravailler la mise en page de mes livres.

J’ai donc pris la décision suivante : partir sur autre plateforme d’auto-édition pour mes prochains livres (exception faite de Dramarama, un futur roman qui est plutôt long et dont 200 pages sont d’ores et déjà terminées, et de la suite des Garçons, pour cause de format).

Les œuvres déjà terminées telles que Petits Meurtres entre Amibes, ainsi qu’un autre recueil de poésies au titre encore non dévoilé (1995 - 1996) prévu pour l’an prochain, et, bien évidemment, la version intégrale papier de la première session de Querelle(s) paraîtront également sur cette plateforme, en version papier, c'est-à-dire sous forme de livre mais également en format PDF, à des prix ne dépassant jamais 3 euros (vu qu’il n y a aucun coût de fabrication).

Pour les œuvres déjà existantes, j’ai augmenté les prix tout en réduisant plus ou moins mes marges en terme droit d’auteur ce qui ne fait pas grande différence vu que je vends peu et que ce n’est pas là l’intérêt premier. Concernant les recueils de poésies, ces derniers sont désormais disponibles non seulement en format papier mais également en format PDF.

Bref, toutes mes prochaines œuvres, hors celles énoncées plus haut, paraîtront désormais sur une autre plateforme française ; les frais de port seront ainsi moins prohibitifs, d’autant que les frais de fabrication sont plus raisonnables. J’espère qu’ainsi mes œuvres seront plus accessibles, concernant le futur.  

A tous, je vous souhaite une excellente semaine.
Nicolas Raviere


P.S : le recueil Petits Meurtres entre Amibes sortira prochainement, et le jeu pour le gagner est toujours d’actualité, surveillez bien mon blog.

01 avril 2008

Les Protubérances

LesPROTUBERANCES_copie

Voici donc mon cinquième roman, disponible dès aujourd'hui, toujours en auto édition et toujours sur internet. Les Protubérances.

Résumé :

Emilie, onze ans, surdouée, passe le baccalauréat cette année. Mais c’est sans compter sur une tragédie qui mine son existence : des protubérances mammaires poussent sur son corps, qui n’a de cesse de s’allonger… Seulement voilà, Emilie refuse de grandir, pire encore : de devenir une femme. C’est alors qu’elle entame une véritable croisade contre sa féminité.

Extrait :


            Rien de pire ne pouvait m’arriver : me scrutant devant la glace, à l’âge de onze ans, j’ai vu mon corps s’agrandir, comme un élastique. Et deux petites boules informes sont apparues au-dessus de mes côtes. Deux petites boules roses et grêles. Le désastre était pour le moins éminent. Alors, j’évitais de trop me regarder nue.
    A présent, j’étais comme les autres filles de ma classe. Il faut dire qu’à onze ans, j’étais déjà en terminale, grâce à des dispositions intellectuelles phénoménales.
    Ma mère a tout de suite remarqué que je m’allongeais en triangle : ma tête était bien plus haute, mes épaules incurvées, ma culotte de cheval n’en avait pris que plus d’ampleur et il y’avait, cruel châtiment, ces petites boules que, sans doute, je ne pourrais dissimuler plus longtemps. Bref, je ressemblais à pas grand-chose et, malgré tous ces changements inopportuns, j’appréhendais de devenir une femme.
    Rose, une fille de la classe, du genre un peu rebelle, abonnée au rituel de la scarification pour conjurer son ennui profond et inéluctable, la seule qui, en fait, daignait m’adresser la parole, avait remarqué les deux vagues monticules qui déformaient légèrement mes vêtements.
    «  Tu pousses comme une fleur, Emilie. Tu bourgeonnes ! C’est merveilleux ! »
    Quant à moi, vraiment, je ne voyais là vraiment rien de merveilleux.
    Les garçons, eux, ne regardaient même pas mes bourgeons à peine éclos. Les autres filles se gaussaient et, semaine après semaine, mon embarras ne faisait que croître. Je me sentais indésirable, dans ce corps trop grand pour moi, improbable fœtus de femme. Je sentais bien que ce n’était que transitoire, mais, malgré tout, je ne m’en accommodais pas. Changer aussi vite me posait bien des tracas car je ne parvenais pas à m’habituer à cette jeune fille sans cesse différente, aperçue chaque matin et soir devant le miroir : d’abord ronde comme une boule de pain, j’étais devenue une bouteille d’orangina de plus en plus filiforme, la pulpe en moins.
    Fidèle à mon poste d’observation, j'examinais curieusement et méticuleusement, disséquais visuellement mon apparence, traquant la moindre de mes imperfections. Ma mère se rendit très vite compte de ce petit manège si bien qu’elle prit la décision de s’entretenir de ce sujet avec moi. Un soir que l’auteur de mes jours manquait à l’appel du souper, elle me coinça sur le divan, prenant son air de femme d’affaires au sourire artificiel :
    « Assieds-toi ici, ma petite Emilie. Il est temps qu’on ait une petite conversation entre femmes. »
    J’entrevoyais déjà le désastre : l’expression entre femmes trahissait sa volonté concupiscente de me parrainer à ce monde nouveau de la féminité. Pire encore, je sentais bien que j’aurais droit à ses récits ineptes et exaltés de jeune fille de pensionnat. Il me faudrait alors passer de Flaubert à Barbara Cartland, ce qui augurait du pire pour ma santé mentale déjà fort menacée.
    Eussé-je élaboré un quelconque stratagème, aidé du milliard de neurones dont j’étais pourvue, je ne serais point parvenue à éviter cette catastrophe ou alors j’aurais dû recourir à des moyens extrêmes comme la fugue ou quelque chose de plus noble et élaboré, par exemple arranger un enlèvement, en soudoyant quelques banlieusards désoeuvrés, mais parfaitement cupides.
    Point me faut de volonté quand celle de ma génitrice domine en tout : déesse improbable, ce que  Madame Colon décide ne manque jamais de se réaliser. Elle a une emprise réelle sur la matière. Ses désirs sont des ordres, ses plaisirs, des désordres. En conséquence, je m’exécute, en fille servile que je prétends être, par peur qu’une malédiction en provenance de l’Olympe me tombe sur le coin du nez, bien assez évasé qui plus est.
    Je n’ai du reste pas encore précisé que mon physique ingrat ne s’étendait pas qu’à la simple structure de mon corps déformé par la croissance, mais concernait également mon visage, poupin et bubonique. Je n’évoquerai même pas mon sourire simiesque, laissant planer le doute quant à un éventuel myxœdème. Vivre cinq ans au Cambodge et à Tombouctou n’a pas dû arranger les choses.
    Je me suis donc résolu à m’asseoir à ses côtés.
    « Emilie, j’ai remarqué chez toi de grands changements ! »
    Silence de ma part. Un ange passe. Puis deux, c’est merveilleux. Or, elle revint à la charge. La carne. Car c’était inévitable, une fois la machine lancée. Génitrice poursuivit, emballée, avec de grands airs d’institutrices vierges et ménopausées :
    « Lorsque j’avais ton âge (phrase fatale, prémices à la logorrhée) ma mère me faisait s’asseoir sur le sofa et m’a dit quelque chose comme : « Ma chère enfant, j’ai cru remarquer en toi d’augustes changements. » Les temps ont certes changé, me confia-t-elle en prenant une voix nostalgique, mais il est des choses bien immuables, mon trésor. Je veux te parler de maturité féminine. Tu vas bientôt pouvoir donner la vie. Comprends-tu ce phénomène ? »

[Pour connaitre la suite, une seule adresse : LES PROTUBÉRANCES.]

19 mars 2008

Et le gagnant est...

Difficile d’offrir un roman à un de ses lecteurs, aussi ai-je décidé de remercier le plus fidèle d’entre vous. J’ai dû choisir pour cela des critères « objectifs » sachant que je ne peux pas forcément déterminer qui me lit autrement que par les commentaires reçus. J’ai donc décidé d’offrir mon cinquième roman, Les Protubérances, à la personne qui aura commenté le plus de messages sur une durée de un an (la première année du blog, donc du 3 mars 2007 au 3 mars 2008), soit une voix comptabilisée par billet que j’ai posté.

Ce qui nous donne en TOP 5, si je ne me suis pas trompé, car c’était plutôt chiant à faire et j’ai mal au crâne ce "matin" :

Noctambulis : 69 messages commentés.
Lovedreamer : 34 messages commentés.
Choule : 21 messages commentés.
Licheurdhom : 19 messages commentés.
Henri-Pierre : 15 messages commentés.

PS 1:

Ceux de mes lecteurs qui désirent gagner ce roman peuvent toujours faire un tour sur mon site, où il est possible de gagner un autre exemplaire de ce même roman. Sans compter l'exemplaire qui sera déposé à Lyon, dans un parc ou un square.

PS 2 :

(Si la première personne ne se manifeste pas d’ici une semaine par mail, ce sera la seconde qui remportera le roman et ainsi de suite. Le roman sera envoyé par la poste courant avril.)

10 mars 2008

Les Protubérances

Le premier avril qui vient sort mon prochain roman, le cinquième, sachant que le quatrième sortira après le cinquième… ou peut-être pas. Pas très logique, mais premier avril. Et ce n’est pas une blague.  

Comme, à chaque sortie de mes romans, j’en offre toujours un sur mon site www.nicolasraviere.com, cette fois-ci, vu que ce sera le premier avril et que ce ne sera pas une blague, j’en offrirai TROIS.

Oui, trois. Non pas un.

- Un aux visiteurs de mon site / MySpace. (prochainement dans la rubrique actualité)
- Un aux lecteurs de mon blog Querelle (prochainement, donc, ici même)
- Et le troisième, ah le troisième me direz-vous…
Et bien, il sera déposé dans un parc (ou un square), sur un banc, à Lyon,
aux alentours du premier avril.


Alea jacta est.

 

26 février 2008

Je bande donc j'essuie

pasolini

Je bande donc j’essuie, en d’autres termes, par d’autres mots, je récolte ce que j’ai semé, en simili différé, selon le labeur de mon imaginaire, plus que par le travail de mon propre corps, plié au rite depuis des années - et les habitudes m’effraient. Par la pensée, je peux m’en extraire très facilement, adepte fervent du voyage immobile. On peut voir mon corps, mais je ne l’habite quasiment pas, ce détritus ; c’est un outil pour me déplacer, pour me nourrir, pour véhiculer mes désirs. Si la mort, c’est être à jamais hors de ce corps, je suis preneur ; bien qu’il me reste encore bien des choses à écrire, ce qui serait impensable sans matérialisation, et, j’avoue, malgré l’envie qui renaît de m’épancher, je n’ai toujours pas repris ces satanés romans, délaissés depuis novembre, baignés jusque dans les limbes de mon infernal et amniotique serviteur, monsieur l’ordinateur. Or le temps n’est pas si long. Mes enfants avortés, qui n’ont que des bras, ou des jambes ou ne sont que cerveaux, petits cœurs pantelants, balbutiants, mes enfants à moi ; les graines phrastiques de mes masturbations… Ils m’attendent, ils m’appellent ; leur inachèvement est un drame profond. Une mère pourrait-elle aimer son enfant s’il n’avait pas de tête ?
Reprendre ce journal, ce carnet, cette auto psy minutieuse mais anarchique, me fait déjà tant de bien que je me demande comment j’ai pu rester des mois sans m’exprimer par des mots. Est-ce à dire que je vivais sans réelle conscience d’exister en terme d’être pensant, puisque ne laissant plus mon empreinte quelque part ? Somewhere. Mais pas over the rainbow et surtout pas le drapeau gay, qui ne devrait être que d’une seule et même couleur, par pur souci communautaire. Mais je dérive, une fois de plus. Je bande donc j’essuie. En d’autres termes : je récolte ce que j’ai semé. Je voulais parler de toi, bien évidemment, mon petit souvenir, mon petit bibelot, dont je ne sais plus rien à présent : ce que tu fais, ce que tu vis, avec qui tu le vis. Avec quel vit. Prends-tu la poussière le soir, lorsque tu as fini de travailler ou trouves-tu toujours des manières superficielles de tuer le temps, avant qu’il ne te tue ? Tiens-tu toujours à renouveler les registres, pour avoir jusqu’aux lèvres, aux oreilles, comme une impression de nouveauté et t’y baigner de tout ton être, jusqu’à ce que ton désir soit consumé de lui-même, émoussé, liquidé ? Diantre, voilà que ça me gonfle de nostalgie. Et ça me gonfle toujours, la nostalgie, tellement c’est sirupeux. Or, les faits sont là : ces derniers temps, j’ai beaucoup pensé à toi. Alors, il fallait que j’en parle et pour en parler, il fallait que j’écrive. Le syndrome du carnet me possède depuis déjà quatre ans. Et quel meilleur endroit que mon journal intime pour cela ? L’un de ses privilèges : éviter de prendre la peine de camoufler cela au sein de mes romans et donc, de dénaturer. J’enterre ces pensées ici, donc. Voila. Je suis le fossoyeur de mes états d’âme. Ici [Ci-Gît…] pour garder une trace, comme une trace de sperme, sur un sofa, l’empreinte fantomatique, égratignant le tissu, comme une poignée de sable, avec une petite odeur douceâtre, mais légère, souffre duveteux. Bien sûr, je ne t’aime plus ; je t’aurai aimé à l’infini si tu avais créé, construit quelque chose par ton cerveau, avec ton corps, élaboré une œuvre d’art, n’importe laquelle, une œuvre qui soit ton enfant - pas une photocopie, quelque chose de suffisamment nouveau pour me dire que tu es quelqu’un, que tu existes. Mais, orphelin, tu ne pouvais que me donner la main, et mes mains ne servent pas à caresser. C’était, donc, sans bohème, aller droit dans le mur. Le sexe, pourtant, c’était pas si mal, quand on y arrivait, si l’on y arrivait mais finalement, c’était plus tellement ça, parce qu’à force d’explorer ensemble, nous avons pris des chemins tout à fait différents ; l’amour que tu avais en toi aurait pu tout sauver si je n’avais pas été si égoïste, si perdu dans cette quête d’un absolu, si préoccupé par cette idée de vivre pour créer, cette boulimie de peinture, qui fait désormais partie du passé. Comme une souris piégée, sauvée in extremis, je ne repasserai pas par ce raccourci, je n’emprunterai plus ce chemin, je quitterai cette infernale demeure. Tout cela pour signifier que :

Aujourd’hui, je me sens plein d’amour. Il m’arrive de sourire, pour rien. Sourire n’est pas dans ma nature, pourtant. Il y’a peut-être quelqu’un, qui me séduit ; mais c’est purement cérébral (ou ce ne sera rien ?). Je ne sais pas à quoi il ressemble. Je le lis. Sur la toile qu’il tisse. Un peu tous les jours et, quand il n’écrit pas, il me manque. Beaucoup. Et c’est à peu près tout.

22 décembre 2007

Citation : Les moutons (L'Enfance d'une Garce)

" Quand on compte les moutons, ils sont tous tellement semblables qu’on essaye de trouver leurs différences, du coup, on ne dort jamais."

Nicolas Raviere - L'Enfance d'une Garce.

01 décembre 2007

EX Nihilo

Aujourd'hui sort mon troisième roman, toujours en auto-édition.

EX_NIHILO


Présentation :

EX Nihilo : rien ne naît de rien. Et pourtant...

Point de départ : après huit ans d’absence, Christophe, ancien étudiant alcoolique et communiste, revient du Soudan. Il désire revoir Simon, à qui il n’a jamais donné signe de vie depuis... Simon ne se souvient qu’à peine de lui, mais peu à peu, au fil des heures et des coïncidences, l’histoire se reconstruit d’elle-même.

Après Disconite et l'Enfance d'une Garce, Nicolas Raviere explore de tout nouveaux concepts et univers pour ce troisième roman qui se passe cette fois-ci entre Lyon et Dijon et mélange habilement les genres narratifs (récit, autobiographie, théâtre, ainsi qu'une version revisitée façon "gay" du célèbre conte Le Petit Chaperon Rouge...).


EXTRAITS :                   

    Felipe m’appelle : «  Prépare-toi. J’arrive à l’heure que tu sais. Mets le tee-shirt rouge. Ca va être hot. » Je ne comprends pas ce qu’il veut, mais le tee-shirt, je l’enfile sans réfléchir. C’est celui que nous nous sommes achetés, on avait craqué dessus. Première faute de goût. Il n’y en avait plus qu’un. On le portait chacun notre tour et puis il m’a dit : tu peux le garder, le rouge te va mieux au teint. En vérité, il ne rentrait plus dedans. La cause : une petite surcharge adipeuse à peine gênante.
    Felipe, c’est un véritable concentré de gentillesse et de mauvaise foi en une seule et même personne, quand bien même il lui arrive aussi de se dédoubler, parce que nous n’avons pas assez d’un seul corps, pour tout faire. La joie infuse dans la chaîne stéréo, il y’a Madonna qui vous parle mais en simultané : oubliez les factures et venez avec moi dans un voyage disco pas très original, certes, mais plutôt confortable. Oubliez vos petits problèmes sans importance, alors que vos problèmes viennent tous du disco monde, fatalement. Come with me. Sera-t-il là ce soir ?
   
Pour répondre à cette question, il faut déjà savoir où l’on va. Et là, c’est toujours la surprise. La surprise, c’est souvent le Couloir et ça retombe toujours comme le soufflet de tante Agathe : on espère toujours qu’il soit goûteux, moelleux, enfin, délicieux quoi, et c’est au final une espèce de bouillie informe qui n’a pas de goût, un met de cantinière qui aurait perdu le sens du goût, de l’odorat. A la Divine, il y’a bien trop d’hétéros pour sacrifier l’identité ou alors c’est le dimanche que cela se passe ; au Marécage, pas nécessairement fangeux, c’est le pays des lesbiennes, et cette boîte dont j’oublie toujours le nom, où gras et kitsch rivalisent sans cesse dans des litrons d’alcool bon marché vendus à prix d’or, (...)


[...]                           


    Il était une fois à Sainte-Foy-lès-Lyon, un très joli garçon, beau comme il n’est pas possible d’en voir ; sa mère, comme toutes les mères, en était folle et sa grand-mère, bien plus encore, mais pas comme toutes les grand-mères. Ca non...
Ce tee-shirt qu’il portait fort souvent, et qui lui allait à ravir, car il semblait avoir été conçu pour lui, pour sa musculature, lui seyait tellement bien qu’on l’appelait le petit Chaperon Rouge.
    Un jour, sa mère avait fait cuire des brownies et lui dit qu’il serait fort aimable s’il pouvait en apporter un à sa chère grand-mère, parce que celle-ci était un peu malade ces derniers temps : une grippe carabinée ; cela lui serait sans doute d’un grand réconfort que de voir son petit fils et de grignoter avec son tout nouveau dentier un brownie fait maison, auquel la mère du petit Chaperon ajouta un petit pot de beurre, parce qu’elle n’en avait plus dans son réfrigérateur.
    Le petit Chaperon rouge s’en alla donc, tout fier du haut de ces seize ans, prenant le bus pour monter sur la colline et rejoindre Sainte-Foy-lès-Lyon.
    Se trompant de quelques arrêts et descendant non loin de l’imposant fort Saint Irénée, il rencontra Loup, un très beau jeune homme aux yeux perçants, qui l’aurait bien dévoré tout cru, certes, mais il y’avait là quelques témoins fort gênants : des étudiants, qui attendaient au bus, ou se dirigeaient vers un fast food. Un fast food : une aberration pour Loup, que de manger des steaks de vaches laitières, mortes à quatre ans, au lieu de vingt. De la vrai semelle. L’homme est bien meilleur, infiniment plus copieux. Surtout les jeunes hommes.
    Néanmoins, il lui demanda où il allait comme ça, d’un pas si leste. Sans minauder un seul instant, le petit Chaperon rouge lui dit qu’il rendait visite à sa grand-mère, rue Grange Bruyère, afin que de lui apporter un brownie, ainsi qu’un petit pot de beurre.
    « La direction à prendre, ce n’est pas la bonne, indiqua alors le loup, afin que d’arriver chez la grand-mère bien avant lui.
    - Mais, balbutia le petit Chaperon rouge, regardant non sans perplexité son petit plan dessiné à la main, par sa mère, il semblerait que non.
    - Laissez-moi regarder ce plan de moi-même, fit le loup d’un air absolument concentré, qui semblait pour le coup réfléchir à en avoir des yeux terriblement perçants. »
    Il détailla le plan, qu’il retourna et claironna victorieux :
    « C’est tout simplement dû au fait que le plan a été dessiné à l’envers, jeune homme ; une simple inversion, ce qui n’a rien de vraiment grave. Bien au contraire. »
    Loup ayant l’air sincère dans son explication tarabiscotée, qui ne tenait pas vraiment debout, le petit Chaperon rouge, bien que sceptique, alla en sens inverse, pensant trouver la rue Grange Bruyère, mais il ne trouva rien, si ce n’est que la rue descendait, direction les quais. Pas de noisettes à cueillir, certes, mais le jeune homme se surprit à faire voleter quelques pigeons, qui dévoraient des morceaux de pain sur le trottoir.
    Pendant ce temps, Loup courut de toutes forces en direction de la dite maison, dans l’espoir de pouvoir y pénétrer : sans doute la vieille femme attendait-elle le petit Chaperon Rouge ; il lui serait aisé que de se faire passer pour lui. Aussitôt devant, il essaya de pousser le portail qui céda tout à fait et, sans plus attendre, pénétra lestement le jardin : que ce coin était calme, les maisons cachées par de très grands arbres. L’endroit idéal pour commettre son forfait.
    La sonnette était défaillante : probablement une de ces vieilles radines contrôlant ses dépenses pour ne pas trop dépenser la retraite militaire de feu son mari. Aussi il heurta : toc, toc, toc.
                  
                  
[...]                          
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         

    Enfin, lorsque les jambes de Loup le frôlèrent, tout son corps frissonna de bien curieuse façon. Les jambes de la mère-grand se révélaient bien plus poilues que les siennes, par un étrange maléfice ! Quelle surprise étonnante. C’était si impromptu, cette sensation, terriblement excitant : le petit Chaperon Rouge se dit qu’il s’agissait là presque d’un homme et c’était un contact - effleurer, toucher une homme - dont il rêvait depuis fort longtemps.
    « Mamie, s’exclama-t-il bêtement, émoustillé, vous avez les jambes vraiment poilues.
    - C’est que mon épilateur est en panne, mon enfant.
    - Mamie, vous avez de grandes jambes, si fermes, si musclées !
    - C’est à force de danser mon enfant, de danser. »
                  
                  
[...]                                                                                                    
                  


                                     

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